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Air extérieur et pollution atmosphérique

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Les connaissances actuelles sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique permettent d’affirmer que les niveaux de pollution mesurés en Auvergne-Rhône-Alpes ont un impact sur la santé des populations exposées.
Corps de texte
Carte pollution Rhône-Alpes
Moyenne annuelle PM 2.5 - année 2013
Source : Air Rhône-Alpes
Carte pollution Rhône-Alpes
Moyenne annuelle PM 2.5 - année 2013
Source : Air Rhône-Alpes

L'impact sanitaire sur les populations

Il s’agit à la fois d’effets à court terme survenant rapidement après l’exposition (irritations oculaires ou des voies respiratoires, crises d’asthme, hospitalisations pour motif cardio-vasculaire…) et d’effets à long terme (développement de processus pathogènes au long court qui peuvent conduire à une pathologie chronique ou même au décès).

La pollution atmosphérique constitue la première cause de mortalité prématurée par un facteur environnemental et, selon l'Agence européenne de l'environnement, chaque année, environ 45 000 décès sont attribuables à la pollution aux particules fines en France.

En terme de santé publique, l'impact sanitaire lié à l'exposition chronique de tous les jours est plus important que l'impact sanitaire lié aux seuls épisodes de pollution. Ainsi il importe plus d'agir au quotidien sur la pollution de fond, notamment particulaire, qu'uniquement lors des épisodes de pollution.

L’application mobile Air to go permet de se déplacer en respirant un air plus sain. Elle propose notamment des trajets alternatifs : http://www.air-rhonealpes.fr/actualite/atmo-auvergne-rhone-alpes-lance-son-service-mobile-air-go L’ARS participe financièrement à l’outil ainsi qu’à la définition des messages sanitaires.

Les principaux polluants atmosphériques

Les polluants d’origine naturelle

Ils proviennent de la biodégradation de la matière organique (ammoniac, hydrogène sulfuré, méthane…), des embruns marins (aérosols de chlorure de sodium…), de la végétation (pollens, spores), de la vie animale (dioxyde de carbone…), mais aussi des incendies de forêt (imbrûlés, hydrocarbures aromatiques polycycliques…) et des émissions volcaniques (dioxyde de soufre, hydrogène sulfuré, particules…).
 

Les polluants d’origine anthropique

Ils sont attribuables :

  • aux foyers fixes de combustion (monoxyde et dioxyde de carbone, suie, dioxyde de soufre, oxydes d’azotes, particules, hydrocarbures aromatiques polycyclique) ;
  • aux moyens de transports (monoxyde et dioxyde de carbone, oxydes d’azote, hydrocarbures, composés organiques volatils pour les véhicules à essence, et particules très fines, hydrocarbures aromatiques polycycliques, dioxyde de soufre avec moins de monoxyde de carbone, de composés organiques volatils et d’oxydes d’azote pour les véhicules diésel) ;
  • aux activités industrielles (particules, mercaptans, hydrocarbures, dérivés fluorés, métaux…), à l’incinération des déchets (acide chlorhydrique, métaux, dioxines, furanes…), et à l’agriculture (ammoniac, particules, pesticides…).

Affiche du ministère de la Transition écologique et solidaire : la pollution de l'air, c'est quoi ?

 

À l'attention des populations vulnérables et des populations dites sensibles
 

  • Limitez les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions), autant en plein air qu’à l’intérieur.
  • Limitez les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe (aux horaires éventuellement précisés au niveau local).
  • En cas de symptômes ou d’inquiétude, prenez conseil auprès de votre pharmacien ou consultez votre médecin ou contactez la permanence sanitaire locale lorsqu’elle est mise en place.
  • En cas d’épisode de pollution à l’ozone : limitez les sorties durant l’après-midi et limitez les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions) en plein air ; celles à l’intérieur peuvent être maintenues.

