Moustiques : que faire dans votre commune en cas de dengue, Zika, chikungunya ou West Nile ?

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Un moustique tigre

Maire, élu ou agent territorial : retrouvez les actions à mettre en œuvre pour lutter contre le moustique tigre en Auvergne-Rhône-Alpes. Prévention, gestion des gîtes larvaires, conduite à tenir en cas de dengue, chikungunya ou Zika : des ressources et outils sont à votre disposition.

Les enjeux du moustique et des arboviroses en Auvergne-Rhône-Alpes

Le moustique tigre, vecteur de la dengue, du chikungunya et du Zika

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est aujourd’hui implanté dans les douze départements d’Auvergne-Rhône-Alpes. Son expansion progressive constitue à la fois un enjeu de qualité de vie pour les habitants et un enjeu de santé publique.

Au-delà des nuisances (piqûres, impossibilité de profiter des espaces extérieurs), cette espèce peut transmettre plusieurs maladies virales appelées arboviroses, notamment la dengue, le chikungunya et le virus Zika.

La présence du moustique tigre crée un risque de transmission locale lorsqu’une personne infectée revient d’une zone où ces virus circulent activement. Chaque année, l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes renforce ainsi la surveillance sanitaire pendant la période d’activité du moustique tigre, comprise entre le 1er mai et le 30 novembre. 

Dans la région, le moustique tigre impacte désormais 80% des habitants. En 2025, le nombre de cas d’arboviroses a augmenté de 25%. Cette situation nécessite une mobilisation durable des collectivités territoriales, des services de l’État, des professionnels de santé et des habitants.

D’autres moustiques peuvent également transmettre des arboviroses. C’est notamment le cas des moustiques du genre Culex, ou moustiques communs, qui peuvent transmettre le virus West Nile. 

 

Le virus West Nile transmis par le moustique commun Culex

Le virus West Nile, ou virus du Nil occidental, est un virus présent chez les oiseaux qui constituent son réservoir naturel. Il est principalement transmis par des moustiques du genre Culex, très répandus en France métropolitaine.

L’être humain et le cheval sont des hôtes accidentels du virus et des « impasses épidémiologiques » : lorsqu’ils sont infectés, la quantité de virus présente dans leur sang est insuffisante pour qu’un moustique puisse à son tour s’infecter en les piquant puis transmettre le virus. Il n’y a donc pas de transmission du virus West Nile d’une personne à une autre par l’intermédiaire de cette espèce de moustique.

La surveillance de cette arbovirose est réalisée dans le cadre d’une démarche Une seule Santé / One Health. Il s’agit d’inclure tous les acteurs dans la surveillance, afin que tous les marqueurs locaux de circulation de ce virus soient partagés et contribuent à l’analyse territoriale du risque : cas humains et équins, mortalité aviaire, identification des espèces de moustiques.


Moustique tigre : les acteurs clés mobilisés sur le terrain

La lutte contre le moustique tigre repose sur une approche collective. 

L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, en lien avec Santé publique France, organise la réponse sanitaire prévue par la réglementation lors de la détection de cas d’arboviroses – notamment du 1er mai au 30 novembre, période d’activité du moustique tigre, vecteur de ces maladies. 

Si un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika est déclaré, l’ARS coordonne les investigations sanitaires et environnementales, et les éventuelles opérations de démoustication réalisées par l’EIRAD (Entente interdépartementale Rhône-Alpes pour la démoustication), opérateur spécialisé. 

L’ARS informe systématiquement les communes concernées par les interventions mises en œuvre sur leur territoire.

Le maire dispose de compétences en matière d’hygiène, de salubrité publique et de prévention des risques sanitaires.

À ce titre, la commune est invitée à intégrer le risque « moustique tigre » dans son organisation locale. Concrètement, elle peut :

  • Identifier et traiter les gîtes larvaires présents sur le domaine public ;
  • Informer régulièrement la population sur les mesures de lutte contre le moustique tigre ;
  • Désigner un référent communal ;
  • Former les agents concernés ;
  • Coordonner les actions avec les partenaires locaux ;
  • Faciliter les interventions sanitaires lorsqu’un cas est signalé.

