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Prévention du suicide : l’ARS poursuit son engagement auprès des acteurs régionaux

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JNSP 2019
Selon l’Observatoire régional du suicide (ORS), 910 décès par suicide ont été recensés en Auvergne-Rhône-Alpes en 2015, le suicide étant est la 1ère cause de mortalité chez les 25-34 ans.
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Même si la mortalité par suicide diminue en région - comme au niveau national - depuis 2000, des inégalités persistent et la prévention reste un enjeu majeur de santé publique.

Le 5 février est la journée nationale de prévention du suicide. A cette date, chaque année, des données régionales sont publiées. Elles permettent de renforcer nos connaissances sur le suicide pour adapter les axes de prévention. Cette journée est aussi l’occasion d’évoquer les  actions mises en œuvre par les partenaires de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

 

  • Le suicide est la 1ère cause de mortalité chez les 25-34 ans et la 2ème cause de mortalité chez les 15-24 ans.
  • Un quart des décès par suicide concernent les 45-54 ans.
  • Pour les 75 ans et plus, le taux spécifique de mortalité par suicide augmente légèrement depuis 2012.
  • Des taux de mortalité par suicide restent supérieurs chez les hommes.
  • Les territoires les plus impactés par le  suicide sont l’Allier, l’Ardèche, la Loire, la Haute-Loire, la Drôme et le Puy-de-Dôme.
  • La pendaison est le 1er mode opératoire quels que soient le sexe et l’âge.

La santé mentale, un des 6 axes prioritaires du PRS

La prévention du suicide est une priorité de santé publique de l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes depuis de nombreuses années et le nouveau Schéma Régional de Santé 2018-2023 identifie la santé mentale comme l’un des 6 axes prioritaires.

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes détermine et pilote le programme d’actions de prévention du suicide dans la région, aux cotés d'autres acteurs institutionnels ou associatifs. 

La prévention du suicide en Auvergne-Rhône-Alpes

En 2018, ce sont plus de 900 000 qui ont été financés par l’ARS pour le développement et la mise en œuvre de 16 actions de prévention du suicide dans la région, comme par exemple :

  • des formations de professionnels au repérage de la crise suicidaire
  • de l’animation de réseaux de proximité
  • des lieux d’écoute et d’information
  • des dispositifs d’aide et d’écoute à distance
  • des cellules de prévention de la détresse de la personne âgée
  • des dispositifs  d’accompagnement psychologique et social ou de soins des personnes en détresse et leur entourage ou encore celles ayant fait une tentative de suicide (lieux d’écoute, associations dédiées, lignes d’écoute et prise en charge dans le champ de la psychiatrie publique ou libérale)
  • un dispositif de soutien aux personnes endeuillées après le suicide d’un proche : le centre de prévention du suicide (CPS) de Lyon reçoit en consultation individuelle les personnes endeuillées à leur demande ou sur orientation d’un professionnel ou d’une association.

« VigilanS », un nouveau dispositif initié en 2018

VigilanS est un dispositif innovant destiné à la prévention de la récidive suicidaire. Il consiste à mettre  en  place une organisation  de  rappel  téléphonique des  suicidants. Cette expérimentation initiée dans la région Nord-Pas-de-Calais fin 2014, est peu à peu étendue à d’autres régions. En Auvergne-Rhône-Alpes un groupe de travail  piloté par l’ARS organise le déploiement de VigilanS dans la région.

 

EVENEMENT

LIEU

DATE

ORGANISATEUR

A la rencontre du public et présentation des associations du Collectif isérois pour la Prévention du Suicide

Rue Félix Poulat, Tram Victor Hugo, Grenoble

2 février,      14h00-17h00

Collectif Isérois pour la Prévention du Suicide

Film débat : « La vie après le suicide d'un proche » de Katia Chapoutier suivi d'un débat « Le suicide, en parler pour le prévenir ! »

