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Monoxyde de carbone

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Illustration monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone (CO) est une des principales causes d’intoxication accidentelle en milieu domestique. Chaque année en France, près de
5 000 personnes sont victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone et environ 90 en décèdent.
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108 épisodes d’intoxications au monoxyde de carbone (CO) ont été signalés à l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes en 2016. Ils ont conduit à l’intoxication de 307 personnes, dont 92 % ont été transportées vers un service d'urgence, et à 5 décès cette même année.

Même si les épisodes d'intoxication au CO sont susceptibles de se produire tout au long de l'année, 70 % des épisodes auvergnats-rhônalpins sont survenus pendant la période de chauffe en 2016 : du 1er janvier au 31 mars puis du 1er octobre au 31 décembre.

Le monoxyde de carbone est un gaz invisible, inodore et très toxique, produit par des moteurs à essence ou au fuel (véhicules, groupes électrogènes, tronçonneuses…) ou par des appareils de combustion (chaudières, poêles, inserts, cuisinières…) lorsque la combustion est incomplète.

Le monoxyde de carbone agit comme un gaz asphyxiant très toxique qui prend la place de l’oxygène dans le sang.
Il provoque deux types d’intoxication :

  • l’intoxication faible ou chronique se manifeste par des maux de tête, des nausées et de la fatigue ;
  • l’intoxication grave et rapide qui entraîne des vertiges, troubles du comportement, pertes de connaissances, coma voire décès. En moins d’une heure, ce gaz peut s’avérer mortel.

Les personnes intoxiquées peuvent selon le niveau de gravité être pris en charge par les services d’urgences, hospitalisées ou placées en caisson hyperbare pendant quelques heures.

Si vous pensez être intoxiqué au monoxyde de carbone :

  • aérez immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres ;
  • arrêtez les appareils à combustion si possible ;
  • évacuez les locaux et vider les lieux de leurs occupants ;
  • appelez les secours : pompiers (le 18), SAMU (le 15)
  • ne réintégrez les locaux qu'après le passage d'un professionnel qualifié qui recherchera la cause de l'intoxication et proposera les travaux à effectuer

Les intoxications au monoxyde de carbone dans les logements peuvent survenir :

  • si les appareils de chauffage et de production d’eau chaude sont mal entretenus car les combustibles (bois, charbon, gaz, essence, fuel, éthanol) y brûlent mal ;
  • s’il y a une mauvaise ventilation dans le logement, surtout dans la pièce où est installé l’appareil à combustion ;
  • si le conduit de fumée n’a pas été ramoné régulièrement : les produits de combustion ne peuvent pas s’évacuer correctement vers l’extérieur et risquent de refouler à l’intérieur du logement ;
  • si les appareils ne sont pas utilisés conformément aux prescriptions du fabricant : les chauffages d’appoint fonctionnant au bois, charbon, gaz, essence, fuel, éthanol, non raccordés à l’extérieur, ne doivent être utilisés que quelques heures consécutivement ; les cuisinières, réchauds de camping, fours, braseros ne doivent pas être utilisés pour se chauffer ; les groupes électrogènes ne doivent être utilisés qu’en extérieur

Avant chaque hiver :

  • faites vérifier vos installations (chaudières, chauffe-eau, cheminées, inserts, poêle) par un professionnel qualifié ;
  • faites effectuer un ramonage mécanique de vos conduits de cheminées.

Pendant tout l’hiver :

  • aérez votre logement ;
  • ne bouchez jamais les entrées d’air ;
  • respectez les consignes d’utilisation des appareils à combustion indiquées dans le mode d’emploi par le fabricant.

En période de grands froids ou en cas de coupure d’électricité :

  • n’utilisez jamais pour vous chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero…
  • n’utilisez pas les chauffages d’appoint en continu ; ces appareils ne doivent fonctionner que par intermittence ;
  • installez impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments et jamais dans des lieux clos (garages, caves, buanderie…) ;
  • ne laissez pas couver le feu de votre poêle s’il est annoncé une période de redoux.

Si vous venez d’acquérir ou d’installer un nouvel appareil de chauffage, veillez à vous assurer auprès d’un professionnel qualifié de la bonne installation et du bon fonctionnement de l’appareil avant sa mise en service.

Il existe sur le marché français des détecteurs de monoxyde de carbones à fixer ou portables (la norme européenne NF EN 50291 doit figurer sur l’emballage du produit).

Dans les lieux de spectacles ou de culte, une utilisation trop longue des panneaux-radiants peut provoquer des intoxications au monoxyde de carbone. Il est interdit de préchauffer les locaux équipés de panneaux-radiants avant les manifestations.
Les groupes électrogènes, souvent utilisés lors de rassemblements (fêtes, festivals, réunions, concerts…) peuvent aussi émettre du monoxyde de carbone. Ils doivent toujours être placés à l’extérieur des locaux.

Toute personne (pompiers, services d’urgence, particulier…) ayant connaissance d’une intoxication au CO suspectée ou avérée la signale dans les meilleurs délais (voir ci-dessous).

L’analyse des données de la surveillance sur Auvergne-Rhône-Alpes et des outils pour les professionnels de santé (aide au diagnostic, référentiel pour la prise en charge) sont accessibles sur une rubrique dédiée.

Pour les intoxications survenues dans l’habitat ou dans des établissements recevant du public, des enquêtes environnementales sont réalisées par les services environnement-santé des délégations départementales de l’ARS ou par les Services communaux d’hygiène et de santé (SCHS) : ces enquêtes visent à décrire les circonstances de survenue et identifier la source de l’intoxication afin de supprimer les risques d’intoxication et d’éviter les récidives.
D’autre part, une enquête médicale est réalisée par le Centre de toxico-vigilance (CTV) de Grenoble afin de décrire les intoxiqués en termes de caractéristiques démographiques et médicales (signes cliniques et biologiques) ainsi qu’en termes de prise en charge thérapeutique.
Les renseignements collectés lors des enquêtes médico-environnementales sont saisis dans une plateforme internet sécurisée et partagée (Siroco). Les cellules de Santé publique France en région ont notamment pour mission de réaliser les analyses épidémiologiques concernant les intoxications au CO.