> Arrêté inter préfectoral du 01/12/2014 relatif au déclenchement des procédures préfectorales en cas d'épisodes de pollution (Page 38, 39 : messages sanitaires)

> Arrêté ministériel du 20/08/2014 relatif aux recommandations sanitaires en vue de prévenir les effets de la pollution de l'air sur la santé

"Air Rhône-Alpes dresse le bilan de la qualité de l'air en 2014" - Dossier de presse (avril 2015)

Chiffres clés 2014 (ex-Rhône-Alpes)

Les effets sanitaires de la pollution atmosphérique sont aujourd’hui largement étudiés : les réactions inflammatoires et le stress oxydatif produits au niveau des poumons à la suite de l’inhalation de polluants tels que l’ozone, le dioxyde d’azote ou les particules fines, entraînent une inflammation systémique à l’échelle de l’organisme. La pollution peut ainsi avoir des effets sur la santé.

La plupart des travaux de recherche établissant un lien entre morbidité et mortalité et le niveau d’exposition ont été menés pour des concentrations de polluants habituellement rencontrées dans les villes européennes et nord-américaines.
Grâce à ces études épidémiologiques menées sur des populations très importantes, aujourd’hui, le lien entre exposition à la pollution atmosphérique et effets sanitaires est considéré comme établi. Bien que le risque associé à cette pollution soit faible au niveau individuel, le fait que l’ensemble de la population soit exposé en continu toute l'année constitue une préoccupation majeure de santé publique.

À l'échelle mondiale, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquait dernièrement que près de 3,7 millions de personnes sont décédées prématurément en 2012 du fait de l'exposition à la pollution de l'air extérieur
Le 17 octobre 2013, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a ainsi classé la pollution atmosphérique et les matières particulaires contenues dans la pollution atmosphérique comme cancérogènes pour l’homme (groupe 1).

Il convient de distinguer deux types d’impact de l’exposition à la pollution atmosphérique sur la santé :

  • les impacts à court terme qui surviennent dans des délais brefs (quelques jours) après l’exposition et qui sont à l’origine de troubles tels que : irritations oculaires ou des voies respiratoires, crises d’asthme, exacerbation de troubles cardio-vasculaires et respiratoires pouvant conduire à une hospitalisation, et dans les cas les plus graves au décès.
  • les impacts à long terme qui résultent d’une exposition sur plusieurs années et qui peuvent être définis comme la contribution de l’exposition à la pollution atmosphérique au développement ou à l’aggravation de maladies chroniques telles que : cancers, pathologies cardiovasculaires et respiratoires, troubles neurologiques, troubles du développement, etc.

L’ensemble des études montrent que le poids pour la santé publique des impacts à long terme de l’exposition à la pollution atmosphérique sur la santé est beaucoup plus important que les impacts à court terme. Parmi les différents polluants, les particules fines jouent un rôle prépondérant dans ces impacts.

La pollution de l’air se traduit ainsi par une dégradation de l’état de santé et du bien-être, et par une diminution significative de l’espérance de vie.

Les études n’ont pas mis en évidence, à l’échelle de la population, de seuil protecteur en deçà duquel aucun impact sanitaire ne pourrait être observé. Les effets de la pollution atmosphérique sur la santé sont ainsi observés dès les niveaux de concentration les plus faibles et en l’absence de pics de pollution.

Enfin, certaines catégories de la population sont plus vulnérables que d’autres aux effets d’une exposition à la pollution atmosphérique : les enfants, les personnes âgées, les personnes souffrant de pathologies chroniques respiratoires (asthme, allergie respiratoire, bronchite chronique) et cardio-vasculaires (insuffisances coronariennes et cardiaques)
Les actions de prévention des effets sur la santé de la pollution atmosphérique ne peuvent donc se contenter de gérer les pics de pollution; elles doivent en premier lieu viser à diminuer l’exposition de fond de la population en agissant sur les sources d’émission.

Point sur les connaissances (site de Santé publique France)

Le cas des pics de pollution

D’un point de vue épidémiologique, il n’existe pas de définition des épisodes de pollution, les études épidémiologiques retrouvant une relation linéaire entre exposition à la pollution urbaine et effets sanitaires. Enfin, il faut noter qu’il n’existe pas de seuils en-deçà duquel aucun effet sur la santé ne serait observé au niveau populationnel.