Cinéma Le Club, 9 bis du Phalanstère, Grenoble

5 février,  20h15-22h30

Collectif isérois pour la prévention du suicide

Colloque : violences sexuelles et suicide

Campus EMlyon Business School, Saint-Etienne

7 février,   08h30-17h30

L’association Loire Prévention Suicide

Film débat : Partir, revenir ou l’ambiguïté de la vie

Cinéma LE CAP, Voreppe

8 février,   20h00

Le Conseil Local de Santé Mentale du Pays Voironnais

Conférence Grand Public « Suicide tous concernés »

Faculté de Médecine de Lyon-Est, Amphithéâtre C, Lyon 8

11 février, 18h30

Institut régional Jean Bergeret et le Centre Hospitalier le Vinatier

Colloque « Postvention : Accompagner, Soutenir et Intervenir après un Suicide »

Centre Culturel et de la Vie Associative – 234, cours Emile Zola 69100 Villeurbanne

12février,    9h00-17h30

Centre de Prévention du Suicide du Centre Hospitalier Le Vinatier (Pôle Ouest) et la Fondation ARHM

 

Témoignages d'associations financées par l'ARS

 

ARAMIS IREPS suicide

Rencontre avec Dominique Duvert, Chargée de mission prévention du suicide chez ARAMIS (Association Ressources,  Accompagnement, Médiation, Intervention Sociale)

  • Pouvez-vous nous présenter votre parcours et vos missions au sein d’ARAMIS ?

Bénévole au sein de l’association SOS amitié pendant plusieurs années, je représentais la structure dans les réseaux locaux et nationaux de prévention du suicide. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré l’association ARAMIS qui, en 2003, recherchait une collaboratrice pour mettre en place des actions de prévention du suicide auprès de ses bénéficiaires.

J’ai ainsi intégré l’équipe en tant que Chargée de mission prévention du suicide. Mon rôle est de former des professionnels à la prévention et d’accompagner les personnes en difficulté vers une prise en charge thérapeutique.

  • Pourriez-vous nous présenter ARAMIS ?

ARAMIS est une association loi 1901, fondée en 1938 et qui compte aujourd’hui 120 à 130 employés. C’est une structure d’aide aux familles avec plusieurs activités : aide à domicile, médiation familiale, point rencontre parents-enfants et prévention du suicide.

"La personne en souffrance a besoin d’un accompagnement adapté et de proximité"

Le service de prévention du suicide est né en 2003 pour répondre aux difficultés rencontrées par les familles que nous accompagnions, environ 2000 familles à cette époque. L’association se retrouvait alors confrontée à des personnes aux propos suicidaires ou endeuillées par le suicide d’un proche. Leur appréhension à consulter un psychologue ou un psychiatre rendait difficile leur orientation vers le système de soins. C’est pourquoi un autre accompagnement, sans étiquetage « psychiatrique », a été imaginé pour favoriser l’acceptation d’un suivi thérapeutique.

Il n'existait alors aucune structure dédiée à l’entourage des personnes suicidaires, suicidantes ou suicidées. Le service de prévention du suicide leur a ainsi été ouvert, au même titre que les personnes suicidaires, afin de les recevoir pour les orienter vers des personnes relais ou des structures aptes à les soutenir.

La personne en souffrance a besoin d’un accompagnement adapté et de proximité. C’est par un solide maillage partenarial avec les professionnels du soin, les structures sanitaires, sociales, éducatives et associatives, que cela est possible. En complément de l’accueil et de la prise en charge des bénéficiaires, ARAMIS forme et sensibilise ce réseau de professionnels à la prévention du suicide.

  • Quelles actions ont été mises en place grâce aux financements de l’ARS ?

L’ARS nous accompagne financièrement et humainement depuis le début de nos actions. Cela nous a permis de faire naître un réseau de psychologues, de psychiatres et d’acteurs du social très soudé.

Deux formations de formateurs ont été financées sur la région Auvergne. Le groupe se réunit régulièrement et travaille en étroite collaboration autour de la question du suicide.

Des formations vers le milieu carcéral puis à destination des professionnels exerçants auprès des personnes âgées ont également été organisées et dispensées. D’autres populations ont pu être formées, notamment les personnels de l’Education nationale et des professionnels encadrant les jeunes. Cette action a été conduite en collaboration avec l’ADEP 43 qui est en charge d’Allo écoute ado, structure elle aussi subventionnée par l’ARS.

