Auvergne-Rhône-Alpes

Conduites addictives

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L’addiction se caractérise par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives. La notion de conduite addictive comprend à la fois les addictions aux substances psychoactives (alcool, tabac, drogues illicites) mais également les addictions comportementales, sans substances psychoactives ( jeux...).
Corps de texte

En population adolescente:

En 2014, l’expérimentation de tabac concerne un peu moins d’un tiers des élèves collégiens, avec une augmentation forte entre les niveaux, de 10 % en classe de 6e à 49 % en classe de 3e. Les garçons expérimentent le tabac plus précocement que les filles (13 % contre 8 % en 6e). Avant 14 ans, la consommation quotidienne de tabac reste rare, son usage augmente nettement ensuite. Dès la classe de 4e, 6 % des élèves se déclarent fumeurs quotidiens, avec un doublement de cette proportion en 3e (12 %). Le tabagisme quotidien semble clairement marquer le pas en 2014, particulièrement parmi les jeunes filles de 4e (5,4 % vs 8,6 % en 2010)

En 2014, plus de quatre jeunes de 17 ans sur dix (43,8 %) déclarent avoir consommé du tabac au cours des trente derniers jours]. L'usage quotidien continue à augmenter entre 2011 et 2014 (32,4 % contre 31,5 %), avec une légère prédominance masculine (31,9 % parmi les filles, 33,0 % parmi les garçons). Il faut tout de même noter que l’augmentation du tabac quotidien est supportée majoritairement par l’évolution de la consommation quotidienne des filles depuis 2011 (+1,7 %).

Au niveau européen, le niveau d’usage récent (au cours du mois) parmi les jeunes Français est plus élevé que la moyenne européenne (26 % contre 22 %), les situant à la onzième position (sur 35 pays).

En population adulte:

En population générale adulte, l’expérimentation du tabac en 2014 concerne 86 % des hommes et 78 % des femmes .

Parmi les 18-75 ans, la part des fumeurs quotidiens a baissé de 1 point entre 2010 et 2014 passant de 30 % à 29 % (32,8 % des hommes et 24,5 % des femmes). La consommation quotidienne s'amenuise nettement avec l'âge.

En population adolescente:

En 2010, l’enquête HBSC montre que plus de la moitié (59,3 %) des élèves en classe de sixième ont déjà goûté à une boisson alcoolisée et huit élèves sur dix (83,2 %) en classe de troisième. Toutes classes confondues, environ un collégien sur six dit avoir déjà connu une ivresse alcoolique, avec des niveaux qui sont multipliés par cinq entre la classe de sixième et celle de troisième (passant de 6,8 % à 34,0 %).

Les garçons se révèlent plus précoces que les filles et sont plus nombreux qu’elles à consommer au début du collège mais ces dernières « rattrapent » leur retard dès la quatrième et, à la fin du collège, filles et garçons présentent des niveaux comparables que ce soit pour l’expérimentation d’alcool ou pour les premières ivresses.

En 2014, l’enquête ESCAPAD, portant sur les jeunes de 17 ans, révèle que l’alcool demeure de très loin la substance psychoactive la plus consommée au cours des 30 derniers jours. En effet, huit jeunes de cet âge sur dix (67,6 % des filles et 76,2 % des garçons) en déclarent au moins un usage au cours de cette période.

Le décalage garçons/filles s’accentue dès lors que le niveau de consommation s’élève. Ainsi, près de trois fois plus de garçons que de jeunes filles (17,5 % contre 6,8 %) déclarent un usage régulier, soit dix consommations au cours du dernier mois.

Environ six jeunes de 17 ans sur dix (58,9 %) déclarent avoir déjà été ivres au cours de leur vie, près de la moitié (49 %) au cours des douze derniers mois et un sur onze (8,9 %) au moins dix fois au cours de cette période. Comme la consommation d’alcool, l’ivresse est très masculine.