L’EIRAD

Lorsqu’un cas d’arbovirose est signalé, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes mandate l’Entente interdépartementale Rhône-Alpes pour la démoustication (EIRAD) pour réaliser :

  • les enquêtes entomologiques : identifier la présence ou non de moustique tigre dans l’environnement de vie du malade ;
  • les opérations de démoustication ;
  • les contrôles post-intervention.

Les EPCI

Les établissements publics de coopération intercommunale peuvent accompagner les communes dans la coordination territoriale, la communication aux habitants, avec des actions de prévention mutualisées. 

Ils ont également la charge de la gestion des gîtes larvaires présents dans les sites et équipements qui relèvent de leur compétence.

Les habitants

Près de 80% des gîtes larvaires (lieux où naissent les moustiques) se situent dans les espaces privés. L’implication des habitants constitue donc un levier essentiel pour limiter la prolifération du moustique tigre.


Moustique tigre et arboviroses : vos obligations et procédures à suivre

Les actions à conduire dépendent de la situation rencontrée sur la commune.

Situation n°1 : votre commune est colonisée par le moustique tigre

Réduire les gîtes larvaires

Pour limiter la prolifération des moustiques tigres, la commune doit mettre en œuvre une stratégie durable de réduction des gîtes larvaires :

  • Surveillance des espaces et bâtiments publics ;
  • Entretien des avaloirs ;
  • Contrôle des cimetières ;
  • Suppression des dépôts sauvages ;
  • Contrôle des équipements susceptibles de retenir l’eau.

Désigner un référent communal

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande la désignation d’un référent chargé, au niveau de la commune, des missions suivantes :

  • Assurer le lien avec l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes ;
  • Coordonner les actions municipales ;
  • Répondre aux sollicitations des habitants ;
  • Suivre les actions menées sur le territoire.

L’ARS finance également des opérateurs qui peuvent accompagner les communes dans la réalisation d’un plan de gestion des espèces à enjeu pour la santé publique dont le moustique tigre.

Sensibiliser la population

La commune doit encourager l’adoption des bons gestes : vider, ranger, couvrir tous les récipients pouvant contenir de l’eau.

Ces actions doivent être conduites tout au long de l’année et renforcées au printemps et en été. 

Pour cela, l’ARS met à disposition des outils et supports de communication (affiches, flyers, etc.) et a développé, en lien avec les collectivités, la plateforme agirmoustique.fr dans laquelle sont recensés toutes les informations et outils utiles à la gestion du moustique tigre.

L’ARS finance également des opérateurs qui peuvent accompagner les communes dans le développement d’actions de mobilisation sociale collectifs d’habitants, collectifs de jardiniers, etc.


Situation n°2 : un cas importé de dengue, chikungunya ou Zika est signalé

Un cas est considéré comme importé lorsqu’une personne contracte l’infection lors d’un voyage en zones tropicales puis est diagnostiquée à son retour en métropole. Ces cas sont majoritaires et constituent un point d’entrée pour le virus sur le territoire métropolitain.

Quel est le rôle de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes dans cette situation ?

Lorsqu'un cas importé de dengue, chikungunya ou Zika est confirmé, l'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes évalue le risque de transmission locale et coordonne les mesures de lutte antivectorielle nécessaires. 

  1. Un professionnel signale un cas d’arboviroses à l’ARS.
  2. L’ARS prend contact avec le malade afin d’établir s’il a voyagé ou non, et d’identifier les lieux où il aurait pu aller pendant la période de virémie.
  3. L’ARS mandate les techniciens de l’EIRAD afin qu’ils puissent établir la présence ou non de moustique tigre dans les lieux fréquentés par le malade.
  4. Si la présence de moustique est confirmée, l’ARS informe le maire par mail et l’EIRAD réalise une opération de démoustication pour réduire la densité de moustiques adultes et donc, le risque de transmission à d’autres habitants.
  5. L’EIRAD repasse sur les lieux pour vérifier si le traitement a fonctionné (absence de moustique tigre adulte).