Toutes ces actions ont été réalisées sous le regard expert du Docteur Courty, psychiatre, responsable de l’Unité Pass-aje au CHU de Clermont-Ferrand, actrice historique de la prévention du suicide en Auvergne.

  • Des résultats positifs à partager ?

Les formations nous ont permis de créer un vrai réseau d’entraide et de déployer nos actions de sensibilisation dans toute la région. Au départ nous travaillions essentiellement sur le Puy-de-Dôme puis nous avons élargi nos actions dans l’Allier et la Haute-Loire.

"Les formations nous ont permis de créer un vrai réseau d’entraide et de déployer nos actions de sensibilisation dans toute la région."

ARAMIS est aujourd’hui mieux identifiée et reconnue comme un acteur à part entière de la prévention du suicide. Elle participe en collaboration avec l’ADEP 43 à créer du lien quotidiennement avec les acteurs du réseau. Tout cela a demandé beaucoup de temps et de travail : identifier les professionnels, trouver des formateurs, contacter les structures susceptibles d’être formées, leur expliquer les tenants et les aboutissants de la formation ... et surtout faire en sorte que tous les acteurs de la prévention travaillent ensemble.

Une des grandes réussites a été de rapprocher le milieu médical de celui du social pour faciliter le repérage de personnes en difficulté et leur proposer un parcours de soins clair et complet.

Les rencontres initiées par l’ARS depuis la création de la grande région portent leurs fruits. Elles permettent non seulement d’optimiser nos projets mais aussi d’avoir une vision plus étendue des actions de prévention du suicide. Ce qui favorise l’évolution de nos pratiques.

  • Quels projets vont rythmer l’année 2019 ?

Développer des actions de prévention dans le Cantal est une priorité. L’ARS nous appuie pour développer la prévention dans ce département et identifier les personnes ressources.

En 2019, l’ARS va mettre en place un nouveau format de formations pour aider les professionnels à passer plus facilement du repérage à la prise en charge thérapeutique. Ces formations seront plus adaptées aux compétences de chacun pour qu’il n’y ait pas de confusion des rôles et que chaque personne ait sa place dans le système de prévention. Il y a des personnes qui repèrent, d’autres qui accompagnent, et d’autres qui soignent : toutes sont indispensables et complémentaires.

Rencontre avec Christelle GUERAULT, Déléguée territoriale et Chargée de projet en éducation et promotion de la santé, à l’IREPS Drôme (Instance régionale d’Education et de Promotion de la Santé)

  • Pouvez-vous nous présenter votre parcours et vos missions au sein de l’IREPS ?

J’ai une formation d’infirmière et de cadre de santé et ai essentiellement travaillé sur des thématiques de santé mentale au sein de structures d’hospitalisation et ambulatoires CMP (centre médico-psychologique, hôpitaux de jour) et surtout en pédopsychiatrie. Je suis maintenant Chargée de projet en éducation et promotion de la santé et depuis un an je coordonne la structure de l’IREPS Drôme.

  • Pourriez-vous nous présenter l’IREPS ?

L’IREPS est une association régionale qui met en œuvre sur la région des programmes d’éducation et de promotion de la santé à l’échelle régionale, départementale ou locale. Ces programmes évoluent selon les besoins et les problématiques de santé repérés. Dans le cadre de notre expertise méthodologique et thématique, nous soutenons et coordonnons des réseaux d’acteurs pour développer des dynamiques collaboratives autour des questions de santé.Nous contribuons aux politiques régionales de santé.

Pour ce qui est de la santé mentale et de la prévention du suicide, nous soutenons et coordonnons depuis plus de 10 ans des réseaux de professionnels et de bénévoles des secteurs divers : éducatifs, sociaux, médicosociaux, soins... pour favoriser un meilleur maillage territorial entre acteurs, contribuer à améliorer la santé mentale des populations qu’ils accompagnent, permettre une articulation des parcours de vie, de sante, de soins des publics.