Le phénomène d'alcoolisation ponctuelle importante (API) ou sévère dans un laps de temps relativement court :

Près de la moitié des jeunes (48,8 %) disent avoir bu plus de cinq verres en une seule occasion au cours des trente derniers jours, 3 % déclarant l’avoir fait au moins 10 fois.

Ce comportement d’alcoolisation, qui s’apparente au "binge drinking" anglo-saxon, désigne une Alcoolisation ponctuelle importante (API) ou sévère dans un laps de temps relativement court, qui est clairement supérieure aux seuils de référence couramment usités au plan international (21 verres par semaine pour les hommes et pas plus de 5 verres en une seule occasion et 14 verres par semaine pour les femmes et pas plus de 4 verres en une seule occasion).Il touche plus particulièrement les garçons : 54,6 % contre 42,9 % des filles l’ont fait au moins une fois au cours des 30 derniers jours, 4,7 % contre 1,3 % au moins dix fois.

En 2011, l’enquête ESPAD montre que la France se situe en 8ème position (sur 33 pays).

Les jeunes Français présentent un niveau d’alcoolisation ponctuelle importante plus élevé que le niveau moyen en Europe (44 % contre 39 %) ce qui situe la France à la 12ème position (sur 33 pays).

En population adulte (18-75 ans):

En 2014, parmi les 18-75 ans, près de 9 personnes sur 10 (87 %) déclarent avoir bu de l’alcool au moins une fois dans l’année, alors que 13 % n’en ont pas du tout consommé.

 Sur l’ensemble de la population de cette tranche d’âge, 38 % déclarent avoir bu de l’alcool moins d’une fois par semaine, 39 % au moins une fois par semaine (mais pas quotidiennement), et 10 % des personnes interrogées déclarent boire quotidiennement de l’alcool. Ce type de consommation se rencontrant presque exclusivement chez les personnes de plus de 50 ans.

La consommation de boissons alcoolisées reste plus importante chez les hommes, ceux-ci étant en effet, comme en 2010, trois fois plus nombreux à en être des buveurs quotidiens (15 % contre 5 % parmi les femmes) et près de deux fois plus nombreux à en faire un usage au moins hebdomadaire (63 % contre 36 %).

Quel que soit l’âge, les femmes sont donc globalement moins nombreuses à consommer et cette différence est d’autant plus affirmée que les fréquences de consommation sont élevées.

 

L'usage problématique (test Audit-C)

Ce test permet de définir quatre types de buveurs :

- en 2014, 37 % des 18-75 ans sont des buveurs sans risque occasionnel,

- 11 % des  buveurs sans risque régulier,

- 31 % des buveurs à risque ponctuel,

- 8 % des buveurs à risque chronique.

La consommation à risque ponctuel diminue nettement avec l’âge, tandis que la consommation à risque chronique, qui s’avère globalement moindre, est importante chez les jeunes (14 % parmi les 18-25 ans), et se révèle stable entre 26 et 75 ans, autour de 7 %.

Les usages à risque chronique apparaissent en nette baisse parmi les 55-75 ans (de 10 %  en 2010 à 6 % en 2014), mais stables pour les autres tranches d’âge.

En population adolescente:

Le cannabis est la première substance illicite consommée par les adolescents. Son expérimentation progresse rapidement entre 11 et 15 ans. En 2010, l'expérimentation du cannabis concerne un collégien sur dix. De marginale en classe de sixième (1,5 %), l’initiation au cannabis concerne pratiquement un adolescent sur quatre en troisième.

En 2014, 47,8 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir fumé du cannabis au cours de leur vie

Plus d’un sur quatre (21,9 % des filles et 29,1 % des garçons) déclare avoir consommé du cannabis au cours du dernier mois, ces consommations ayant principalement lieu le week-end. Un examen plus précis chez les 17 ans fait apparaître une augmentation du niveau d'expérimentation chez les garçons et les filles entre 2011 et 2014. Cette recrudescence du cannabis est consécutive à une décennie de baisse observée à partir de 2003.

