Chenilles processionnaires : ressources clés pour les communes

Article

Les collectivités territoriales jouent un rôle clé dans la prévention des risques sanitaires liés aux chenilles processionnaires. Cet article présente les obligations prévues par les arrêtés préfectoraux en Auvergne-Rhône-Alpes, les situations à risque et les actions à mettre en œuvre pour protéger la population dans les espaces publics et les lieux fréquentés.

Chenilles processionnaires : un enjeu de santé publique en Auvergne-Rhône-Alpes

Les chenilles processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa) et du chêne (Thaumetopoea processionea) sont présentes dans l'ensemble des départements d'Auvergne-Rhône-Alpes. Sous l'effet notamment des évolutions climatiques et environnementales, leur aire de répartition s'étend progressivement et les situations d'exposition de la population se multiplient.

Les soies urticantes produites par ces chenilles peuvent provoquer des réactions cutanées, oculaires ou respiratoires chez l'être humain. Elles représentent également un risque pour les animaux domestiques qui peuvent être exposés lors de promenades ou d'activités en extérieur.

En savoir + sur les chenilles processionnaires


Qui fait quoi dans la lutte contre les chenilles processionnaires ?

La prévention des risques sanitaires liés aux chenilles processionnaires repose sur l'action coordonnée de plusieurs acteurs : les collectivités territoriales, les préfectures, l'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, les gestionnaires d'espaces publics et privés.

Le maire est responsable de la police municipale et de la salubrité publique sur le territoire de sa commune. À ce titre, il veille à prévenir les risques sanitaires susceptibles d'affecter la population.

Face à la présence de chenilles processionnaires, les collectivités territoriales peuvent :

  • Surveiller les espaces dont elles assurent la gestion ;
  • Informer les habitants et les usagers ;
  • Mettre en œuvre les mesures prévues par les arrêtés préfectoraux sur les propriétés communales ;
  • Restreindre temporairement l'accès à certains espaces publics lorsque la situation le justifie ;
  • Intervenir auprès des propriétaires ou gestionnaires qui ne prendraient pas les mesures nécessaires malgré un risque sanitaire avéré ;
  • Contribuer au signalement et au suivi des foyers présents sur leur territoire.

Les collectivités sont également encouragées à désigner un référent territorial « chenilles processionnaires » chargé de coordonner localement les actions de prévention et de gestion. Dans l’idéal, il est désormais souhaitable de nommer un binôme d’élu et d’agent municipaux chargés de suivre ces missions pour le compte de la commune, et ceci pour l’ensemble des espèces à enjeux pour la santé humaine présentes sur le territoire (chenilles processionnaires, ambroisie, moustique tigre, berce du Caucase…). La FREDON est missionnée par l’ARS Auvergne -Rhône-Alpes pour assister ces référents et assurer leur formation.

Les préfets de département sont compétents pour prendre les arrêtés préfectoraux définissant les mesures applicables localement afin de limiter l'exposition de la population aux soies urticantes des chenilles processionnaires du pin et du chêne.

Les préfectures :

  • Définissent le cadre réglementaire applicable dans chaque département ;
  • Coordonnent l'action des services de l'État ;
  • Peuvent réunir les acteurs concernés au sein d'instances de coordination départementales ;
  • Assurent le suivi de la mise en œuvre des mesures prévues par les arrêtés ;
  • Accompagnent les collectivités dans l'application de la réglementation.

Dans plusieurs départements d'Auvergne-Rhône-Alpes, les préfectures ont pris un arrêté visant à limiter l'exposition des populations aux chenilles processionnaires. Ces arrêtés fixent le cadre réglementaire applicable aux collectivités, gestionnaires et propriétaires concernés.

Retrouvez plus loin dans cette page les principales mesures prévues par ces arrêtés.

L'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes pilote la politique régionale de prévention des risques sanitaires liés aux chenilles processionnaires.

