Principaux symptômes de la dengue, du chikungunya et du zika :
En l'absence, d'autre signe d'appel infectieux :
- Fièvre d'apparition brutale
- Douleurs musculaires et/ou articulaires
- Maux de tête
- Eruption cutanée
La surveillance des arboviroses concerne la dengue, le chikungunya et le Zika, transmis par le moustique tigre, mais aussi le virus West Nile, principalement transmis par le moustique Culex. Le repérage et le signalement rapides des cas par les professionnels de santé et les laboratoires permettent de mettre en œuvre les mesures de gestion adaptées.
Le moustique tigre est désormais implanté dans l’ensemble des départements d’Auvergne-Rhône-Alpes et largement diffusé sur le territoire régional.
Parallèlement, le nombre de cas importés de dengue et de chikungunya progresse régulièrement, avec un risque d’apparition de cas autochtones et de foyers de transmission locale.
La circulation du virus West Nile évolue également en France. Historiquement concentrée dans le pourtour méditerranéen, le West Nile s’est étendu ces dernières années à de nouveaux territoires. En 2025, des cas humains autochtones ont été identifiés pour la première fois en Auvergne-Rhône-Alpes.
Le repérage précoce et le signalement rapide des cas permettent d’assurer la surveillance de ces maladies et de mettre en œuvre les mesures de gestion adaptées.
Pour rappel : la dengue, le chikungunya, le Zika et l’infection à virus West Nile sont des maladies à signalement obligatoire. Les cas confirmés biologiquement doivent être signalés par les professionnels de santé.
La dengue, le chikungunya et le Zika sont des maladies infectieuses dues à des arbovirus, qui se transmettent de personne à personne, principalement par piqûres des moustiques Aedes, dont l’Aedes albopictus ou moustique tigre, présent dans notre région.
Les symptômes sont à proportion variable, en fonction du virus et de l’épidémie. Ces infections peuvent être asymptomatiques chez certaines personnes.
En l'absence, d'autre signe d'appel infectieux :
La dengue est dans la majorité des cas asymptomatique. La forme habituelle se manifeste généralement après une incubation de 4 à 7 jours par :
L’évolution est le plus souvent favorable au bout de quelques jours. Dans de rares cas, des complications graves et parfois mortelles peuvent survenir.
Le chikungunya se manifeste généralement, après une incubation de 3 à 7 jours, par :
L’évolution est le plus souvent favorable au bout d’une dizaine de jours, sans séquelle, mais le Chikungunya peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des douleurs articulaires persistantes. Celles-ci peuvent survenir chez 30 à 40% des patients et durer plusieurs mois voire années chez quelques patients.
Le Zika se manifeste après une incubation de 3 à 14 jours généralement par :
Ces signes durent quelques jours et disparaissent spontanément. Les complications sont principalement materno-fœtales (microcéphalie) et dans de rares cas neurologiques (syndromes de Guillain-Barré principalement). Il est à noter que le Zika se transmet aussi par voie sexuelle.
On peut envisager un cas importé de dengue ou de Chikungunya si le patient :
Un cas de Zika peut être envisagé si le patient :
Face au risque de cas autochtones, une arbovirose peut être suspectée même en l’absence de notion de voyage. En cas de symptômes évocateurs sans diagnostic différentiel retrouvé chez un patient ayant séjourné dans une commune colonisée par le moustique tigre entre le 1er mai et le 30 novembre, il est nécessaire d’évoquer une arbovirose.
De mai à novembre
Fièvre d'apparition brutale > 38.5°C accompagnée d'autres signes algiques, en l'absence d'autre point d'appel infectieux
Absence de voyage en zone tropicale
Voyage en zone intertropicale : retour depuis moins de 15 jours
Analyses biologiques : recherche systématique de la dengue, du chikungunya et du zika
Déclaration des cas à l'ARS : patients dont les résultats biologiques sont positifs
Lutte anti-vectorielle : traitements ayant pour objectif de limiter le risque de survenue de cas secondaires
Le virus West Nile, ou virus du Nil occidental, est une arbovirose principalement transmise par des moustiques du genre Culex.
Les oiseaux constituent le réservoir naturel du virus. L’être humain et le cheval sont des hôtes accidentels : ils peuvent être infectés par la piqûre d’un moustique porteur du virus mais ne permettent pas, dans les conditions habituelles, la poursuite du cycle de transmission.
Dans environ 80 % des cas, l’infection humaine est asymptomatique.
Lorsqu’elle est symptomatique, elle peut notamment se manifester par :
Dans moins de 1% des infections, des formes neuro-invasives peuvent survenir, notamment des méningites, méningo-encéphalites, encéphalites, des paralysies flasques aigües ou des poliomyélite-like. Ces formes graves concernent plus fréquemment les personnes âgées et les personnes immunodéprimées.
Dans un contexte d’extension de la circulation du virus en France, le diagnostic doit pouvoir être évoqué devant un tableau clinique compatible, notamment neurologique, y compris en l’absence de voyage à l’étranger.
La recherche du West Nile peut être associée à celle des virus du chikungunya, de la dengue et du Zika devant un syndrome fébrile et algique, sans autre point d’appel et en l’absence de signes respiratoires.