Par ailleurs, la France se distingue clairement en Europe, en étant le seul pays avec un niveau d'usage largement supérieur à 15 % chez les adolescents.

En population adulte :

Le cannabis est de loin la substance illicite la plus consommée en France.

Parmi les 18-64 ans, 42 % l’ont déjà expérimenté (50 % parmi les hommes et 33 % parmi les femmes) et 11 % déclarent en avoir consommé au cours de l’année (15 % parmi les hommes, 7 % parmi les femmes).

Depuis 2011, les indicateurs de consommation de cannabis repartent à la hausse.

La France est l’un des pays les plus concernés en Europe. En 2014, 17,0 millions de personnes déclaraient avoir déjà pris du cannabis au cours de leur vie. 4,6 millions au cours de l’année, 1,4 million au moins 10 fois au cours du mois et 700 000 quotidiennement.

Les hommes se déclarent proportionnellement nettement plus souvent consommateurs de cannabis que les femmes et cet écart s’accentue avec l’élévation du niveau d’usage.

L'usage problématique

Parmi les usagers actuels de cannabis, 21 % sont identifiés comme des usagers à risque faible, et 20 % à risque élevé d’abus ou de dépendance.

Ramené à l’ensemble de la population, 1,7 % des 15-64 ans présenteraient ainsi un risque élevé d’usage problématique (2,7 % des hommes et 0,8 % des femmes).

Cocaïne:

La cocaïne, sous sa forme chlorhydrate, est le produit illicite le plus consommé en France après le cannabis : en 2014, son expérimentation concerne 5,6 % des 18-64 ans ; elle est plus souvent expérimentée par les hommes (8,3%) que par les femmes (3,1 %).

Tout en ne concernant qu'une petite frange de la population, la part des 18-64 ans ayant expérimenté la cocaïne a été multipliée par sept en deux décennies, passant de 0,8 % en 1992 à 5,6 % en 2014.

L'expérimentation de la cocaïne concerne surtout les jeunes adultes, en particulier les 26-34 ans (10,2 %), contre  7,1 % des 18-25 ans et 4,2 % des 45-54.

Le nombre d'expérimentateurs de cocaïne en France parmi les 11-75 ans est estimé à environ 2,2 millions de personnes, et le nombre d'usagers au cours de l'année à environ 450 000 personnes

En 2014, parmi les jeunes âgés de 17 ans, le niveau de l'expérimentation de la cocaïne est de 3,2 % (3,2 % chez les filles et 3,3 % chez les garçons).

HEROINE  ET AUTRES OPIACES :

Le niveau d'expérimentation (usage au moins une fois dans la vie) de l'héroïne en population générale en France est faible 1,5 %  dans l’ensemble des 18-64 ans (2,5 % parmi les hommes et 0,6 % parmi les femmes) et l’usage actuel apparaît très rare (0,2 % des personnes interrogées).

Le nombre d'expérimentateurs d'héroïne en France parmi les 11-75 ans est estimé à 600 000 personnes.

En 2014, 1,0 % des jeunes âgés de 17 ans a expérimenté l’héroïne (1,0 % chez les filles et à 1,0 % chez les garçons.

  • Consommation d'opiacés des usagers actifs de drogues :

En 2010, plus de 70 % de ceux accueillis dans les CAARUD ont consommé au moins un opiacé au cours du mois consommés, mais cette consommation s'inscrit dans un polyusage.

  • Consommation d’opiacés parmi les usagers récréatifs fréquentant le milieu festif techno :

Elle est en progression. En 2004-2005, 23 % des personnes fréquentant l’espace festif techno avaient déjà expérimenté l’héroïne et 8 % en avaient consommé au cours du mois précédant l’enquête. Ces niveaux atteignaient respectivement 41 % et 15 % concernant les événements musicaux alternatifs (raves, free parties et teknivals).