Ainsi, les épisodes de pollution atmosphérique sont définis par le dépassement de concentrations en polluant au delà de seuils fixés par les réglementations françaises et européennes. Les seuils d’information et d’alerte visent à informer, à promouvoir des comportements adaptés et à protéger la population.

Comme pour l’exposition aux niveaux habituels, les effets les plus courants observés lors de pics de pollution sont la toux, l’hypersécrétion nasale, l’expectoration, l’essoufflement, l’irritation nasale, des yeux et de la gorge… Ces effets à court terme peuvent a priori être ressentis par une part de la population d’autant plus importante que les concentrations sont élevées. Ces manifestations ne nécessitent généralement pas un recours aux soins et ne peuvent être appréhendées que par des enquêtes ad hoc auprès de la population. Des effets plus graves et moins fréquents, respiratoires ou cardiovasculaires, correspondant à la décompensation de pathologies chroniques, peuvent aussi apparaître et conduire à une consultation aux urgences, à l’hospitalisation, voire au décès.

La pollution atmosphérique entraine le développement ou l’aggravation de pathologies non spécifiques et multifactorielles pouvant conduire au décès. Pour mesurer la part attribuable de la pollution atmosphérique sur la mortalité, l’Institut de veille sanitaire a développé une méthode pour évaluer l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique (EIS-PA) à l’échelle d’une agglomération.

Les EIS-PA ne visent pas à démontrer l’existence d’effets sur la santé de la pollution atmosphérique mais à illustrer l’importance des effets de la pollution atmosphérique sur la santé avec des informations chiffrées produites au niveau local.

Les EIS-PA sont des estimations de l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique pour une population donnée sur une période donnée. Elles extrapolent les résultats d'études épidémiologiques internationales validées par la communauté scientifique en les appliquant à des données sanitaires et environnementales observées localement sur la population étudiée.

Les EIS-PA font l’hypothèse que des relations entre polluant et mortalité établies sur une large population sont applicables à d’autres populations, en cherchant toujours à choisir des relations établies dans les contextes les plus comparables possibles.

Dans toutes les agglomérations ayant fait l’objet d’une EIS-PA, les résultats confirment l’importance de la pollution de fond, et relativise le rôle des « pics » de pollution (les jours de fortes pollution ont individuellement un impact important sur la santé mais leur faible fréquence limite leur part dans l’impact sur une année entière, essentiellement associé à la pollution de fond).

Zone d'étude Auteur Période d'étude Population de la zone d'étude

Indicateurs d'exposition : PM2.5 (en µg/m3)

Bénéfices sanitaires obtenus pour le respect de  la valeur guide de PM2.5 de l'OMS (10 µg/m3) Bénéfices sanitaires obtenus pour le respect de  la valeur guide de PM2.5 de l'OMS (10 µg/m3) Bénéfices sanitaires obtenus pour le respect de  la valeur guide de PM2.5 de l'OMS (10 µg/m3)
          Décès évités par an pour population > 30 ans Décès évités par an pour population > 30 ans Espérance de vie à 30 ans gagnée
          Nb %  
Clermont-Ferrand InVS 2007-2009 213 000 14,2 40 2,4 4 mois
Valence InVS 2009/2011 127 000 19,3 55 5 8 mois
Saint-Étienne InVS 2009/2011 400 000 19,4 200 5 8 mois
Annecy InVS 2009/2011 135 000 22,8 70 7 11 mois
Lyon Inserm 2012 1 200 000 19,6 491 6 -
Grenoble Inserm 2012 385 000 18,1 114 5 -

Les résultats exprimés en termes de décès évités ou en espérance de vie gagnée sont deux expressions d'un même impact de la pollution sur la mortalité.

L'espérance de vie à 30 ans est la durée moyenne qu'il reste à vivre à 30 ans. Dans ces EIS-PA, la relation exposition-risque provient d'une étude portant sur une population suivie à partir de l'âge de 30 ans ; la relation exposition–risque a donc été appliquée aux taux de mortalité après 30 ans, pour calculer un gain potentiel d'espérance de vie à 30 ans. Le résultat sous forme d'espérance de vie peut permettre de comparer l'impact sanitaire de la pollution entre différentes populations dès lors que les critères d'application, la période et la méthode utilisée sont les mêmes et que les taux de mortalité par âge soient proches entre les populations.

