L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes soutient l’élargissement de la vaccination HPV aux garçons

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Garçon adolescent
La HAS a soumis à consultation publique le 30 octobre 2019 un projet de recommandation vaccinale visant à l’élargissement de la vaccination contre le papillomavirus aux garçons. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes a répondu favorablement à cette consultation.
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La Haute Autorité de Santé (HAS) a soumis à consultation publique le 30 octobre 2019 un projet de recommandation vaccinale visantà l’élargissement de la vaccination contre le papillomavirus aux garçons.

Ce sujet a déjà fait l’objet de recommandations en 2016 qui n’ont pas été retenues. Mais la situation a évolué. En effet, la couverture vaccinale féminine de ces dernières années est largement inférieure à celle attendue lors de sa mise en place puisqu’elle ne dépasse pas les 30% en dépit des preuves de l’efficacité des vaccins contre les HPV, en vie réelle et d’une littérature scientifique indépendante démontrant leur sécurité.
Cette situation française est atypique par rapport à ce qui est observé dans la majorité des pays européens voisins qui affichent des taux de couverture vaccinale supérieurs à 80 % (Royaume-Uni, Portugal, Suède, Norvège, Islande). Certains pays ont recommandé l’extension de la vaccination aux garçons (Australie, États-Unis, Italie, Canada, Norvège, Argentine, etc.) notamment pour des raisons épidémiologiques mais également éthique.

Ainsi, même si une couverture vaccinale parfaite des jeunes filles et des HSH aurait permis de gérer cet enjeu de santé publique, la réalité du terrain ne nous permet pas de rester sur le ciblage de cette population.

De plus, la vaccination a toujours eu ce double objectif de protéger la personne mais également la population.
Dans le cas de la vaccination HPV, il semble donc normal que les garçons aient droit à une protection individuelle concernant des cancers ORL, anaux et péniens pour lesquels il n’existe pas de dépistage contrairement aux cancers du col, ainsi que pour les condylomes, même s’ils ne sont pas à proprement parler un enjeu de santé publique. Même s’ils ne sont pas touchés par le risque majeur du HPV, représenté par les cancers du col utérin, il est de leur devoir de  prévenir la transmission de ce virus dont ils sont vecteurs, pour protéger les jeunes filles.

En termes de bénéfice/risque, la balance est en faveur de la vaccination puisque les études de pharmacovigilance convergent vers une innocuité de cette dernière avec des effets indésirables communs à tous les vaccins (douleur au point d’injection, maux de tête, fièvre…).

D’un point de vue éthique, il semble difficilement défendable de n’ouvrir la vaccination aux garçons qu’en fonction de leurs tendances sexuelles. En effet, malgré des progrès, aborder le sujet des relations sexuelles et d’autant plus des relations homosexuelles reste tabou dans notre société. Il paraît donc stigmatisant de ne proposer une vaccination qu’aux garçons ayant des relations sexuelles avec d’autres garçons à une période de leur vie où ils ne s’assumeront peut-être pas encore envers eux même ou envers leur entourage. Un levier potentiel à la vaccination contre le HPV est l’approche non genrée de la vaccination contre les HPV.

Enfin, d’un point de vue médico-économique, une bonne couverture vaccinale chez les filles serait plus avantageuse que l’élargissement à toute la population. Malheureusement, la réalité n’est pas aussi simple. Face à la faible couverture vaccinale féminine, le ratio coût/efficacité de la vaccination des garçons devient plus intéressant.

Il est donc important d’augmenter la population ciblée par cette vaccination en l’étendant à tous les garçons pour améliorer l’immunité de groupe. Ceci implique qu’il reste essentiel d’optimiser l’éducation des populations, de responsabiliser et de sensibiliser tous les individus concernés par cette campagne de vaccination, que ce soient les parents, les jeunes générations actuelles et à venir et les professionnels de santé, acteur majeur dans l’acceptation de la vaccination.

La direction de la Santé Publique de l’Agence Régionale de Santé  Auvergne-Rhône-Alpes soutient  donc pleinement cette nouvelle recommandation en faveur de l’élargissement de la vaccination contre les papillomavirus aux garçons.

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