Eaux de baignade

Article

La baignade est une activité très appréciée en période estivale. Sa pratique comporte des risques comme les infections liées à une eau de mauvaise qualité par contact cutané ou par ingestion. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes effectue chaque année le contrôle sanitaire des sites de baignade de la région.

Les résultats des contrôles de la qualité des eaux de baignade sont transmis par l’ARS aux personnes responsables des sites de baignade pour affichage. Ils peuvent également être consultés sur le site Baignades du Ministère de la santé (baignades naturelles uniquement).

Sur certains sites de baignade, une surveillance analytique complémentaire est réalisée à l’initiative de la personne responsable du site de baignade. Les résultats de cette surveillance sont également susceptibles d’être affichés sur site.

En 2021, 287 sites de baignades situés au niveau de plans d’eau, lacs ou rivières, ont été contrôlés par l’ARS, soit 1852 prélèvements réalisés par les différents laboratoires agréés pour analyses bactériologiques. Au final, plus de 99% des prélèvements réalisés se sont révélés conformes aux exigences de qualité bactériologiques.

Conformément à la Directive européenne depuis 2013, la qualité des eaux de baignade est évaluée selon 4 classes de qualité : « insuffisante », « suffisante », « bonne » ou « excellente », en fonction des résultats des analyses bactériologiques obtenues pendant les 4 saisons précédentes. Ce classement est européen et prend en compte la moyenne des valeurs obtenues, et la fluctuation de ces valeurs.

A l’issue de la saison 2021, les classements des sites de baignade naturelle sont les suivants :

  • 214 sites de qualité excellente ;
  • 31 sites de bonne qualité ;
  • 11 sites de qualité suffisante ;
  • 9 sites de qualité insuffisante ;
  • 22 sites non classés pour des raisons diverses (nouveaux sites, sites en travaux…).

Dans le cadre du contrôle sanitaire organisé par l'ARS, différents micro-organismes sont analysés par le laboratoire agréé par l'ANSES. Ces analyses portent sur les paramètres suivants :

  • Escherichia coli et entérocoques pour les baignades naturelles ;
  • Escherichia coli, entérocoques, Pseudomonas aeruginosa et Staphylocoques pathogènes pour les baignades artificielles ;
  • Cyanobactéries (et le cas échéant leurs toxines) sur certains sites de baignades où des risques de développements ont été identifiés.

Les bactéries d'origine fécale (Escherichia coli et entérocoques)

Ces bactéries sont des germes dont la présence dans l’eau, démontre que celle-ci a été contaminée par des matières d’origine fécale, pouvant provenir :

  • de systèmes d’assainissement, collectifs ou individuels ;
  • de déjections animales (épandages agricoles, pâturages, faune sauvage…) ;
  • des baigneurs eux-mêmes, en cas de forte fréquentation de la baignade.

Un dépassement des valeurs impératives pour l’un ou l’autre de ces paramètres implique une fermeture du site de baignade et une enquête par la personne responsable de la baignade visant à identifier les causes de la contamination de l’eau, et à mettre en place les mesures correctives nécessaires. La réouverture de la baignade est possible une fois que des analyses de recontrôle aient démontré le retour à la conformité de l’eau.

Les cyanobactéries et leurs toxines

Les cyanobactéries planctoniques se retrouvent essentiellement dans certains plans d'eau. Elles vivent en suspension dans l’eau et peuvent proliférer de manière très rapide. Elles forment alors des dépôts abondants de couleur généralement bleue/verte qui peuvent apparaître et disparaitre rapidement. Les apports excessifs en nutriments (phosphore et azote) favorisent leur développement. Certaines espèces sont susceptibles de libérer dans l’eau des toxines potentiellement dangereuses pour la santé des baigneurs et des pratiquants d’activités nautiques. Ces toxines peuvent également s’accumuler dans les tissus des poissons. Il est donc primordial de respecter les consignes affichées sur le site de baignade.

Les cyanobactéries benthiques sont susceptibles de se développer dans certains cours d'eau, en présence de chaleur, de lumière et de courants modérés. Elles se développent à la surface des galets, au sein de biofilms. A leur mort, elles se décrochent et forment des « flocs » qui sont emportés par le courant et peuvent parfois s’accumuler dans des zones d’eaux stagnantes. Ces flocs peuvent contenir une forte concentration en toxine, dangereuse pour la santé en cas d’ingestion. Les animaux domestiques (chiens en particulier) y sont particulièrement sensibles s'ils viennent à consommer ces flocs. Des précautions particulières s'imposent également vis-à-vis des jeunes enfants qui pourraient jouer et porter à la bouche des bâtons, galets sur lesquels des cyanobactéries pourraient s’être accumulées.

 

La commune recense, chaque année, toutes les eaux de baignade sur son territoire, qu'elles soient aménagées ou non (art. L.1332-2 du code de la santé publique). La commune encourage la participation du public à ce recensement, et informe l’ARS de ses résultats.