À ce titre, elle :

  • Apporte son expertise sanitaire aux préfets pour l'élaboration des arrêtés préfectoraux ;
  • Anime et coordonne la stratégie régionale de prévention ;
  • Suit l'évolution du risque sanitaire sur le territoire ;
  • Accompagne les collectivités et les partenaires dans la mise en œuvre des mesures de prévention ;
  • Contribue à l'information du public et des professionnels ;
  • Soutient les actions de surveillance et de signalement menées à l'échelle régionale.

L'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes travaille en lien avec les services de l'État et a missionné FREDON Auvergne-Rhône-Alpes pour animer le réseau des référents, accompagner les collectivités territoriales, les gestionnaires d'espaces naturels et l'ensemble des acteurs concernés par la protection de la santé des populations.


Situations rencontrées par les collectivités : quelles mesures appliquer au regard des arrêtés préfectoraux ? 

Les mesures à mettre en œuvre dépendent du niveau de fréquentation du lieu concerné et du risque d'exposition de la population.

Pour adapter les obligations aux situations rencontrées sur le terrain, les arrêtés préfectoraux distinguent deux catégories de zones.

 Zone 1Zone 2
DéfinitionLa zone 1 regroupe les lieux où la présence humaine est régulière et difficilement évitable.La zone 2 correspond aux secteurs où la présence humaine est moins régulière et où l'exposition peut généralement être évitée.
Lieux concernés
  • Les établissements d'enseignement ;
  • Les crèches et accueils collectifs de mineurs ;
  • Les établissements de santé ;
  • Les établissements sociaux et médico-sociaux ;
  • Les parcs publics et aires de jeux pour enfants ;
  • Les équipements sportifs ;
  • Les espaces verts des zones d'habitation ;
  • Les entreprises, commerces et services accueillant du public ;
  • Certaines voiries situées à proximité immédiate de ces lieux.

Un périmètre de 20 mètres autour de ces espaces est également intégré dans la zone 1.

  • Les aires de pique-nique ;
  • Les parkings forestiers ;
  • Les espaces de regroupement du public en forêt ;
  • Certains espaces naturels protégés ;
  • Les sites de promenade situés en milieu naturel.

Dans ces secteurs, l'information du public demeure obligatoire mais les mesures de lutte sont adaptées à l'intensité du risque.

Présence de nids à proximité d'une école, d'une crèche ou d'un établissement accueillant du public sensible

Ces situations concernent généralement une zone 1.

La collectivité doit :

  • Évaluer rapidement le risque d'exposition ;
  • Informer les usagers dans un délai maximal de 48 heures ;
  • Mettre en place un affichage adapté ;
  • Sécuriser les lieux ;
  • Organiser une intervention de gestion lorsque celle-ci est nécessaire.

Une vigilance particulière doit être portée aux espaces fréquentés par les jeunes enfants et les personnes vulnérables.

Procession de chenilles observée dans un parc ou sur un chemin fréquenté

Lorsque les chenilles descendent des arbres ou circulent au sol, le risque de contact est immédiat.

La collectivité doit :

  • Informer les usagers dans un délai de 48 heures ;
  • Interdire l'accès dans un rayon de 20 mètres autour des arbres concernés en zone 1 ;
  • Matérialiser la zone de danger ;
  • Programmer une intervention adaptée.

La restriction d'accès peut être levée lorsque le risque d'exposition directe a disparu.

Présence de chenilles dans un espace naturel ou forestier

Dans les secteurs relevant de la zone 2, la collectivité doit avant tout informer les usagers.

Selon le contexte local, elle peut également :

  • Restreindre temporairement l'accès ;
  • Baliser les secteurs à risque ;
  • Mettre en œuvre des actions de lutte lorsque la fréquentation du site et l'importance de l'infestation le justifient. 

