Cas de rougeole dans la région : point de situation et recommandations

Alerte sanitaire

Depuis septembre 2023, la région Auvergne-Rhône-Alpes connaît une recrudescence des cas de rougeole. Plus de 130 cas ont été déclarés, notamment en Ardèche, Haute-Savoie, dans la Drôme et dans le Rhône. Dans ce contexte, l'ARS recommande vivement à toutes les personnes nées après 1980 (enfants et adultes) de vérifier leur statut vaccinal et d'être vigilantes en cas de symptômes évocateurs.

Contexte 

L'augmentation du nombre de cas de rougeole en Auvergne-Rhône-Alpes s'inscrit dans un contexte de recrudescence en France, en Europe et dans le monde (source : Organisation mondiale de la santé).

Depuis septembre 2023, plus de 130 cas de rougeole ont été déclarés, contre un seul en 2021 et un seul en 2022.

3 principaux foyers de rougeole ont été identifiés ces derniers mois. 
Une dizaine de cas dans d'autres départements ont également été signalés à l'ARS, sans lien apparent avec d'autres cas.
 

Pour les 3 foyers, les investigations ont démontré que le cas d'origine (cas index) était à chaque fois une personne non-vaccinée, revenue récemment d'un voyage à l'étranger.

Cas de rougeole en Auvergne-Rhône-Alpes depuis septembre 2023 - dans les principaux foyers

Date du premier cas déclaré Secteur Nombre de cas Situation au 16 avril 2024
19 septembre 2023 Ardèche-Drôme 64 cas de rougeole Pas de nouveau cas depuis novembre 2023
22 janvier 2024 Rhône 61 cas de rougeole Dernier cas déclaré le 16 avril 2024
15 février 2024 Drôme 11 cas de rougeole Dernier cas déclaré le 5 mars 2024

Suivi sanitaire 

Contact tracing

Extrêmement contagieuse, la rougeole est une maladie à déclaration obligatoire. Les professionnels de santé doivent donc signaler les cas à l'ARS afin de mettre en place un contact tracing et ainsi :

  • identifier les personnes entrées en contact avec les malades,
  • les sensibiliser sur les recommandations pour éviter toute transmission (gestes barrières, symptômes à surveiller),
  • s'assurer qu'elles sont protégées par la vaccination et si ce n'est pas le cas, les inviter à le faire le plus rapidement possible,
  • informer les personnes vulnérables dans l'entourage proche du malade qu'elles peuvent bénéficier d'un traitement préventif
    (femmes enceintes, enfants de moins d'un an, personnes immunodéprimées).

Informations aux différents acteurs

Pour tout cas déclaré, l'ARS informe également :

  • les professionnels de santé des secteurs concernés (services des urgences, conseils de l'ordre, unions régionales des professionnels de santé, communautés professionnelles territoriales de santé)
  • les préfectures et mairies des secteurs concernés,
  • les lieux fréquentés par les malades : environnement professionnel, établissement scolaire, lieux de loisirs, etc.
    Dès qu'un cas est déclaré au sein d'un établissement scolaire, les autorités sanitaires et l'Éducation nationale informent les parents d’élèves sur la situation en cours et transmettent les recommandations à suivre en cas de symptômes évocateurs. 

Selon l'ampleur de la situation, les Caisses primaires de l'Assurance maladie peuvent également envoyer une information aux assurés des secteurs concernés.

La cellule régionale de Santé publique France appuie l'ARS dans les investigations de ces cas de rougeole.


Recommandations à la population

La rougeole est due à un virus qui se transmet par voies respiratoires (toux, éternuement) ou par contacts directs (embrassades, poignées de main).

La rougeole est très contagieuse : en l’absence de mesures de prévention, un malade peut contaminer jusqu’à 20 personnes.

Des complications (respiratoires ou neurologiques) peuvent survenir à tout âge mais sont plus fréquentes chez les personnes vulnérables : 

  • femmes enceintes n'ayant pas eu la rougeole ou non protégées par la vaccination
  • enfants de moins d’un an : ils ne sont pas encore protégés par la vaccination,
  • personnes immunodéprimées de façon temporaire ou permanente en raison de certaines maladies ou de certains traitements.

Surveiller l'apparition de symptômes

Les parents doivent tout d'abord surveiller l'état de santé des enfants et de leurs proches.

Les symptômes apparaissent habituellement 10 à 14 jours après l'exposition au virus : forte fièvre (jusqu'à 39-40°C), toux, écoulement du nez, yeux rouges et larmoyants, fatigue générale.

Une éruption cutanée avec de petites taches très rouges apparait quelques jours après les premiers symptômes, d’abord au niveau du visage (oreilles, front, joues) puis progressivement sur tout le corps. Elle dure environ une semaine.

En cas de symptômes :

  • consulter rapidement un médecin,
  • respecter les gestes barrières : le port du masque est notamment indispensable pour éviter toute transmission du virus.

Consulter notre page dédiée pour en savoir plus sur les symptômes et les recommandations pour lutter contre la rougeole.

Vérifier le statut de vaccination

Le schéma vaccinal Rougeole-Oreillon-Rubéole (ROR) nécessite 2 doses de vaccin. 

Cette vaccination est obligatoire pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 (1e injection à 12 mois et 2e injection à 16-18 mois). Elle est recommandée pour toutes les autres personnes nées après 1980.

Si besoin, vous trouverez ci-dessous la liste des vaccins contre la rougeole. Vous pouvez la télécharger en cliquant sur le lien.

1. Les parents sont invités à vérifier la vaccination de leur(s) enfant(s) dans le carnet de vaccination. Il convient de contacter un médecin ou un pharmacien si votre enfant :

  • n’est pas vacciné contre la rougeole,
  • n’a reçu qu’une seule dose,
  • a été vacciné avant ses 12 mois et n’a reçu que 2 doses : une 3e dose de vaccin est recommandée pour les résidents de Drôme et Ardèche au regard de la situation épidémiologique actuelle.

2. Les personnes nées après 1980 sont également invitées à vérifier sur leur carnet de santé qu’elles ont bien été vaccinées 2 doses.

3. Les personnes nées avant 1980, sans antécédent de rougeole et travaillant dans les secteurs mentionnés ci-dessous, doivent également vérifier leur statut vaccinal :

  • professionnels de santé
  • personnels travaillant dans des services accueillant des patients à risque de rougeole grave (immunodéprimées)
  • professionnels de la petite enfance

Remarque : avant 1980, la rougeole était très fréquente en France : les personnes nées avant cette date ont donc de très fortes probabilités d’avoir contracté cette maladie et d’être immunisées.