Le COVID-19 et la qualité de l'air

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Quel est l'impact du COVID-19 sur la qualité de l'air intérieur et extérieur ? Quels sont les bons gestes à adopter chez vous tout au long de cette période ?
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Le COVID-19 est un virus qui se transmet par les gouttelettes de sécrétions naso-pharyngées et dans les cas suivants : par contact direct entre des personnes en face à face, lorsque l’on est plus de 15 minutes dans un espace confiné avec une personne malade et en contact via des objets contaminés.

Il est important également de retenir que la durée de vie du virus est de 3 heures en milieu sec, et qu’elle peut s’étendre à 6 jours en milieu humide (Avis du HCSP du 24 mars 2020).

L’organisation mondiale de la santé rappelle que les études menées à ce jour semblent indiquer que le virus responsable du COVID-19 est principalement transmissible par contact avec des gouttelettes respiratoires, plutôt que par voie aérienne.

Mais alors quels sont les liens entre la propagation du virus et la qualité de l’air ?

La pollution augmente le risque de maladies respiratoires

Le lien entre pollution atmosphérique par les particules et morbidité ou mortalité d’origine respiratoire est bien documenté. Lorsque la pollution est plus élevée, le nombre de personnes malades (morbidité) et la mortalité associée à telle ou telle maladie augmentent. En effet, du fait de ses effets oxydants et irritants, l'exposition chronique à un air ambiant chargé en particules fragilise notre appareil respiratoire et notre système immunitaire et peut, selon notre état de santé, nous rendre plus vulnérable aux agents infectieux. Il est donc essentiel de protéger les personnes « vulnérables » et « sensibles » : asthmatiques, personnes atteintes d’insuffisance respiratoire notamment.

Selon l’étude de Santé publique France publiée en 2016, chaque année en France, ce sont 48.000 décès prématurés qui sont liés à la pollution de l’air que nous respirons par les particules et 4.400 décès prématurés en région Auvergne-Rhône-Alpes.

La présence de de pollens peut provoquer des allergies, pensez à le mentionner à votre médecin en cas de symptômes pouvant vous faire craindre une contamination au coronavirus. Pour connaître la situation pollinique de votre département,  consultez le site du RNSA.

En ces temps de restriction des sorties nécessaire à la limitation de la propagation du virus COVID-19, pensez à la qualité de l’air intérieur de votre logement.

L’avis du HCSP du 17 mars 2020 insiste sur la nécessité de maintenir une bonne ventilation de notre logement pour éviter toute concentration des particules virales, tout particulièrement dans les chambres des malades maintenus à domicile ou en habitat et lieux d’accueil collectifs.

Le confinement des personnes au sein du logement ne veut pas dire le confinement du logement !

Nous passons en temps normal approximativement 80 % de notre temps dans des espaces clos (logement, travail, espaces publics, transports...). Actuellement, pour les personnes confinées, cette proportion peut dépasser 95 % du temps et ne concerne quasiment que le logement. Il est donc essentiel de mettre en place des bonnes pratiques pour réduire l’exposition aux polluants intérieurs dans ce dernier.

Aérer son logement deux à trois fois par jour pour renouveler l’air

Le maître mot est d’aérer son logement régulièrement, au minimum 2 à 3 fois par jour pendant 5 à 10 minutes, surtout en cette période d’utilisation importante de gel hydroalcoolique. De manière générale, un manque de renouvellement d’air à l’intérieur des bâtiments est plutôt propice à la contagion entre les personnes. Si un système de ventilation mécanique est présent, il ne faut donc pas boucher les entrées d’air situées au niveau des fenêtres et les bouches d’extractions des pièces humides.

Evitez l'utilisation de parfums d’ambiance qui ajoutent inutilement des polluants intérieurs qui peuvent être nocifs pour la santé. Lors des activités de cuisine, veillez à bien aérer et à utiliser la hotte par extraction de la cuisine et/ou la 2vitesse de la bouche de ventilation de la cuisine.

Sprays et diffuseurs à base d’huiles essentielles : l’Anses appelle à la vigilance

Vous avez plus de temps chez vous, essayez donc de changer vos habitudes de ménage en utilisant des techniques ou produits d’entretien alternatifs, plus simples et moins polluants : nettoyage à la microfibre imprégnée d’eau, à la vapeur, utilisation de vinaigre d’alcool, bicarbonate de soude ou savon noir. Ne pas oublier : le propre n'a pas d'odeur !

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a évalué l'impact sur la qualité de l'air des premières journées de confinement mis en place dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID 19. 

Pour limiter la propagation du virus COVID-19, des mesures de confinement ont été mises en place par les autorités depuis le mardi 17 mars midi, ayant conduit à une diminution importante du trafic routier et à une baisse significative des activités économiques. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes constate une très nette diminution des concentrations d’oxydes d’azotes, principalement émis par les transports. Cette baisse s’amplifie depuis le début des mesures de confinement et peut atteindre certains jours -70 % en milieu urbain.
Une bonne nouvelle pour les résidents des grandes agglomérations, qui démontre l’efficacité potentielle des mesures de restriction de circulation (Zones de Faibles Emissions ZFE, vignettes CRIT’AIR) si elles étaient fortement suivies par la population.  

Toutefois, cette amélioration ne concerne pas les particules dont la source d’émission principale est le chauffage, à laquelle viennent s’ajouter en ce moment les activités agricoles et des imports d’autres territoires parfois lointains.

Retrouvez  le communiqué de presse du 1er avril 2020 ainsi que le bilan complet de l'évaluation de la qualité de l'air suite au confinement.