Signalement sur une propriété privée

Lorsqu'un administré signale la présence de chenilles processionnaires sur une propriété privée, la collectivité peut informer le propriétaire ou occupant de celle-ci sur les risques sanitaires et les mesures de gestion recommandées.

Lettre d’information type à adresser aux personnes concernées par la présence de chenilles processionnaires sur leur terrain

Si la situation présente un risque avéré pour la santé publique et qu'aucune action n'est engagée, le maire peut mobiliser ses pouvoirs de police en matière de salubrité publique.

Organisation d'une manifestation ou d'un événement en extérieur

Avant tout événement accueillant du public dans un espace arboré, il est recommandé :

  • De vérifier l'absence de foyers à proximité ;
  • D’évaluer les risques d'exposition ;
  • D’adapter le parcours ou l'implantation de l'événement si nécessaire ;
  • De prévoir une information du public lorsque la présence de chenilles est avérée.

Le maire peut reporter ou annuler un événement si les conditions de sécurité sanitaire ne sont pas réunies.


Les 6 actions clés à mettre en œuvre sur sa commune pour lutter contre les chenilles processionnaires

1. Désigner un référent

Les collectivités sont invitées à désigner un référent territorial « chenilles processionnaires ».

Ce référent peut notamment :

  • Repérer les foyers ;
  • Participer à la surveillance du territoire ;
  • Informer les services et les habitants ;
  • Coordonner les actions locales.
Désigner un référent "Espèces à enjeux pour la santé humaine"

2. Surveiller et signaler

La surveillance régulière des espaces à risque permet d'anticiper les situations problématiques.

Toute observation peut être signalée sur la plateforme nationale.

Signaler la présence de chenilles processionnaires

3. Informer le public

L'information des usagers constitue une obligation dans de nombreuses situations.

Elle peut prendre différentes formes :

  • Affichage sur site ;
  • Panneaux temporaires ;
  • Site internet de la collectivité ;
  • Réseaux sociaux ;
  • Bulletin municipal.
  • Animations pédagogiques

4. Sécuriser les espaces fréquentés

La protection du public passe notamment par :

  • Le balisage des secteurs concernés ;
  • La pose de barrières temporaires ;
  • La fermeture ponctuelle de certains espaces ;
  • La modification des cheminements.

5. Mettre en œuvre les moyens de lutte adaptés

Les moyens de gestion varient selon l'espèce concernée, la période de l'année et la configuration des lieux.

Les principales techniques utilisées sont :

  • Le piégeage des chenilles processionnaires du pin ;
  • La destruction mécanique des nids accessibles ;
  • L’aspiration des nids par des professionnels équipés ;
  • Certaines techniques de prévention ou de limitation de la reproduction.

Les interventions doivent être réalisées dans le respect des règles de sécurité et de protection des intervenants.

6. Planifier la gestion à long terme

Lorsqu'un foyer est identifié en zone 1, un plan de prévention et de gestion doit être mis en place.

Ce plan peut comprendre :

  • Un inventaire des foyers recensés ;
  • Une cartographie des secteurs sensibles ;
  • Un calendrier de surveillance ;
  • Des actions de prévention ;
  • La sensibilisation des agents et prestataires.

Calendrier simplifié d'intervention communale de lutte contre les chenilles processionnaires

 

FAQ sur les chenilles processionnaires

Non. Les arrêtés préfectoraux ont pour objectif de limiter l'exposition des populations aux risques sanitaires et non d’éradiquer les processionnaires. Les mesures mises en œuvre doivent être adaptées à la situation et au niveau de risque.

Non. La restriction d'accès dépend de la présence effective d'un risque d'exposition et des obligations applicables à la zone concernée.

Non. Cette désignation est toutefois fortement recommandée afin de faciliter la coordination des actions sur le territoire.

Les forêts ne constituent généralement pas des zones à enjeu sanitaire. Certaines zones de regroupement du public situées en milieu forestier peuvent toutefois être concernées par des mesures spécifiques.