La circulation du virus West Nile est suivie en France par un dispositif de surveillance intégré, associant un volet humain et un volet animal ciblant les chevaux et les oiseaux. Chez l’homme, la surveillance repose depuis 2021, sur le signalement obligatoire par les professionnels de santé, et sur la confirmation diagnostique par le Centre National de Référence des arbovirus.
Surveillance des infections neuroinvasives à virus west-nile (de mai à novembre)
Etape 1 : LCS clair (non purulent)
Etape 2 : Manifestations neurologiques (type encephalite, méningite, polyradiculonévrite ou paralysie flasque aigüe chez un adulte à partir de 15 ans)
Etape 3 : transfert des prélèvements (LCS et sang total sur EDTA, accompagné de la fiche de renseignements cliniques)
Etape 4 : Déclaration des cas à l'ARS (patients dont les résultats biologiques sont positifs)
Devant tout cas suspectde dengue, chikungunya ou Zika (importé ou autochtone), les recommandations sont les suivantes :
Il s’agit de rechercher simultanément les trois arboviroses en raison de symptomatologies peu discriminantes, d’un mode de transmission et d’une répartition géographique identiques (région intertropicale).
Cette prescription est à adapter en fonction de la date de début des signes (J0) et la date à laquelle sera effectué le prélèvement, comme indiqué sur le schéma ci-dessous :
Chikungunya - dengue - Zika :
Zika uniquement :
En cas de résultat IgM positif isolé, il est nécessaire de prescrire la réalisation d’un 2e prélèvement dans un délai de 15 jours au minimum après le premier.
Si un patient est infecté et qu'un moustique de type Aedes le pique, ce dernier peut devenir vecteur du virus et contaminer une autre personne de son entourage en la piquant.
Aussi devant toute suspicion, il convient de demander au patient de se protéger contre les piqûres de moustiques pendant les 7 jours qui suivent le début des symptômes et dans l’attente des résultats biologiques. Pour cela, il est recommandé au patient de :
Soyez prudents : adoptez les bons gestes pour éviter de vous faire piquer et de transmettre la maladie
L’objectif de ces recommandations est de limiter les risques de dispersion du virus.
Voir plus de conseils pour se protéger contre le moustique tigre.
Le signalement est à faire sans délai à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, dès la confirmation biologique d'un cas importé ou autochtone :
Ce signalement permet de mettre en place rapidement les investigations et, lorsque cela est nécessaire, les mesures de lutte antivectorielle (opérations de démoustication) sur les lieux fréquentés par le patient afin de prévenir la transmission locale.
Le diagnostic d’infection à virus West Nile doit être évoqué, dès lors que les étiologies les plus courantes ont été éliminées, devant tout patient présentant :
des manifestations neurologiques à type d’encéphalite, méningite, polyradiculonévrite ou paralysie flasque aiguë
une fièvre (supérieure à 38,5°C)
un LCS (liquide cérébrospinal) clair (non purulent)
Le diagnostic repose sur la réalisation des examens suivants :
RT-PCR de J0 à J7 après le début des symptômes : sur sang total, ou LCS en cas de forme neurologique, urines en deuxième ligne (l’excrétion urinaire du virus étant plus prolongée que la virémie) ;
Sérologie IgM et IgG à partir de J5 après le début des symptômes ;
Un second sérum, au plus tôt 10 jours après le premier, devra être demandé pour documenter une séroconversion ou une augmentation significative des IgG.
Graphique présentant les différentes étapes de la maladie et les examens associés :
Tout cas biologiquement confirmé de West Nile, qu’il soit importé ou autochtone, doit être signalé sans délai à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes :
Si la confirmation d’un cas humain de West Nile n’entraîne pas les mêmes mesures qu’un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika, l’identification de zones de circulation du West Nile permet de mettre en œuvre, lorsque cela est nécessaire, des mesures de sécurisation des produits issus du corps humain : dons de sang, d’organes, de tissus ou de cellules.
Devant toute prescription d’analyse biologique à visée diagnostique pour l’un de ces 3 virus, les recommandations sont les suivantes :
Les symptomatologies étant peu discriminantes, le mode de transmission et répartition géographique identiques, il convient, si nécessaire de modifier la prescription, afin de lancer une recherche simultanée des 3 infections : dengue, chikungunya, Zika, conformément à l’article L. 6211-8 du CSP.
Si nécessaire, il convient de modifier la prescription, conformément à l’article L. 6211-8 du CSP.
Chikungunya - dengue - Zika :
Zika uniquement :
Le signalement est à faire sans délai à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, dès la confirmation biologique (cas importé ou autochtone) :
Ce signalement permet de mettre en œuvre rapidement les investigations et mesures de gestion adaptées.
Les modalités du diagnostic biologique sont les suivantes :
PCR sang ou LCS : jusqu’à 7 jours après le début des symptômes
Sérologie IgM-IgG à partir de J5 après le début des symptômes
PCR urinaire : l’excrétion peut être prolongée dans les urines, au-delà de 7 à 10j du début des symptômes
En cas d’identification d’un cas probable ou confirmé, les prélèvements biologiques (LCS, sang total sur EDTA) doivent être expédiés par le laboratoire pour confirmation, selon la réglementation en vigueur, au CNR des arbovirus de Marseille. Consulter le site du CNR des arbovirus de Marseille pour connaître la procédure d'envoi.