Pic de pollution atmosphérique : les recommandations sanitaires à appliquer

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Consultez les recommandations sanitaires à suivre en cas de pic de pollution atmosphérique : gestes pour limiter l’exposition, conseils pour les personnes vulnérables, précautions lors des activités physiques, informations sur la qualité de l’air et mesures de prévention pour protéger votre santé et celle de vos proches en période de pollution.

Pic de pollution atmosphérique : ce qu’il faut savoir

La pollution atmosphérique est un phénomène complexe qui constitue un enjeu environnemental majeur pour la santé. De nombreuses études toxicologiques et épidémiologiques mettent en évidence les multiples effets néfastes de la pollution de l'air extérieur sur la santé. Les « épisodes de pollution atmosphérique », qu’on appelle « pics de pollution » pour les distinguer de la pollution de fond, peuvent aggraver ces effets.

La région Auvergne-Rhône-Alpes, avec une population de plus de 8,1 millions d'habitants, est particulièrement concernée par ces phénomènes. La région présente des particularités topographiques et climatiques (inversions thermiques en hiver, ozone en été) qui favorisent ces pics de pollution. Les vallées, comme celles du Rhône, de la Saône ou de l’Arve, et les massifs montagneux environnants créent des conditions propices à la stagnation de l’air (cuvettes), notamment en hiver et donc à l’emprisonnement de polluants, générés par une forte urbanisation et par les nombreuses activités humaines qu’elle regroupe.

Qu’est-ce qu’un épisode de pollution atmosphérique ?

Un épisode de pollution correspond à une période où les niveaux de certains polluants atmosphériques, comme les particules fines (PM10, PM2.5), le dioxyde d’azote (NO₂), l’ozone troposphérique (O₃) ou le dioxyde de soufre (SO₂), dépassent les seuils définis par la réglementation (en savoir + sur les différents polluants atmosphériques). Ces seuils sont basés sur des études sanitaires et servent à alerter et protéger les populations, et sont revus à la baisse régulièrement par l’Organisation mondiale de la santé.

Ces épisodes se manifestent sous différentes formes en fonction des saisons ou des phénomènes qui les provoquent.

Les phénomènes météorologiques saisonniers :

En été, un fort ensoleillement peut amplifier les réactions chimiques entre différents polluants, conduisant à une concentration accrue d’ozone troposphérique (O₃).  
En hiver, les pics de pollution sont souvent liés à l’utilisation intensive des chauffages domestiques (combustion), notamment ceux fonctionnant au bois ou au fioul, qui peuvent émettre de grandes quantités de particules fines (PM10 et PM2.5) et de suies dans l’air. Le trafic routier reste un gros contributeur de la pollution de l’air.

Les phénomènes météorologiques spécifiques :

Des pics de pollution peuvent être causés par des phénomènes météorologiques spécifiques, comme l’absence de vent ou les inversions thermiques, où une couche d’air froid en hauteur piège les polluants au niveau du sol, ou encore un événement exceptionnel (incendie, etc.).

Les activités humaines :

Les activités humaines jouent un rôle central dans le développement de ces phénomènes. Les transports, particulièrement les véhicules à moteur diesel, libèrent du dioxyde d’azote (NO₂) et des particules fines. Les industries et centrales énergétiques rejettent des composés organiques volatils (COV), du dioxyde de soufre (SO₂) et des particules fines. L’agriculture, avec l’épandage d’engrais et de lisiers, contribue à l’émission d’ammoniac (NH₃), un précurseur de la formation de particules fines.

Par ailleurs, certaines sources naturelles peuvent aussi être à l’origine d’épisodes de pollution de l’air extérieur, comme les incendies de forêt, les nuages de sable du Sahara (sirocco) ou les émissions de pollens dans l’air lors de la saison pollinique (mars-septembre) par exemple.

Dans le cadre de la surveillance régionale de la qualité de l'air réalisée par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, trois niveaux de vigilance peuvent être déclenchés en cas de dépassement des taux de pollution, de leur dégradation ou persistance dans le temps au niveau des 21 « bassins d'air » de la région.

Niveau jauneen cas de dépassement ponctuel (1 jour) des taux de pollution qui amènent à des mesures d’information
Niveau orangeen cas de dépassement ponctuel (1 jour) ou de persistance des taux de pollution (2 à 3 jours consécutifs) qui amènent à des mesures d’information ou d’alerte de premier niveau selon la situation
Niveau rougeen cas de dépassement ponctuel (1 jour) ou de persistance des taux de pollution (2 à 4 jours consécutifs ou plus) qui amènent à des mesures d’information ou d’alerte de deuxième ou troisième niveau selon la situation

Ces différents niveaux de vigilance amènent à la diffusion de recommandations à suivre pour limiter les risques sur sa santé et réduire les sources d’émission des polluants. En fonction de la situation, des mesures obligatoires peuvent être mises en place pour réduire les émissions de polluants.

Trois types d’épisodes sont définis afin de permettre des mesures de gestion les plus adaptées aux situations rencontrées.  

