Plan de lutte contre l'épidémie dans les Établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) : rappels et points de vigilance

Communiqué de presse
Visuel
L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes appelle à la plus grande vigilance vis-à-vis des personnes les plus à risque de développer une forme grave de Covid-19.
Corps de texte

Depuis le 17 octobre, l’état d'urgence sanitaire est déclaré sur l'ensemble du territoire.
Les indicateurs de suivi de l'épidémie de Covid-19 sont en forte progression dans les quatre métropoles (Lyon, Saint-Étienne, Grenoble et Clermont-Ferrand) et dans tous les départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ainsi, le taux d'incidence de la région est de plus de 400 / 100 000 habitants et le taux de positivité supérieur à 18 %, dépassant les taux nationaux (le taux d'incidence France est de 250 / 100 000 habitants et le taux de positivité de 13,7 %). La dynamique de l'épidémie dans notre région est donc particulièrement forte. Le 18 octobre, 1 929 patients sont hospitalisés et 275 sont en réanimation. Ce niveau d’occupation des lits de réanimation correspond au tiers du niveau atteint lors du pic de la première vague.

Le taux d’incidence des plus de 65 ans s’est accru considérablement et atteint 330 / 100 000 habitants le 21 octobre (au niveau national, ce taux est de 175/100 000 habitants).

En Auvergne-Rhône-Alpes, le nombre de clusters est en augmentation : au 22 octobre, 175 clusters à criticité élevée sont identifiés, dont 39 nouveaux. Le tiers de ces nouveaux clusters se situe en EHPAD. Au total, 86 clusters de criticité élevée sont actuellement déclarés dans les EHPAD de la région, soit la moitié du total des clusters.

Dans ce contexte, l’ARS appelle à la plus grande vigilance et à la mobilisation en faveur de la protection des personnes fragiles. Au quotidien et particulièrement en présence de ces personnes, il est indispensable de respecter rigoureusement l’ensemble des gestes barrières :

  • porter un masque ;
  • respecter la distanciation physique : 1 mètre d’écart minimum, pas de contact physique (ne pas se serrer la main, ne pas s’embrasser) ;
  • éviter de se toucher le visage, en particulier le nez et la bouche ;
  • se laver fréquemment les mains, surtout après avoir touché des objets et surfaces susceptibles d’avoir été contaminées (poignées de porte, digicode, etc.) ;
  • si j'ai un doute sur mon état de santé et que je pense être porteur du virus, je reporte les visites à mes proches et je fais un test.

Mise en œuvre de mesures de gestion adaptées dans les établissements et services médico-sociaux

Les directeurs et directrices des établissements mettent en œuvre des mesures notamment dans le cadre du « Plan de lutte contre l’épidémie dans les ESMS hébergeant des personnes à risque de forme grave », publié par le ministère des solidarités et de la santé le 1er octobre 2020. Les actions engagées sont les suivantes :

  • activation d’une cellule de crise dans les établissements pour adapter l’organisation et le fonctionnement ;
  • renforcement des mesures barrières pour tous et vigilance sur les temps de regroupement des personnels ;
  • appui des services hospitaliers aux établissements médico-sociaux à travers des astreintes gériatriques qui apportent une expertise dans l’évaluation médicale et aident à mobiliser les ressources hospitalières. L’appui sanitaire se traduit également par l’intervention des équipes mobiles d’hygiène qui aident à la gestion de l’épidémie au sein des établissements ainsi que par l’intervention des équipes de soins palliatifs et de l’Hospitalisation à domicile (HAD) ;
  • mobilisation des référents hospitaliers en hygiène dans chaque territoire pour éclairer les décisions et former les professionnels et les visiteurs ;
  • constitution de stocks suffisants en équipements de protection individuelle, en médicaments et en produit de nettoyage ;
  • renforcement des mesures barrière autour des résidents contaminés sans leur faire courir un risque de rupture lié à l’isolement. Il est impératif de concilier protection et maintien du lien social ;
  • suspension des activités collectives non organisées en stricte conformité avec les mesures barrières ;
  • l’éventuelle suspension des visites doit être décidée collégialement et en fonction de la situation sanitaire, avec l’appui des équipes mobiles d’hygiène. Cette suspension doit être proportionnée et de courte durée (15 jours au maximum). Lorsqu’elles ne sont pas suspendues, les visites peuvent être organisées sur rendez-vous et dans un espace aéré et dédié ;
  • accompagnement des équipes et anticipation des besoins de renfort en ressources humaines. Une plateforme Ressources humaines a été activée à cet effet, accessible à l'adresse renfortrh.solidarités-sante.gouv.fr. En complément, Pôle Emploi est en lien avec les établissements pour faire connaître les aides à l’embauche et mobiliser le vivier des demandeurs d’emploi dont les compétences peuvent être mise au service des structures. Par ailleurs, la réserve sanitaire peut être sollicitée via l’ARS ;
  • accès prioritaire au dépistage/diagnostic de la COVID-19 pour les ESMS.
    Au 15 octobre, 878 EHPAD ont fait l’objet d’un dépistage. 27 809 résidents et 32 877 professionnels ont été concernés. La proportion des personnes positives à la COVID-19 était de 11,9 % parmi les résidents testés et de 4,6 % pour les professionnels testés.

La mise en œuvre des mesures de gestion doit systématiquement donner lieu à une consultation du conseil de la vie sociale (par voie dématérialisée le cas échéant) et faire l’objet d’une communication à l’ensemble des résidents et de leurs familles.

Une grande partie des clusters, en EHPAD notamment, sont du fait d’un manque d’application des gestes barrière des personnes extérieures lors des visites à leurs proches.
L’ARS appelle les familles et les proches des résidents au respect des consignes données par les responsables des établissements et les équipes soignantes.
L’observation stricte des gestes barrières est le principal moyen de protéger les plus fragiles.   
Nous sommes tous responsables de nos comportements vis-à-vis des personnes plus fragiles.
Restons vigilants !