Études d'impact sanitaire : les rapports

Valence

EIS-PA Agglo Valence (septembre 2014)

St-Étienne

EIS-PA Agglo St-Étienne (septembre 2014)

Dossier de presse de l'ARS Rhône-Alpes du 3/10/2014 : qualité de l’air & santé - évaluation de l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique dans les agglomérations de Valence et de Saint-Étienne - restitution des résultats

Annecy

EIS-PA Agglo Annecy (janvier 2015)

Dossier de presse de l'ARS du 28/01/2015 : évaluation de l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique dans l'agglomération d'Annecy (Haute-Savoie) - restitution des résultats

Clermont-Ferrand

Évaluation de l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine dans l'agglomération de Clermont-Ferrand

Évaluation d'impact sanitaire (site de Santé publique France)

Coûts de la pollution atmosphérique

Changement climatique

Ambroisie

Transports actifs et santé

Des actions nationales et locales

Au niveau national, l’action en matière de qualité de l’air relève à la fois de la réglementation et des plans nationaux en particulier des Plans nationaux santé environnement (PNSE) et du Plan de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) en cours d’élaboration

Site du Ministère des affaires sociales et de la santé
Site du Ministère de la transition écologique et solidaire

Au niveau local, on peut distinguer 2 types de plans :

  • des plans clairement basés sur des objectifs d'amélioration de la qualité de l’air : le Schéma régional climat air énergie (SRCAE), les Plans de protection de l’atmosphère (PPA), les Plans locaux qualité de l’air (PLQA) ;
  • des plans non orientés prioritairement sur l'amélioration de la qualité de l'air mais ayant un impact sur elle : les Plans de déplacements urbains (PDU), les Plans climat air énergie territoriaux (PCAET), les Schémas de cohérence territoriale (SCoT), les Plans locaux de l’urbanisme, le Plan régional santé environnement 3 (PRSE).
Les plans réglementaires

Des actions au niveau individuel

Les particuliers peuvent contribuer à réduire la pollution de l’air à leur échelle et ainsi limiter les risques pour leur propre santé et celle de l’ensemble de la population.

  • Limiter les déplacements en voiture et adopter l’éco-conduite.
  • Préférer les modes actifs (marche, vélo), bons pour la santé, et les transports en communs qui permettent d’économiser du carburant.
  • Penser au covoiturage !
  • Réduire les besoins de chauffage en isolant et en ne surchauffant pas les logements. Pour réaliser des économies d’énergie et de confort, pensez avant tout à améliorer l’isolation de votre logement.
  • Utiliser un combustible bois de bonne qualité dans un foyer fermé : bûches, plaquettes et granulés. Certains producteurs présentent des démarches de qualité qui offrent des garanties quant à la nature du produit, son degré d’humidité, son pouvoir calorifique, la quantité vendue.
  • Entretenir régulièrement les appareils de chauffage et vérifier que leur utilisation est optimale.
  • Remplacer les chaudières anciennes par des chaudières à condensation qui consomment moins d’énergie et diminuent les émissions de polluants dans l’air extérieur.
  • Ne pas brûler les déchets verts. Des solutions alternatives existent pour se débarrasser des déchets verts :
    - composter les déchets de jardin avec les déchets de cuisine ;
    - apporter les déchets verts en déchèterie. Ils seront valorisés (compostage, co-compostage à la ferme, broyage puis utilisation en paillage…).
Agir pour la qualité de l'air : le rôle des collectivités

Aller plus loin

Les zones sensibles en chiffres (ex-Rhône-Alpes)

  • 748 communes sensibles, soit 26 % des communes de la région ;
  • 21,8 % du territoire rhônalpin ;
  • 4 313 636 habitants, soit 69,9 % de la population rhônalpine, sont concernés.

Vulnérables ou sensibles ?

Populations vulnérables

Femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes asthmatiques, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires.

Populations sensibles

Personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics (par exemple : personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux).