Cyanobactéries : ce qu’il faut savoir
Les cyanobactéries sont des micro-organismes naturellement présents dans les milieux aquatiques (lacs, plans d'eau, étangs, rivières).
Parfois appelées à tort « algues bleues », elles sont présentes depuis des milliards d'années dans l'environnement et jouent un rôle naturel dans le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Elles se nourrissent de CO2, phosphore et d’azote et fabriquent leur énergie grâce à la lumière du soleil libérant ainsi de l’oxygène.
La plupart du temps, elles passent inaperçues. Cependant, lorsque les conditions sont favorables, elles peuvent se multiplier rapidement et devenir très visibles et dans certains cas produire des toxines.
Comment les cyanobactéries se développent-elles ?
Le développement des cyanobactéries dépend de plusieurs facteurs environnementaux :
Des températures élevées ;
Un fort ensoleillement ;
Des eaux calmes, stagnantes ou peu renouvelées ;
La présence de nombreux nutriments (phosphore et azote notamment) liés principalement aux activités humaines (rejets d’eaux usées, agriculture, activités touristiques, etc.).
Ces conditions sont particulièrement favorables du printemps à la fin de l’été mais des développements peuvent également être observés à d'autres périodes de l'année selon les caractéristiques du milieu.
A quoi ressemblent-elles ?
Les cyanobactéries peuvent prendre différentes formes selon les espèces et les milieux. Elles peuvent être observées dans l'eau et aux abords.
Dans l'eau
Sous forme de coloration de l’eau vert-turquoise, rougeâtre ou brun-jaune d'eau verdâtre à la surface ou au fond de l’eau ;
Sous forme d'accumulations flottantes à la surface (ressemblant à de la laine mouillée) ;
Sous forme d'amas ou d'écumes à la surface ou poussés par le vent vers les berges et parfois d’odeurs désagréables.
Sur les pierres et autres supports immergés
Sous forme de dépôts ;
De plaques glissantes ;
De revêtements de couleur foncée pouvant recouvrir les galets, les rochers ou les végétaux aquatiques.
Leur aspect peut évoluer rapidement au cours d'une même journée sous l'effet du vent, des courants ou des variations météorologiques.
Toutes les cyanobactéries sont-elles dangereuses ?
Non. De nombreuses cyanobactéries ne produisent pas de toxines. Certaines espèces de la famille des cyanobactéries planctoniques ou benthiques peuvent toutefois produire des substances appelées cyanotoxines, susceptibles d'avoir des effets sur la santé humaine ou animale.
La présence visible de cyanobactéries ne signifie donc pas systématiquement qu'un risque sanitaire existe, mais elle justifie une vigilance particulière, car il est très difficile de prévoir la production de toxines.
Pourquoi la situation peut-elle varier sur un territoire (plan d'eau, rivière) et dans un temps court ?
Les cyanobactéries ne sont pas réparties de manière uniforme dans un milieu aquatique.
Leur présence peut varier :
D’un secteur à l'autre d'un même plan d'eau, d’une même rivière ;
Entre la surface et la profondeur ;
D’un jour à l'autre ;
Voire au cours d'une même journée.
Le vent, les courants, les variations de température ou encore les caractéristiques du milieu peuvent déplacer ou concentrer localement les cyanobactéries. C'est pourquoi les observations réalisées sur une partie d'un site ne reflètent pas nécessairement la situation de l'ensemble du plan d'eau ou de la rivière.
Cyanobactéries : quels sont les risques auxquels un baigneur s’expose ?
Lorsque certaines cyanobactéries produisent des toxines, l'exposition peut entraîner différents symptômes chez l'être humain, notamment après ingestion d'eau ou contact de la peau et des muqueuses avec des accumulations importantes de cyanobactéries et plus rarement, par inhalation de fines gouttelettes d'eau lors de certaines activités aquatiques ou nautiques.
Les manifestations observées sont généralement bénignes, mais leur nature et leur intensité peuvent varier selon les personnes et les conditions d'exposition.
| Symptômes les plus fréquemment observés |
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|---|---|
| Symptômes digestifs |
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| Symptômes plus rares |
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Ces symptômes peuvent survenir quelques minutes à quelques heures après la baignade.
Il est recommandé de consulter un professionnel de santé en cas de symptômes survenant après une activité dans un milieu aquatique où des cyanobactéries sont présentes ou suspectées.
Les chiens sont particulièrement sensibles aux cyanotoxines
Les chiens peuvent être exposés en buvant l'eau, en ingérant des dépôts présents sur les berges ou en se léchant après une baignade.
Soyez vigilants : vérifier l’aspect de l’eau et des berges ; et si vous observez des cyanobactéries ne laissez pas votre chien se baigner ou en ingérer.
Que faire lorsque des cyanobactéries sont détectées dans une zone de baignade ?
Lorsque des cyanobactéries ou leurs toxines sont détectées à des niveaux susceptibles de présenter un risque pour la santé humaine, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes peut recommander au gestionnaire du site la mise en place de mesures de protection des usagers, pouvant aller jusqu'à une interdiction temporaire de baignade.
Ces mesures visent à limiter les risques liés à l'exposition aux cyanobactéries et à leurs toxines. (En savoir + sur le contrôle sanitaire des eaux de baignade par l’ARS)
Respectez les consignes affichées devant la zone de baignade
En cas d'interdiction temporaire de baignade :
- Ne vous baignez pas ;
- Ne laissez pas les enfants jouer dans l'eau ou au bord de l'eau ;
- Ne laissez pas les animaux accéder à l'eau ni en boire ;
- Respectez les mesures et recommandations pour les autres activités (nautique, pêche, …)
Rappelez-vous que seule la qualité de l’eau des sites de baignade déclarés est contrôlée : l’interdiction ne concerne que le site, mais la qualité de l’eau à proximité est vraisemblablement la même !
Avant de vous rendre sur un site de baignade, il peut être bien également de consulter la qualité de l'eau. Pour les baignades faisant l'objet d'un contrôle sanitaire, les résultats sont disponibles en ligne sur le site officiel des eaux de baignade. Cette vérification permet de s'assurer en amont que le site est ouvert à la baignade et qu'aucune restriction sanitaire n'est en vigueur.
Restez attentifs lors de vos autres activités de loisirs
Pour rappel, les cyanobactéries peuvent être présentes sous différentes formes dans les milieux aquatiques et leur répartition peut varier selon les secteurs d'un même site et évoluer rapidement dans le temps.
Lorsque des cyanobactéries sont détectées par la surveillance visuelle ou le contrôle sanitaire sur un site de baignade déclaré, il est recommandé de rester vigilant lors des autres activités pratiquées sur le reste du site (promenade, pêche, activités nautiques, baignade hors zone déclarée, loisirs avec un animal de compagnie).
Quelques mesures simples permettent de limiter les risques si vous détectez des cyanobactéries en dehors des zones de baignade autorisée :
Évitez d'avaler de l'eau lorsque vous pratiquez des activités nautiques ;
Ne laisser pas les jeunes enfants porter à la bouche des bâtons ou galets ayant séjourné dans l’eau ;
Veillez à bien vous rincer le corps et le visage en cas de contact avec la peau ou les yeux ;
Respectez les éventuelles recommandations locales mises en place par le gestionnaire du site.
Ne laissez pas les animaux boire l'eau ou accéder aux accumulations visibles ;
Si des symptômes apparaissent après une exposition à l'eau potentiellement colonisée par des cyanobactéries :
- Consultez un médecin ;
- Appelez le 15 en cas d'urgence ;
- Contactez le Centre Antipoison et de Toxicovigilance (CAPTV) de Lyon au 04 72 11 69 11 (24h/24).
Préserver la qualité de l'eau : les bons réflexes à adopter
Le développement des cyanobactéries est favorisé par la présence de nutriments dans l'eau, notamment le phosphore et l'azote. Même si de nombreux facteurs influencent leur développement (météo, température, caractéristiques du milieu, fonctionnement du bassin versant...), certains gestes simples permettent de limiter les apports de nutriments et de préserver la qualité des milieux aquatiques.
Utilisez les sanitaires mis à disposition
Les urines et les matières fécales apportent des nutriments qui peuvent contribuer à la dégradation de la qualité de l'eau.
Ramassez les déjections de votre animal
Les déjections animales peuvent être entraînées vers les cours d'eau ou les plans d'eau lors des pluies et contribuer aux apports de nutriments.
Ne nourrissez pas les oiseaux d'eau
Canards, cygnes et autres oiseaux trouvent naturellement leur nourriture dans leur environnement.
Le nourrissage favorise leur regroupement et augmente les apports de matières organiques et de déjections dans le milieu.
Ne jetez pas de restes alimentaires dans la nature
Les déchets alimentaires contribuent également à enrichir le milieu en matières organiques.
Évitez l'utilisation excessive d'appâts ou d'amorces de pêche
Les quantités non consommées peuvent se dégrader dans l'eau et contribuer aux apports de nutriments.
Respectez les aménagements du site
Les zones végétalisées en bordure des plans d'eau et des cours d'eau participent naturellement à la protection de la qualité de l'eau. Évitez de les dégrader ou d'y déposer des déchets.
Une mobilisation collective indispensable
La prévention des proliférations de cyanobactéries ne repose pas uniquement sur les usagers des sites de baignade.
De nombreux acteurs interviennent à l'échelle du bassin versant, c'est-à-dire sur l'ensemble du territoire dont les eaux alimentent le plan d'eau ou le cours d'eau concerné. Les collectivités, gestionnaires de sites, agriculteurs, industriels, associations, pêcheurs et habitants contribuent, chacun à leur niveau, à la préservation de la qualité de l'eau.
La prévention des cyanobactéries repose donc sur une action combinée, à la fois collective et individuelle. Chacun peut agir à son niveau : l'addition de ces gestes et des actions menées à l'échelle du bassin versant contribue à réduire les facteurs favorisant leur développement
Cyanobactéries : principales questions/réponses
L’ARS exerce un contrôle sanitaire sur les sites de baignade déclarés par les mairies ou les gestionnaires. Les maires ont une obligation de recenser les sites de baignade où ils s’attendent à ce qu’un grand nombre de personnes se baignent (c’est-à-dire une fréquentation estimée élevée compte-tenu des tendances passées, des infrastructures et services mis à disposition, ou d’autres mesures prises pour encourager la baignade), et où la baignade n’est pas interdite de manière permanente.
Les autres secteurs d’un plan d'eau ou d’une rivière ne font pas l'objet d'un contrôle sanitaire par l'ARS.
La surveillance sanitaire de l’eau de baignade relève en premier lieu de la personne responsable du site, qui doit exercer une surveillance active du site, notamment à partir du profil de baignade : suivi des facteurs de risque connus, vigilance après fortes pluies, observation d’une dégradation visible de l’eau, présence éventuelle de cyanobactéries, pollution accidentelle ou tout autre événement susceptible d’affecter la santé des baigneurs...
L'ARS exerce quant à elle un contrôle de second niveau, via le contrôle sanitaire, afin de protéger la santé des baigneurs. Il s’agit de compléter la surveillance de la PREB et de vérifier son efficacité, par la réalisation de prélèvements réguliers, qui donnent une « photographie » de la qualité de l’eau de la baignade à un instant T.
Dans le cadre de la surveillance de la qualité des eaux de baignade, des contrôles sont réalisés régulièrement tout au long de l’été.
Le développement et la disparition des cyanobactéries peut être rapide.
De plus, les gestionnaires de site de baignade peuvent être amenés à fermer préventivement la baignade lorsqu’ils considèrent que la qualité peut être dégradée, par exemple : en cas de fortes pluies, de changement de la couleur de l’eau, de constat d’une mortalité animale…
L’objectif est de limiter que des baigneurs puissent s’exposer à une eau de mauvaise qualité.
Non, il est dangereux de se baigner dans une zone où des cyanobactéries sont présentes. Le contact avec l’eau contaminée peut provoquer des irritations cutanées et des infections. De plus, l’ingestion accidentelle d’eau ou l’inhalation de gouttelettes d’eau peuvent entraîner des symptômes rapides. Il est important de suivre les recommandations des autorités locales et de respecter les interdictions de baignade.
Il convient de respecter les consignes affichées sur le site.