Par exemple, concernant la prévention du suicide, nous proposons à des partenaires locaux de se rencontrer. Cela nous permet de voir comment ces professionnels sont sensibilisés à la question de la santé mentale, comment  ils l’abordent, comment ils sont outillés et comment ils se positionnent comme acteur-ressource sur ce sujet. Nous travaillons avec eux sur la protection de la santé mentale et les ressources à mobiliser pour prévenir le mal-être et les conduites suicidaires.

  • Quelles actions ont été mises en place grâce aux financements de l’ARS ?

Le soutien de l’ARS, nous permet d’animer 5 réseaux de professionnels en Drôme-Ardèche afin de prévenir le suicide et les conduites suicidaires des personnes vulnérables, de leur famille et de leur entourage plus ou moins proche. Par exemple, dans le cadre de l’animation du réseau santé mentale, nous les accompagnons pour intervenir auprès du public jeune. Des formations aux repérages de la crise suicidaire sont également organisées sur le territoire.

"La stigmatisation de la maladie qui peut freiner le recours aux soins ou le retour à la vie citoyenne"

Plus largement, nous travaillons en lien avec l’ARS et l’ORS  sur des projets comme l’identification des besoins des professionnels sur le territoire, le recrutement des professionnels pour la formation, le travail de plaidoyer ou encore en post-formation pour la dynamique territoriale en santé mentale.

Grâce aux financements de l’ARS, nous pouvons investir des axes de travail plus spécifiques  comme la santé mentale positive, la lutte contre stigmatisation de la maladie mentale qui peut freiner le recours aux soins ou le retour à la vie citoyenne.

  • Auriez-vous une action particulière à valoriser ?

Oui, par exemple, lors de la semaine d’information sur la santé mentale 2017, avec pour thématique « Santé mentale et travail », nous avons imaginé une action de sensibilisation et de dé-stigmatisation de la santé mentale auprès des jeunes apprentis du Lycée hôtelier de Tain l’Hermitage. L’objectif était d’accompagner les jeunes apprentis à penser la question de la santé en lien avec le travail. Nous avons proposé aux élèves de réfléchir à la question « Santé, bien-être et travail : qu’en penses-tu ? Qu’en pensent tes potes ? ». Pour l’ensemble des jeunes apprentis, le travail est autant perçu comme bénéfique sur la santé mentale que comme générateur de mal-être. Je vous invite à consulter le document suivant pour en savoir plus :

  • Des résultats positifs à partager ?

L’un des résultats positifs de toutes les actions que nous avons mises en place est d’avoir réussi à rapprocher des acteurs d’horizons et de disciplines variés autour d’une thématique commune. Il y a des partenariats qui se mettent en place grâce à nos réseaux, des acteurs qui travaillent ensemble et qui, même si ils n’appartiennent pas au milieu du soin, sont désormais identifiés comme une ressource sur leur territoire.

"Avoir réussi à rapprocher des acteurs d’horizons et de disciplines variés autour d’une thématique commune"

Dans le domaine de la santé mentale, le maillage des acteurs reste assez fragile. Beaucoup de professionnels n’ont pas toujours la possibilité de rencontrer leur partenaire du soin (notamment lorsqu’ils appartiennent à l’éducation nationale ou au secteur éducatif et social). De nombreux partenaires du soin restent frileux autour des questions de la santé mentale et du coup ne répondent pas forcément tout de suite.

Constater qu’en dehors de nos 4 rencontres annuelles, les participants ont maintenant le réflexe de se contacter pour résoudre ensemble des problématiques, me remplit alors de satisfaction, et montre la vraie plus-value de ce travail de longue haleine.

L’ARS a lancé il y a deux ans, un groupe de travail avec de nombreux acteurs impliqués dans la prévention du suicide en Auvergne-Rhône-Alpes. Nos rencontres pour imaginer, construire et développer des actions sur le terrain, et les articuler entre elles, ont été d’une grande richesse.

C’est précieux quand les financeurs sont là pour partager la réflexion et apporter leur expertise !