Travaux de rénovation : ce qu’il faut savoir
Rénover son logement peut avoir des conséquences sur la qualité de l’air intérieur. Les travaux peuvent libérer des poussières et des substances polluantes présentes dans les matériaux existants ou émises par les produits utilisés : peintures, vernis, colles, revêtements, isolants ou encore produits de traitement.
Certains polluants peuvent être libérés directement pendant les travaux, notamment lors d’opérations de ponçage, perçage, découpe ou démolition. D’autres peuvent continuer à être émis après la fin du chantier.
La rénovation peut également modifier le renouvellement de l’air dans le logement. C’est particulièrement le cas lors d’une rénovation énergétique : l’isolation du logement et le remplacement des fenêtres améliorent son étanchéité à l’air. Si la ventilation n’est pas adaptée ou fonctionne mal, l’humidité et les polluants produits à l’intérieur peuvent être moins bien évacués, favorisant notamment l’apparition de moisissures.
La qualité de l’air intérieur doit donc être prise en compte dès la préparation du projet de rénovation, au même titre que la performance énergétique du logement.
Bon à savoir : Depuis le 1er septembre 2013, les produits de construction et de décoration destinés à un usage intérieur doivent comporter une étiquette indiquant leur niveau d’émissions de polluants volatils. Elle classe les produits de A+ pour les très faibles émissions à C pour les fortes émissions. Sont notamment concernés les peintures, vernis, colles, adhésifs, revêtements de sol, cloisons et produits d’isolation. Cette étiquette constitue un critère utile pour choisir des produits moins émissifs.
Travaux de rénovation : quels sont les risques pour la santé ?
Avant d’engager des travaux, il est important d’identifier les principaux risques auxquels vous pouvez être exposé. Certains dépendent de l’âge ou de la localisation du bâtiment, d’autres des matériaux présents et de la nature des travaux réalisés.
Le radon est un gaz radioactif naturel, inodore et incolore, provenant notamment de certaines roches. Il peut pénétrer dans les bâtiments depuis le sol et s’accumuler dans les espaces clos, en particulier dans les pièces situées au contact du terrain, les caves ou les vides sanitaires. Une exposition prolongée au radon augmente le risque de cancer du poumon.
Le potentiel radon varie selon les communes, mais seule une mesure permet de connaître la concentration réelle dans un logement. Le niveau de référence est fixé à 300 becquerels par mètre cube (Bq/m³).
L’amiante peut encore être présent dans de nombreux bâtiments anciens (construits avant son interdiction en 1997). Le risque apparaît principalement lorsque des matériaux contenant de l’amiante sont dégradés, percés, poncés, découpés, cassés ou déposés : ces interventions peuvent libérer dans l’air des fibres susceptibles d’être inhalées.
Les peintures anciennes peuvent contenir du plomb, notamment dans les logements construits avant 1949. Les travaux de ponçage, décapage ou démolition de revêtements contenant du plomb peuvent produire des poussières contaminées et augmenter le risque d’exposition.
L’intoxication au plomb, appelée saturnisme, est particulièrement dangereuse pour les jeunes enfants, les femmes enceintes et le fœtus.
Sciage, ponçage, perçage, rabotage ou démolition génèrent des poussières. Les solvants, colles, peintures, décapants et autres produits de bricolage peuvent également exposer les occupants pendant leur utilisation.
Ces produits contiennent des substances chimiques susceptibles d’être inhalées, ingérées ou absorbées par la peau. Selon les produits, les conditions d’utilisation et la durée d’exposition, ils peuvent provoquer des irritations de la peau, des yeux ou des voies respiratoires, des maux de tête, des nausées ou d’autres effets plus graves sur la santé. Le risque augmente notamment lorsque les produits sont utilisés dans un espace peu ventilé, en grande quantité ou lorsqu’ils sont mélangés entre eux. Certains produits peuvent également rester présents dans l’air intérieur après la fin des travaux.
Travaux de rénovation : conseils à appliquer pour se protéger
Quelques précautions simples permettent de limiter votre exposition aux poussières et aux substances potentiellement nocives. Ces bons réflexes sont à adopter avant, pendant et après les travaux.