Ecstasy et Amphétamine :

MDMA/ecstasy :

En 2014, 4,3 % des 18-64 ans ont expérimenté la MDMA/Ecstasy, soit environ 1,6 million de personnes. Les tranches d’âge les plus concernées sont les 26-34 ans (8,5 % d’expérimentateurs) et les 18-25 ans (7,0 %).

Chez les jeunes de 17 ans, en 2014, l’expérimentation s’établit à 3,8 % (4,2 % des garçons et 3,5 % des filles)

Amphétamine :

L’expérimentation ne touche que 2,3 % des 18-64 ans et atteint ses niveaux les plus élevés chez les 26-34 ans et les 18-25 ans, avec respectivement 3,6 % et 2,9 %.

Parmi les jeunes de 17 ans, l’usage au cours de la vie est en augmentation et concerne, en 2014, 2,8 % d’entre eux (2,3 % des filles et 3,2 % des garçons), contre 2,4 % en 2011

Nouveaux produits de synthèse (NPS):

La consommation des Nouveaux produits de synthèse (NPS) en France semble plus limitée que dans d'autres (Irlande, Royaume-Uni et Pologne).

Cependant, le large écho accordé par les médias (écrits, audiovisuels et internet) suite à l'interdiction de la méphédrone en avril 2010 a participé à alimenter un intérêt croissant pour ces produits de la part de sous-groupes de consommateurs bien spécifiques :

• les usagers proches de l’espace festif gay, traditionnellement consommateurs de substances psychoactives, en particulier en contexte sexuel. Familiers d’Internet, ils se procurent également ces produits lors de voyages dans différentes capitales étrangères.

• les « connaisseurs », c’est-à-dire des usagers qui se perçoivent comme des pionniers en matière d’expérimentation de drogues. Leur démarche consiste à développer des stratégies de consommation pour éviter la dépendance et la tolérance à un produit. Certains, réunis en petits groupes, acquièrent les substances en commun sur Internet, un des membres effectuant les achats pour l’ensemble. Ils partagent ensuite leur expérience entre eux ou avec d’autres, à travers des forums sur Internet consacrés aux produits psychoactifs

• des jeunes adultes, souvent déjà usagers de drogues et fréquentant l’espace festif alternatif techno. Ces consommateurs ont pu rencontrer les NPS, parfois à leur insu, lorsque ces substances étaient vendues sous des noms de substances illicites classiques.

• un public plus jeune, constitué de personnes usagères occasionnelles de drogues, a priori socialement insérées, pouvant acheter sur internet. Très peu sensibilisées aux messages de réduction des risques, elles constituent à la fois le groupe le plus « à risque » du point de vue des conséquences sanitaires possibles de l’usage de NPS, et celui que les vendeurs en ligne semblent particulièrement viser à travers leurs stratégie.

Parmi les substances hallucinogènes, les plus souvent rencontrées et consommées sont les champignons hallucinogènes et, dans une moindre mesure, le LSD. L’usage des autres hallucinogènes (naturels ou synthétiques) n’est pas assez répandu en France pour être appréhendé par l’intermédiaire des enquêtes en population générale adulte. Chez les jeunes de 17 ans, la consommation de kétamine et de GHB/GBL reste extrêmement confidentielle (respectivement 0,6 % et 0,5 % d’expérimentateurs en 2011).

Hallucinogènes:

Les champignons hallucinogènes:

Même si leur usage reste faible en population générale adulte, ce sont les produits illicites les plus expérimentés après le cannabis chez les moins de 30 ans.

En 2014, seules 4,8 % des personnes âgées de 18-64 ans en ont déjà consommé au moins une fois dans leur vie (6,8 % chez les hommes et 2,8 % chez les femmes), mais ce niveau est plus élevé (8,4 %) chez les 26-34 ans, traduisant ainsi un fort phénomène générationnel.

