Semaine nationale de la dénutrition

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La dénutrition est une maladie qui touche chaque année 2 millions de citoyens. En 2020, la première semaine nationale de la dénutrition se déroule du 12 au 19 novembre. Cet évènement a pour objectif de sensibiliser les citoyens à propos des enjeux, actions préventives et traitements.
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La dénutrition est une maladie. Elle correspond à une situation dans laquelle les réserves en protéines (principalement les muscles) diminuent suffisamment pour affecter les défenses immunitaires. La dénutrition est donc une maladie pernicieuse qui favorise les infections. Chez la personne âgée cette diminution de la force musculaire favorise aussi les chutes et donc la dépendance.

La dénutrition est une maladie qui touche tous les âges. Chez l’enfant elle se traduit par un arrêt de la croissance, chez l’adulte par une perte de poids (même en cas d’obésité associée). La dénutrition est une maladie dont la cause principale est la diminution des apports alimentaires (injesta). Dans nos pays d’abondance, la dénutrition n’est pas liée à des épisodes de famine, mais à un manque d’appétit (anorexie) qui accompagne très souvent les maladies chroniques. Et comme les maladies chroniques sont plus fréquentes avec l’âge, la dénutrition frappe plus souvent (mais pas exclusivement) les personnes âgées.

La dénutrition est une maladie grave. Elle ralentie la guérison des maladie curables et accélère l’évolution fatale des maladie mortelles. Dans le pire des cas, elle permet à des maladies infectieuses banales de devenir mortelles.

Toutefois, la dénutrition n’est pas une fatalité car il s’agit d’une maladie curable. Mais comme toutes les maladies graves, son traitement est d’autant plus efficace que le diagnostic est porté précocement. Le dépistage précoce de la dénutrition est donc un enjeu de santé publique.

Si les médecins ont gardé l’habitude de peser et de mesurer les enfants, la pesée systématique des adultes en consultation ou lors d’une hospitalisation est un acte trop rarement effectué. C’est navrant, car il s’agit d’un acte simple, indolore et gratuit et qui pourtant est extrêmement informatif : on ne maigrit jamais par hasard. Le dépistage précoce de la dénutrition nécessite que l’on se pèse (à la maison ou lors d’un soin) et que l’on prenne au sérieux toute perte de poids rapide.

La dénutrition est enfin une maladie que l’on peut parfois prévenir, particulièrement lorsque son origine est liée à des douleurs buccodentaires. Il est donc fondamental de consulter régulièrement un chirurgien-dentiste afin de maintenir de bonnes capacités de mastication. Enfin pour prévenir la dénutrition chez les personnes âgées, il faut parfois remettre en cause l’utilité des régimes.

Les idées fausses concernant la nutrition sont nombreuses tant dans le public que chez les soignants. La semaine nationale de la dénutrition a pour objectif de mieux faire connaitre cette maladie qui touche 2 millions de Français, rappeler que cette maladie est grave, mais qu’elle reste curable si elle est prise en charge précocement.

Les patients Covid-19 sont à haut risque de dénutrition. La prévention exige un accompagnement pluridisciplinaire : médecin, diététicien, kiné, enseignant Activité Physique Adaptée (APA), psychologue.

La Covid-19 entraîne

  • une augmentation des besoins en énergie de l’organisme (hypercatabolisme)
  • une perte d’appétit favorisée par les difficultés à respirer et à s’alimenter,
  • une perte d’odorat et du goût,
  • la toux
  • parfois des diarrhées, des nausées ou des vomissements
  • du stress

Ces besoins en énergie doivent être compensés par une augmentation des apports alimentaires, source d’énergie.

On observe une fonte massive des muscles (sarcopénie), une fatigabilité accrue et une perte de la mobilité (à cause de la diminution de la fonction musculaire). L’organisme est fragilisé et moins capable de se défendre face aux maladies : c’est la dénutrition

La dénutrition est une vraie maladie qui se surajoute à l’infection Covid et aggrave les maladies chroniques existantes, augmente la durée d’hospitalisation et le risque de décès.

Les patients touchés par les formes graves de Covid sont souvent eux-mêmes des patients à risque de dénutrition : âge supérieur à 65 ans, maladies cardiaques, pulmonaires et rénales, diabète, obésité, déficits immunitaires, cancers…

Les difficultés à s’alimenter : mâcher, avaler avec ou sans douleurs et/ou un risque d’avaler de travers (troubles de la déglutition) surtout après une intubation (séjour en réanimation), doivent être recherchées car elles sont un frein à s’alimenter de façon adaptée à ses besoins en énergie.

Chez les personnes en situation d’obésité, la perte de poids liée au Covid-19 est grave car elle signifie une dénutrition, souvent importante et méconnue, signe d’alerte au médecin.

L’épisode COVID et le passage à l’hôpital/en réa peuvent être responsables d’un état de stress post traumatique, de troubles de l’humeur, de dépression et entraîner une perte d’appétit. Une prise en charge psychologique doit pouvoir être proposée à tout moment.

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