Ce qui est attendu de la commune

Pour que la situation soit simple à gérer, la commune doit :

  • Faciliter les interventions de l’EIRAD sur le terrain, en répondant aux sollicitations des habitants de la zones concernée ;
  • Transmettre les informations utiles pour les interventions de l’EIRAD sur le terrain : zones sensibles, gîtes larvaires identifiés, établissements accueillant du public ;
  • Relayer les messages de prévention auprès des habitants ;
  • Renforcer les opérations de suppression des gîtes larvaires sur le domaine public ;
  • Mobiliser les services municipaux concernés.

Remarque : seuls les riverains concernés par l’opération de démoustication sont informés, par un flyer dans leur boîte aux lettres. Les habitants qui n’ont pas de flyer dans leur boîte aux lettres ne font pas partie du secteur d’intervention. 
Il est demandé aux maires de ne pas communiquer sur l’opération de lutte antivectorielle ni de diffuser le secteur concerné par l’opération de démoustication afin de préserver le secret médical, l’identité et les données de santé de la personne malade.

Informer sans alarmer

En revanche, la mairie peut communiquer via différents canaux (comptes réseaux sociaux, site Internet, application type PanneauPocket ou Illiwap, panneaux type JC DECAUX) pour rappeler à tous les habitants :

  • Les gestes pour supprimer les gîtes larvaires ;
  • Les moyens de protection contre les piqûres ;
  • Les symptômes des arboviroses ;
  • Le rôle des interventions sanitaires.

Situation n°3 : un cas autochtone est identifié dans votre commune

Un cas autochtone correspond à une personne contaminée par un moustique infecté, sans avoir voyagé dans une zone où le virus circule habituellement. Cette situation traduit l'existence d'une transmission locale et nécessite une mobilisation renforcée de l'ensemble des acteurs.

Quel est le rôle de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes dans cette situation ?

Lorsqu'un cas autochtone de dengue, chikungunya ou Zika est confirmé, l'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes met en place un protocole renforcé.

En plus des actions mises en œuvre pour un cas d’arbovirose importé (cf. supra), l’ARS et Santé publique France mènent une enquête en porte-à-porte auprès des habitants dans le secteur où le cas autochtone est susceptible d’avoir été contaminé (le plus souvent, sa résidence principale). L’objectif est d’essayer de retrouver l’origine de la transmission (personne de retour de voyage) et d’identifier d’autres malades éventuels. Cette intervention permet également de rappeler les mesures de prévention pour éliminer les gîtes larvaires et éviter de se faire piquer.

Cette situation implique des actions de communication plus importantes :

  • L’ARS informe la préfecture de la situation.
  • L’ARS publie l’information sur son site Internet et les comptes réseaux sociaux et informe les médias locaux.
  • L’ARS transmet à la mairie un kit de communication (modèle de posts, éléments de langage) pour qu’elle puisse communiquer auprès de ses administrés.
  • Selon l’évolution de la situation (si plusieurs cas), l’ARS peut convenir avec la mairie d’actions complémentaires : organisation d’une réunion publique, d’un point presse, etc.

Accompagner les interventions sanitaires

Sous la coordination de l'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, la commune contribue à :

  • Faciliter l'accès aux zones concernées à l’ARS et l’EIRAD;
  • Relayer les informations auprès des riverains ;
  • Identifier les secteurs nécessitant des actions complémentaires ;
  • Soutenir les opérations de porte-à-porte réalisées autour du foyer de transmission ainsi que les interventions des agents de l’EIRAD ;
  • Mobiliser les services techniques et les partenaires locaux.

Renforcer la prévention

En plus de l’information à la population sur la situation sanitaire, la commune est invitée à :

  • Intensifier la communication auprès des habitants sur les mesures de gestion des gites larvaires du moustique tigre ;
  • Accélérer la suppression des gîtes larvaires ;
  • Sensibiliser les gestionnaires d'établissements accueillant du public ;
  • Mobiliser les associations et acteurs locaux.