En 2014, parmi les jeunes âgés de 17 ans, 3,8 % déclarent avoir consommé des champignons hallucinogènes au moins une fois dans leur vie (2,7 % des filles et 5 % des garçons).

Le LSD

En 2014, la fréquence de l'expérimentation de LSD en population générale est relativement faible (2,6 % des personnes de 18 à 64 ans).

Ce sont les jeunes générations qui l’ont le plus fréquemment essayé, la part la plus importante étant celle observée chez les 26-34 ans (3,9 %).

En 2014 1,6 % de jeunes de 17 ans déclarent avoir consommé du LSD au cours de leur vie (1,3 % des filles et 1,9 % des garçons).

Les substances hallucinogènes sont essentiellement consommées dans les espaces festifs dits « alternatifs » de type free parties, rave parties et « zones off » des festivals, ou dans les espaces privés. En 2004-2005, les champignons hallucinogènes y ont été expérimentés par 54,9 % des personnes interrogées, le LSD par 45,4 % et la kétamine par 16,4 %.

POPPERS, colles et autres solvants :

Poppers

En 2014, les poppers constituent, chez les 18-64 ans, la deuxième substance illicite la plus expérimentée, derrière le cannabis, avec 7,3 % de personnes concernées Ainsi, plus d’une personne sur dix âgée de 18 à 25 ans en a consommé au moins une fois dans sa vie (11,7 %). Les poppers sont plus souvent expérimentés par les hommes (9,9 %) que par les femmes (4,7 %).

Chez les jeunes de 17 ans, en 2014, l’expérimentation est inférieure à celle des adultes (5,4 % contre 7,3 %)

Colles et autres solvants

Les niveaux d’usage de colles et de solvants sont peu élevés dans la population adulte.

 En 2014, 2,2 % des 18-64 ans en avaient expérimenté et 0,1 % en avaient fait un usage durant l’année.

Les niveaux d’expérimentation et d’usage dans l’année les plus élevés se retrouvent parmi les tranches d’âge des 18-25 ans (respectivement 2,5 % et 0,3 %) et des 26-34 ans (2,5 % et 0,1 %). Ces produits sont 3 fois plus expérimentés par les hommes (3,1 %) que par les femmes (1,4 %).

Chez les jeunes de 17 ans, les niveaux d’expérimentation de produits à inhaler (hors poppers) en 2014 sont plus importants (4,3 % chez les filles et 4,2 % chez les garçons) que dans la population adulte.

À la différence des autres solvants, les poppers sont très présents dans les consommations de psychotropes de l’espace festif proche de la musique techno.

Médicaments psychotropes

En population adolescente :

En 2011, parmi les jeunes scolarisés de 16 ans, l’expérimentation des médicaments psychotropes n’est pas négligeable : 19 % déclarent avoir déjà pris des tranquillisants ou des somnifères, les filles plus souvent que les garçons (23 % contre 14 %).

Autant de jeunes déclarent avoir pris ces médicaments sur ordonnance que sans ordonnance. La première prise survient vers 14 ans lorsque ces médicaments sont consommés sans ordonnance. À 16 ans, 7 % des jeunes Français ont expérimenté la prise concomitante de médicaments et d’alcool « pour planer ou se défoncer ».

Chez les jeunes de 17 ans, 16 % ont déjà pris au cours de leur vie des tranquillisants, 13 % des somnifères et 6 % des antidépresseurs. Les filles sont davantage concernées par l’usage de ces médicaments.

Les médicaments consommés n’ont pas toujours été prescrits à l’utilisateur par un médecin: chez les 17 ans, environ 50% des médicaments ne proviennent de la prescription médicale. Ce taux est bien plus élevé chez les garçons relativement aux filles.

C’est l’un des parents qui propose le médicament dans 27 % des cas, alors que 11 % l’ont pris de leur propre initiative.