Repérez les risques avant de commencer
Renseignez-vous sur l’âge du bâtiment et les matériaux présents avant de percer, poncer, casser ou déposer des revêtements. Consultez les diagnostics disponibles. En cas de suspicion d’amiante ou de plomb, faites réaliser les vérifications nécessaires et privilégiez l’intervention de professionnels compétents.
Par exemple, pour savoir si votre logement contient du plomb (bâtiments construits avant 1949), demandez à consulter le contrat de risque d'exposition au plomb (CREPS) avant de lancer tous travaux dans votre logement.
Aérez pendant et après les travaux
Ouvrez régulièrement les fenêtres pendant le chantier lorsque les conditions le permettent et poursuivez l’aération après les travaux, notamment après l’application de peintures, vernis ou colles et lors de l’installation de mobilier neuf. IL est nécessaire d’aérer quotidiennement au moins dix minutes, y compris en hiver, sans que cela se substitue au système de ventilation du logement.
Choisissez des produits peu émissifs
Pour les produits concernés par l’étiquetage des émissions dans l’air intérieur, privilégiez autant que possible les références classées A+.
Respectez les quantités, les conditions d’utilisation et les temps de séchage indiqués par le fabricant. Refermez soigneusement les contenants après utilisation et évitez de conserver inutilement de nombreux produits ouverts dans les pièces de vie.
Protégez-vous pendant le chantier
Adaptez vos équipements de protection à la tâche réalisée et aux indications figurant sur les produits : gants, lunettes, protections auditives et protection respiratoire lorsque celle-ci est nécessaire. Travaillez à l’extérieur lorsque cela est possible ou assurez un renouvellement important de l’air. Ne mélangez pas les produits et tenez produits, outils et déchets de chantier hors de portée des enfants.
Éloignez les personnes les plus vulnérables
Les enfants, et tout particulièrement les jeunes enfants, ne doivent pas être exposés aux poussières et polluants générés par les travaux. Les femmes enceintes doivent également éviter de participer aux travaux susceptibles de les exposer à des substances dangereuses.
Pour une chambre de bébé, réalisez si possible les travaux et installez les meubles suffisamment en amont pour pouvoir aérer largement la pièce avant son utilisation.
Travaux de rénovation : les bons réflexes avant, pendant et après le chantier
- Avant les travaux : identifiez les matériaux qui seront déposés ou percés, recherchez un éventuel risque amiante ou plomb, vérifiez le potentiel radon de votre commune si votre logement peut être concerné, choisissez des matériaux peu émissifs et prévoyez la ventilation dans le projet global.
- Pendant les travaux : protégez la zone de chantier, limitez la dispersion des poussières, utilisez les équipements de protection adaptés, respectez les notices des produits et aérez régulièrement.
- Après les travaux : aérez suffisamment, nettoyez les poussières, contrôlez le fonctionnement de la ventilation et vérifiez que les entrées et sorties d’air ne sont pas obstruées. En secteur concerné par le radon, veillez à ce que les travaux n’aient pas dégradé les conditions de renouvellement de l’air.
Travaux de rénovation : principales questions / réponses
Retrouvez des questions/réponses pour réaliser des travaux en toute sécurité.
Oui, la ventilation doit être intégrée à la réflexion globale sur la rénovation. Améliorer l’étanchéité du bâtiment sans assurer un renouvellement d’air suffisant peut limiter l’évacuation de l’humidité et des polluants intérieurs, dont le radon fait partie.
Une cartographie permet de connaître le potentiel radon de chaque commune, mais elle ne donne pas la concentration d’un logement particulier. Seule une mesure réalisée dans le logement permet de connaître son exposition réelle.
Il est déconseillé d’intervenir soi-même sur un matériau susceptible de contenir de l’amiante. Percer, poncer, casser ou découper peut libérer des fibres. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande de faire identifier les matériaux concernés puis de confier les interventions à des professionnels formés.
Consultez l’étiquette « Émissions dans l’air intérieur ». Elle classe les produits de A+ à C ; la classe A+ correspond aux émissions les plus faibles parmi les classes prévues par cet étiquetage.
Le service public France Rénov’ accompagne les particuliers dans leurs projets de rénovation et permet notamment de s’informer sur les aides disponibles.