Episode de type combustionépisodes hivernaux, dus principalement aux particules fines (PM10), dioxydes d’azote (NO2) émis par le chauffage et le trafic routier
Episode de type estivalépisodes estivaux dus principalement à l’ozone. Les activités industrielles et l’usage domestique de solvants sont des sources importantes car émettant des composés organiques volatils qui favorisent la formation d’ozone. En effet, l’ozone n’est pas directement rejeté dans l’atmosphère par une activité (industrie, transport…), mais se forme par des réactions chimiques entre plusieurs polluants sous l’action des rayons UV du soleil. L’absence de vent favorise son accumulation. Il est capable de se disperser sur de grandes distances, même éloignées des sources initiales de pollution.
Episode de type mixte épisodes d’intersaisons, dus principalement aux particules fines, d’origine secondaire notamment. En plus des sources habituelles, les activités agricoles peuvent être impliquées (via les émissions d’ammoniac).

Ces épisodes peuvent avoir des conséquences immédiates sur la santé, en particulier pour les personnes vulnérables et sensibles.


Pic de pollution de l’air : quels sont les risques pour la santé selon les publics ? 

Les épisodes de pollution provoquent surtout des effets aigus à court terme.

Ces effets et symptômes peuvent comprendre une augmentation des symptômes allergiques, aggravation de l’asthme, une irritation de la gorge, des yeux et du nez, de la toux, une hypersécrétion nasale ou de l’essoufflement, une décompensation de maladies cardiaques ou respiratoires chez les personnes fragiles, une hausse ponctuelle des hospitalisations ou décès chez les populations vulnérables.

Parmi les populations vulnérables, on retrouve notamment :  

  • Les femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants : plus sensibles aux irritants et aux toxiques.
  • Les personnes de plus de 65 ans : ces personnes cumulent souvent des maladies chroniques, rendant leur organisme plus fragile face à la pollution.
  • Les personnes souffrant de maladies chroniques : les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance cardiaque ou respiratoires (asthme, BPCO) sont plus exposées aux complications.

Par ailleurs, les épisodes de pollution peuvent aussi toucher un public dit “sensibles” sont les personnes dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics (personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d'affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux).


Pic de pollution atmosphérique : conseils à appliquer pour se protéger et protéger les plus fragiles

Lors d’un pic de pollution, il est important d’adopter des mesures préventives pour réduire son exposition aux polluants présents dans l’air.

Recommandations à destination des personnes vulnérables et sensibles

Episodes de pollutionConsignes
En cas de pics de pollution “combustion” (particules fines PM10, NO2, SO2)
  • Limitez les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords aux horaires de pointe
  • Privilégiez les activités modérées.
En cas de pics de pollution “estivale” à l’ozone (O3)
  • Evitez les sorties durant l’après-midi lorsque l’ensoleillement est maximum ;
  • Evitez les activités physiques et sportives intenses2 (dont les compétitions) en plein air ; celles peu intenses à l’intérieur peuvent être maintenues.

Dans tous les cas, privilégiez des sorties plus brèves et celles qui demandent le moins d’effort

En cas de symptômes (gêne respiratoire ou cardiaque) ou d’inquiétude prenez conseil auprès de votre médecin ou pharmacien et voyez avec lui si votre traitement médical doit être adapté le cas échéant.

Recommandations sanitaires à appliquer pour l’ensemble de la population (en cas de vigilance orange et rouge)

Pour les personnes en bonne santé, la population dite générale (enfants de 6 ans et plus, adolescents, adultes), il n’est pas recommandé d’arrêter toute activité physique ou sportive lors d’un épisode de pollution de l’air. En effet, les concentrations de polluants observées dans l’air en France y compris pendant les épisodes de pollution, ne remettent pas en cause les bénéfices de la pratique régulière d’activité physique modérée, à l’extérieur comme à l’intérieur des bâtiments.  

  • Maintenez les activités modérées (vélo, marche, jeux dans le parc…) mais évitez les activités physiques intenses (dont les compétitions) susceptibles d’entraîner un essoufflement (football, course à pied…)  
  • Continuez d’aérer les locaux au moins 10 minutes par jour, hiver comme été aux heures les plus propices (trafic routier faible ou heures les moins ensoleillées)
  • Surveillez les personnes vulnérables et sensibles et veillez l’apparition de symptômes évocateurs

Dans tous les cas, évitez d’aggraver les effets de la pollution avec des facteurs irritants.

  • Diminuez l’utilisation de produits chimiques susceptibles de se disperser dans l’environnement (parfums d’intérieur, produit de bricolage, bougies, encens)
  • Ne fumez pas à l’intérieur, même les fenêtres ouvertes.

Suivez les alertes locales de pollution

Consultez régulièrement les bulletins de qualité de l’air publiés par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes pour planifier vos activités en conséquence et prenez connaissance des éventuelles mesures à appliquer en fonction du pic de pollution (diminution du chauffage, de la vitesse, restriction de circulation, etc.) établies par la préfecture de votre lieu de résidence.


Pollution atmosphérique : bons réflexes pour lutter contre le phénomène et se protéger

L’exposition régulière à une mauvaise qualité de l’air génère des risques sanitaires tout aussi importants que ceux rencontrés lors des épisodes de pollution atmosphérique. Chacun peut contribuer à réduire la pollution de l’air, même à petite échelle. Ces actions permettent non seulement de préserver la santé, mais aussi de protéger l’environnement.

Comment se protéger contre la pollution de l’air extérieur ?  

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