En population adulte :

En 2010, 18 % des 18-75 ans déclarent avoir pris au moins un médicament psychotrope au cours des 12 derniers mois (10 % ont consommé un anxiolytique au cours de l’année, 6 % un hypnotique, 6 % un antidépresseur, 0,7 % un régulateur de l’humeur et 0,9 % un neuroleptique), en hausse de 3 points par rapport à 2005. L’usage est nettement plus important chez les femmes (23 % contre 13 % chez les hommes) et augmente fortement avec l’âge chez ces dernières, progressant de 11 % dans la classe d’âge 18-25 ans à 33 % dans celle des 64-74 ans pour régresser ensuite. Chez les hommes, il atteint un pic à 18 % chez les 45-54 ans, pour stagner ensuite aux alentours de 14 %.

En 2012, environ 11,5 millions de Français ont consommé au moins une fois une benzodiazépine. Ils ont en moyenne 56 ans et 64,2 % sont des femmes. L’alprazolam (Xanax®) est la benzodiazépine la plus consommée.

La prévalence du jeu en ligne en 2012 (parmi la population âgée de 18 ans et plus) est de 3,7 % (soit environ 2 millions de Français) et situe la France à un niveau intermédiaire par rapport aux quelques pays disposant d’enquêtes nationales équivalentes : 1 à 2 % aux États-Unis (où le jeu en ligne est prohibé), 2 à 3 % aux Pays-Bas, 2,1 % au Canada, jusqu’à 14 % au Royaume-Uni .

La prévalence du jeu problématique parmi les joueurs en ligne est de 17,0 %,

(jeu excessif = 6,6 % ; jeu à risque modéré = 10,4 %), est bien plus élevée que celle mesurée sur l’ensemble des joueurs [ 0,9 % de jeu excessif et 1,9 % de jeu à risque modéré parmi tous les joueurs dans l’année 2011].

Ceci s’explique en partie par le fait que la grande majorité des joueurs, bien plus nombreux , sur l’offre traditionnelle pratiquent cette activité occasionnellement, sur des types de jeux n’induisant que peu de risques d’addiction, tels que la plupart des jeux de loterie.

Il apparaît aussi que la pratique des jeux d’argent sur Internet présente un niveau de risque élevé par rapport à l’ensemble des jeux d’argent.

La  prévalence de jeu problématique 17,0 % parmi les joueurs en ligne français est proche de celle mesurée chez les Canadiens (17,1 %) ou sur un échantillon de joueurs de différentes nationalités (16,6 %).

En 2013, sept Français sur dix (âgés de 6 à 65 ans) déclaraient avoir joué à des jeux vidéos dans les six derniers mois, surtout parmi les plus jeunes (96 % des 10-14 ans et 89 % des 6-9 ans).

L’ordinateur est le support le plus souvent utilisé, notamment pour jouer en ligne : le jeu en réseau concerne 10 % de la population âgée de 15 ans ou plus.

Au fil de l’équipement des ménages en écrans, le nombre de joueurs continue de progresser rapidement. La fréquentation des écrans marque une rupture culturelle et générationnelle dont les effets sont encore mal connus.

La figure de l’adolescent « accro » aux jeux vidéos ou aux réseaux sociaux a récemment émergé dans les discours publics, bien que cette addiction ne soit ni définie ni précisément chiffrée en France.

Selon les études internationales, fondées sur des critères de définition hétérogènes, 1 % à 5 % des adolescents seraient dépendants aux jeux vidéos. Les mesures les plus précises estiment à 3 % la proportion d’usagers pathologiques de jeux vidéos.

Toutefois, il n’existe pas de consensus, ni scientifique ni clinique, sur une désignation des troubles constatés chez les personnes qui viennent consulter au titre d’un problème avec leur pratique des jeux vidéos ou d’Internet.

*On désigne sous le terme d'écrans, tout support permettant de jouer à des jeux vidéos, surfer sur Internet, participer à des réseaux sociaux, converser en ligne : console de jeux, ordinateur, smartphone, tablette, etc.

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