La qualité de l'eau et l’état général de propreté des plages font l’objet d’une surveillance quotidienne par la personne responsable de l’eau de baignade.

En parallèle, l'ARS met en œuvre un contrôle sanitaire de la qualité des eaux, comprenant constats, tests sur place et analyses en laboratoire. Le premier contrôle a lieu 10 à 20 jours avant l’ouverture du site de baignade, puis toutes les deux semaines durant la période d’ouverture sauf cas particulier conduisant à un suivi hebdomadaire (cas des baignades avec cyanobactéries ou classées insuffisantes pour lesquelles le contrôle sanitaire peut être renforcé).

Les prélèvements d’eau et analyses sont réalisés, à la demande de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, par un laboratoire agréé par l'ANSES. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes procède à l'interprétation sanitaire de chaque résultat d'analyses. Ces informations sont disponibles par affichage sur les lieux de baignades mais aussi pour les baignades naturelles sur le site Baignades du Ministère de la santé

En cas de non-conformité, des mesures immédiates peuvent être édictées par l’ARS pour préserver la santé des usagers, ces mesures pouvant aller de la limitation de certaines activités à la fermeture du lieu de baignade concerné.

En fin de saison, les eaux de baignade sont classées selon les résultats obtenus sur les 4 dernières années (voir ci-dessus).

Les profils de baignade doivent être réalisés pour chaque baignade, et être révisés plus ou moins régulièrement selon le classement de l’eau de baignade.

Il s’agit d’études visant à :

  • évaluer la vulnérabilité du site de baignade, par un inventaire et une analyse des sources de dégradation potentielle de la qualité de l’eau de baignade (contamination bactériologique, chimique, développement algal, présence de nuisibles, etc.);
  • proposer un plan d'actions pour supprimer ou limiter ces risques et un plan de gestion pour assurer la sécurité des usagers en situation de risques avérés. 

Une fiche de synthèse du profil de baignade doit être affichée sur le site.

Une baignade artificielle est une baignade dont l’eau est maintenue captive, c’est-à-dire dont l’eau est séparée des eaux de surface ou des eaux souterraines par aménagement (bassins, barrages, piscines naturelles ou biologiques).

Ces baignades sont soumises à la fois à une pollution du milieu (comme les baignades naturelles) et à une contamination inter-baigneurs (comme les piscines). Le renouvellement de l’eau de ces baignades ainsi que l’hygiène des baigneurs doivent être particulièrement surveillés.

Une réglementation est applicable sur les baignades artificielles depuis avril 2019. Cette réglementation est plus stricte que pour les baignades naturelles, et comprend notamment des exigences de qualité portant sur des indicateurs de contamination inter-baigneurs, à savoir les Pseudomonas aeruginosa et les staphylocoques pathogènes.

La réglementation distingue 2 catégories de baignades artificielles :

  • celles en système ouvert dont l’alimentation se fait exclusivement par de l’eau neuve non recyclée ;
  • celles en système fermé dont l’alimentation en eau est en tout ou partie recyclée.

L’ARS est en charge de la mise en œuvre du contrôle sanitaire des baignades artificielles. Ce contrôle porte sur l’eau de la baignade et parfois sur l'eau de remplissage des installations. A la différence des baignades naturelles, les eaux de baignades artificielles ne font pas l’objet d’un classement.

Aller plus loin

Campagne de prévention des noyades

Baignades

Attention aux noyades des enfants ! Vous tenez à eux, ne les quittez pas des yeux !

Aucun dispositif de sécurité ne remplace votre vigilance, même dans des lieux de baignade surveillée :

  • Ne faites pas autre chose lorsque votre enfant se baigne ;
  • Ne restez pas le regard fixé sur votre téléphone ou votre tablette ;
  • Ne vous absentez pas, même quelques instants ;
  • Baignez-vous en même temps que votre enfant, restez toujours avec lui quand il joue au bord de l’eau OU désignez un seul adulte sachant nager, responsable de la surveillance.

Le saviez-vous ? Chaque été, les noyades accidentelles provoquent environ 50 décès chez les moins de 13 ans. Un manque de surveillance est relevé dans 1 noyade sur 2.

Votre enfant a « bu la tasse », les signes d’alerte d’une noyade :

  • Fatigue et/ou tendance à s’endormir ;
  • Signes respiratoires : toux et/ou essoufflement et/ou lèvres bleues ;
  • Vomissements.

Si votre enfant n’est pas comme d’habitude après plusieurs minutes et en particulier s’il présente l’un ou plusieurs de ces signes, il faut rapidement prévenir les secours. Attention, la noyade dite « sèche », c’est-à-dire sans eau dans les poumons et sans aucun signe d’alerte, n’existe pas.

Numéros d’appel d’urgence : 15 - 18 - 112