Situation n°4 : un cas de West Nile est identifié dans votre commune

Un cas de West Nile correspond à une personne contaminée par un moustique Culex infecté.

Que se passe-t-il lorsqu'un cas humain est identifié ?

Lorsqu’un cas humain d’infection par le virus West Nile est identifié, les autorités sanitaires mènent des investigations afin de déterminer le lieu probable de contamination et de documenter la circulation du virus.

La surveillance du virus West Nile repose sur une approche globale associant plusieurs volets : surveillance des cas humains, surveillance animale – notamment des oiseaux et des chevaux – et surveillance entomologique.

La détection de zones de circulation du virus peut également conduire à la mise en place de mesures de sécurisation des dons de sang, d’organes, de tissus ou de cellules.

Pourquoi n'y a-t-il pas de démoustication systématique autour du malade ?

Un cas humain de West Nile n'entraîne pas les mêmes mesures de lutte antivectorielle qu'un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika.

Pour ces trois dernières maladies, un moustique tigre peut piquer une personne infectée, attraper le virus puis le transmettre à une autre personne. Les opérations de démoustication autour des lieux fréquentés par un malade visent alors à interrompre cette chaîne de transmission.

Ce mécanisme ne s'applique pas au virus West Nile, l’être humain étant une impasse épidémiologique : une personne contaminée par le West Nile ne peut pas transmettre la maladie à un moustique qui le pique. 

Il n'est donc pas réalisé de démoustication systématique autour du domicile ou des lieux fréquentés par une personne atteinte de West Nile.

Selon la situation locale, l’ARS peut toutefois envisager des actions telles que la pose de pièges. Il s’agit, dans le cadre d’une démarche exploratoire : en prenant en compte les données sanitaires animales, d’apporter des éléments de contexte environnementaux pour caractériser la circulation vectorielle locale.

Que doit faire la commune ?

La détection d'un cas humain de West Nile dans une commune n’engendre pas de mesure particulière autour du lieu de résidence de la personne malade.

La commune peut néanmoins mener des actions préventives comme :

  • s’assurer de la suppression des gîtes larvaires dans les espaces publics,
  • sensibiliser les acteurs locaux, notamment les gestionnaires d’établissements accueillant du public,
  • relayer auprès de ses habitants les recommandations générales de prévention contre les moustiques, notamment des moustique tigres, qui s’appliquent aussi aux gites larvaires des moustiques Culex, et les moyens de se protéger des piqûres.

Un cas de West Nile dans la commune signifie-t-il qu'une épidémie est en cours ?

Non. L'identification d'un cas humain ne signifie pas à elle seule qu'une épidémie est en cours.

Les investigations menées par les autorités sanitaires permettent de déterminer le lieu probable de contamination et d'évaluer la circulation du virus sur le territoire.


Moustique tigre : les outils mis à votre disposition par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes

Kit de communication collectivités

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes met à disposition des affiches, flyers, modèles d’articles etc. sur une page dédiée.

Plateforme AgirMoustique

En complément, la plateforme régionale AgirMoustique propose des guides pratiques et ressources pédagogiques pour les collectivités telles qu’un guide technique pour mettre en place un plan de lutte adapté ou encore des check-lists pour aider les agents communaux dans la réduction des gîtes larvaires

Des modules de formation sont également proposés aux collectivités afin de développer les compétences des agents référents et des services techniques.


Foire aux questions

Non. Les traitements adulticides relèvent d’un cadre réglementaire strict et sont coordonnés par les autorités sanitaires compétentes.

Non. Un cas importé correspond à une contamination acquise lors d’un voyage. Il peut toutefois constituer un risque si des moustiques tigres sont présents localement.

Non. Le moustique tigre privilégie les petites quantités d’eau stagnante créées par les activités humaines.

Parce que la prévention permet de réduire à la fois les nuisances et le risque de transmission des arboviroses.

Non. Les actions menées visent à réduire durablement sa densité et ses impacts sanitaires plutôt qu’à l’éliminer complètement.