Arboviroses et Moustique Tigre : identification et gestion des cas

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Chaque année en métropole, une surveillance renforcée des arboviroses transmises par le moustique tigre a lieu du 1er mai au 30 novembre. Cette surveillance a pour objectif de prévenir et limiter l’instauration d’un cycle autochtone de transmission des virus de Dengue, Chikungunya et Zika, en engageant des actions de lutte anti-vectorielle autour des cas.

Ce dispositif est basé sur la déclaration obligatoire des cas confirmés biologiquement pour l’ensemble des départements de la région.

Situation épidémiologique régionale

Le moustique tigre (Aedes Albopictus) est désormais implanté dans les 12 départements d’Auvergne-Rhône-Alpes. A l’issue de la saison de surveillance 2023, c’est plus d’un quart des communes de la région qui sont désormais colonisées par le moustique tigre, et la majeure partie de la population qui est exposée aux nuisances qu’il génère.

En 2023, 252 cas importés de la zone intertropicale ont été déclarés en Auvergne-Rhône-Alpes et pour la première fois depuis 2019, deux cas autochtones ont été recensés dans la Drôme durant l'année.

Pour les voyageurs en partance ou de retour des Antilles et face à l'augmentation des contaminations observées suite à des voyages dans les Antilles (Guadeloupe, Martinique) où circule activement la dengue, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes invite les voyageurs à suivre les recommandations sanitaires avant, pendant et à leur retour de séjour.

Par ailleurs, l’année 2024 sera particulièrement à risque en raison de l’afflux massif de personnes venant pour les Jeux Olympiques dans notre région.

Retrouvez le bilan de la surveillance réalisée sur la région en 2023.

La Dengue, le Chikungunya et le Zika sont des maladies infectieuses dues à des arbovirus, qui se transmettent de personne à personne principalement par piqûres de moustiques du genre Aedes, dont Aedes albopictus (moustique tigre) présent dans notre région.

Ces infections sont asymptomatiques chez certaines personnes et dans une proportion variable en fonction du virus et de l’épidémie.

Le Chikungunya se manifeste généralement, après une incubation de 3 à 7 jours, par une fièvre élevée d’apparition brutale et de douleurs articulaires pouvant être intenses ainsi que d’autres symptômes peu spécifiques (douleurs musculaires, maux de tête, éruption cutanée maculopapuleuse…). L’évolution est le plus souvent favorable au bout d’une dizaine de jours, sans séquelle, mais leChikungunya peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des douleurs articulaires persistantes. Celles-ci peuvent survenir chez 30 à 40% des patients et durer plusieurs mois voire années chez quelques patients.  

La Dengue est dans la majorité des cas asymptomatique. La forme habituelle se manifeste généralement, après une incubation de 4 à 7 jours, par une fièvre brutale associée à des frissons, des maux de tête, des douleurs rétro-orbitaires, des nausées, des vomissements, des douleurs articulaires et musculaires et, de façon inconstante, d'une éruption cutanée vers le 5ème jour des symptômes. L’évolution est le plus souvent favorable au bout de quelques jours. Dans de rares cas, des complications graves et parfois mortelles peuvent survenir.

Le Zika se manifeste après une incubation de 3 à 14 jours généralement par une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux), éventuellement accompagnée de démangeaisons, une fièvre modérée qui peut être absente, une conjonctivite, une fatigue, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et des douleurs rétro-orbitaires. Ces signes durent quelques jours et disparaissent spontanément. Les complications sont principalement materno-fœtales (microcéphalie) et dans de rares cas neurologiques (syndromes de Guillain-Barré principalement). Il est à noter que le Zika se transmet aussi par voie sexuelle.

Dengue, chikunggunya, zika, les symptômes évocateurs :

  • Fièvre supérieure à 38.5°C et d'apparition brutale
  • Douleurs musculaires et/ou articulaires
  • Maux de tête
  • Eruption cutanée
  • En l'absence de respiratoires ou autre signe d'appel infectieux
Droits Santé Publique France

Définition des cas importés

Dengue et Chikungunya

  • Une fièvre supérieure à 38,5°C d’apparition brutale ET
  • Au moins un signe parmi les suivants : céphalées, arthralgies, myalgies, lombalgies, ou douleur rétro-orbitaire, sans autre point d’appel infectieux ET
  • Un retour de moins de 15 jours d'une zone de circulation virale.

Zika

  • Une éruption cutanée à type d’exanthème avec ou sans fièvre même modérée ET
  • au moins deux des signes suivants : hyperhémie conjonctivale, arthralgies, myalgies, en l’absence de tout autre point d’appel infectieux ET
  • Un retour de moins de 15 jours d'une zone de circulation virale.

    Définition des cas autochtones

    Face au risque de cas autochtones, une arbovirose peut être suspectée même en l’absence de notion de voyage. En cas de symptômes évocateurs sans diagnostic différentiel retrouvé chez un patient ayant séjourné dans une commune colonisée par le moustique tigre entre le 01 mai et le 30 novembre, il est nécessaire d’évoquer une arbovirose.

    De mai à novembre

    Fièvre d'apparition brutale > 38.5°C accompagnée d'autres signes algiques, en l'absence d'autre point d'appel infectieux

    Absence de voyage en zone tropicale

    Voyage en zone intertropicale : retour depuis moins de 15 jours

    Analyses biologiques : recherche systématique de la dengue, du chikungunya et du zika

    Déclaration des cas à l'ARS : patients dont les résultats biologiques sont positifs

    Lutte anti-vectorielle : traitements ayant pour objectif de limiter le risque de survenue de cas secondaires

    Droits Santé publique France

      Devant tout cas suspect d'arbovirose, il est recommandé de prescrire les analyses à visée diagnostique afin de rechercher simultanément les trois arboviroses en raison de symptomatologies peu discriminantes, d’un mode de transmission et d’une répartition géographique identique (région intertropicale).

      Cette prescription est à adapter en fonction de la date de début des signes (J0) et la date à laquelle sera effectué le prélèvement, comme indiqué sur le schéma ci-dessous :

      Dengue, du chikungunya et du zika

      Dengue, du chikungunya

      RT-PCR Sang : début des signes J+1 à J+7

      Sérologie : début des signes J+5 à J+...

      Zika

      RT-PCR Urines début des signes J+1 à J+10

      Droits Santé publique France

      En cas de résultat IgM positif isolé, il est nécessaire de prescrire la réalisation d’un 2e prélèvement dans un délai de 15 jours au minimum après le premier

      Procéder sans délai au signalement à l’ARS de tout résultat positif (y compris IgM positifs isolés) pour l’une de ces 3 maladies.

      Les signalements à l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes peuvent se faire 24h/24 et 7j/7 :

      Pour signaler, merci de transmettre la fiche CERFA de notification d’une maladie à déclaration obligatoire (denguechikungunyazika)

      En cas de suspicion de dengue, chikungunya ou zika, il convient de demander au patient de tout mettre en œuvre pour ne pas se faire piquer par un moustique pendant toute la durée de la période virologique (jusqu’à J+7 après le début des symptômes). Si un patient est infecté et qu'un moustique de type Aedes le pique, ce dernier peut devenir vecteur du virus et contaminer une autre personne de son entourage en la piquant.

      Conseils au patient devant toute suspicion de l’une de ces maladies

      • Protégez-vous impérativement des piqures de moustiques pour éviter de transmettre la maladie à votre entourage.

      Voir les recommandations émises par l'ARS pour se protéger contre le moustique tigre

      • Limitez, autant que possible, vos déplacements pendant 7 jours après le début des symptômes afin de limiter les risques de dispersion du virus et les opérations de lutte qui seront déployées dans chaque lieu que vous fréquenteriez.