Selon la situation rencontrée, certaines activités nautiques présentant un risque peuvent également être déconseillées ou interdites.
Attention certains sites peuvent être interdits de façon permanente à la baignade à l’initiative de la commune, et pour des raisons de sécurité. Ces sites peuvent notamment présenter présentent un risque de noyade important : déclivité importante, forte profondeur, débit important ou très fluctuant (en lien avec des lâchers d’eau par exemple), etc…
Les seuils utilisés dans le cadre du contrôle sanitaire des eaux de baignade sont définis pour évaluer les risques pour la santé humaine, et plus particulièrement pour les usagers de la baignade.
Ils permettent à l'ARS d'apprécier la nécessité de mettre en œuvre des mesures de gestion telles que des recommandations ou une interdiction temporaire de baignade.
Ces seuils ne sont pas conçus pour évaluer les risques pour les animaux.
Les chiens peuvent notamment être exposés différemment des baigneurs, par exemple en buvant l'eau, en ingérant des dépôts de cyanobactéries présents sur les berges ou en se léchant après une baignade.
Les cyanobactéries ne sont pas réparties uniformément dans l'eau.
Le vent, les courants, la profondeur, les zones d’apports en nutriments ou encore les conditions météorologiques peuvent déplacer ou concentrer localement les cyanobactéries.
La situation peut donc évoluer rapidement dans le temps et varier d'un secteur à l'autre d'un même site.
Il convient de respecter les recommandations affichées sur le site ou communiquées par le gestionnaire.
Selon les situations, des précautions particulières peuvent être recommandées concernant la consommation des poissons.
Par précaution, il faut considérer qu’en cas de constat de cyanobactéries dans le milieu, il est préférable de ne pas consommer les poissons, ou a minima de les étêter et éviscérer avant consommation ou congélation.
Oui.
Les chiens peuvent être particulièrement sensibles aux cyanotoxines. Ils peuvent être exposés en buvant l'eau, en ingérant des dépôts de cyanobactéries présents sur les berges, les pierres ou les branchages, ou encore en se léchant après une baignade.
Les propriétaires sont invités à faire preuve de vigilance, lors de leurs activités à proximité des plans d'eau et des cours d'eau.
Avant de laisser un chien accéder à l'eau, il est conseillé d'observer l'état du milieu et de rechercher la présence éventuelle de cyanobactéries, notamment :
- Une coloration verdâtre inhabituelle de l'eau ;
- Des accumulations flottantes en surface ;
- Des dépôts ou des mousses sur les pierres, les galets, les branchages ou les berges ;
- Des zones d'eau stagnante présentant des accumulations visibles.
En présence de tels signes, il est recommandé d'éviter que l'animal entre dans l'eau, boive l'eau ou lèche des dépôts présents sur les berges.
Les principaux symptômes pouvant évoquer une intoxication sont :
- Vomissements ;
- Diarrhées ;
- Tremblements ;
- Difficultés à marcher ;
- Comportement inhabituel.
En cas de doute, consultez immédiatement un vétérinaire.
Consultez un médecin.
En cas d'urgence, appelez le 15.
Vous pouvez également contacter le Centre Antipoison et de Toxicovigilance (CAPTV) de Lyon au 04 72 11 69 11.
En cas de symptômes (vomissements, diarrhées, tremblements, difficultés à marcher, comportement inhabituel...), consultez immédiatement un vétérinaire.
Vous pouvez également contacter le Centre national d'informations toxicologiques vétérinaires (CNITV) au 04 78 87 10 40.
D’après l’ANSES, l’impact du changement climatique sur les proliférations de cyanobactéries est actuellement discuté dans la communauté scientifique. L’augmentation globale des températures, mais également les modifications des régimes pluviométriques (multiplication de périodes de grandes sécheresses, épisodes de tempêtes et de pluies violentes…) provoquent des modifications dans le fonctionnement des plans et des cours d’eau. Ces modifications semblent favoriser les proliférations de cyanobactéries. Cependant, les interactions entre tous ces facteurs et processus sont multiples et encore largement méconnues. Il est donc très difficile de prédire quels seront réellement leurs impacts sur les proliférations de cyanobactéries.



