La tique

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Après une promenade en forêt ou dans les bois, dans les herbes hautes des prairies, mais également dans les espaces verts des zones urbaines, et même dans son jardin, il est important de rechercher les tiques qui auraient pu s'accrocher à votre peau.
En effet, si celles-ci sont infectées, vous pouvez être contaminé et présenter une des maladies à tiques.
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La tique est un acarien parasite visible à l’œil nu mais de très petite taille. Elle vit dans les milieux humides dans les bois, buissons, prairies hautes et espaces verts des villes ( parcs,  jardins et coulées vertes).

Grâce à son appareil buccal appelé « rostre », elle s'ancre sur la peau des mammifères sauvages (gibiers, oiseaux, rongeurs…) ou d’élevage (vaches, chevaux…) et, accidentellement, sur l'Homme. Une fois fixées sur la peau de leur "hôte nourricier", elles se gorgent de sang pour se développer.

Les tiques ne prennent qu'un repas sanguin par stade de développement (larve, nymphe, adulte et ponte des œufs). Lorsqu'elles partent en chasse d'un "hôte nourricier", les tiques qui vivent au ras du sol, montent en haut des hautes herbes et se laissent tomber sur l'hôte lors de son passage.

Attention donc lorsque vous pratiquez une activité de travail ou de loisir comme l'entretien des chemins forestiers, des  promenades, du camping, de la chasse, de la pêche ou des sports et jeux de plein air, etc.. La tique peut en effet s'accrocher sur vous ou sur votre animal de compagnie à ces occasions et s’ancrer ensuite sur votre peau. Elle cherchera à mordre au  niveau des endroits humides et chauds sur les animaux ou sur l’homme (Aisne, cuir chevelu) .

Elle peut être retrouvée tout au long de l'année mais sa présence est plus importante au printemps et au début de l'automne en raison de conditions climatiques favorables à son développement.

Un programme de surveillance de l'activité saisonnière des tiques dans les parcs urbains et péri-urbains de l'agglomération lyonnaise a été mis en place au printemps 2019 (projet Eratiq – INRAE/VetAgro Sup). En effet, les objectifs nationaux de protection de la biodiversité y compris en milieu urbain conduisent au rétablissement des corridors écologiques. Avec le développement des coulées vertes et les diminutions de fauches dans certains secteurs des parcs urbains, le risque de présence de tiques augmente.

Pendant 5 mois, des prélèvements ont été réalisés dans 3 parcs  urbains et péri-urbains de l'agglomération. Ils ont permis de mettre en évidence la présence de tiques dans tous les parcs avec un gradient de présence diminuant lorsqu'on passe de parcs péri-urbains très connectés avec le milieu naturel, vers des parcs de centre urbain très entretenus.

Si la tique mord un animal infecté par une bactérie ou un virus, et qu’elle mord lors de son repas sanguin suivant un être humain, celui-ci peut alors être infecté. La morsure d’une tique peut notamment être responsable de la maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme).

Attirée par les mouvements et la chaleur émis par l’homme ou l’animal qui croise son chemin, la tique, se laisse alors tomber pour s'accrocher.

  • Elle cherche à mordre les endroits chauds et humides du corps humain, là où la peau est la plus fine : pli des genoux, aine, aisselles, organes génitaux, cuir chevelu, etc.
  • La morsure d’une tique est indolore.
  • Elle ne se décrochera qu’une fois son « repas » sanguin terminé.

La plus fréquente des zoonoses transmises par les tiques dans le nord est de la France est la maladie de Lyme que l'on appelle aussi la borréliose. Il existe d'autres maladies transmises par les tiques mais qui sont beaucoup plus rares comme l’encéphalite à tiques.

Toutes les tiques ne sont pas infectées par la bactérie responsable de cette maladie (de l’ordre d’une sur 5).  La maladie de lyme est une maladie infectieuse, non contagieuse, causée par une bactérie transmise lors de la morsure.

Les symptômes de cette maladie sont très variables et peuvent se manifester de manière épisodique. Chez certaines personnes, l'infection peut passer totalement inaperçue mais il est généralement constaté l’évolution suivante :

Dans les jours ou semaines qui suivent la morsure d’une tique : une plaque rouge en forme de cercle, appelée « érythème migrant », apparaît autour de la zone de morsure et s'étend progressivement. Il peut disparaître tout seul en plusieurs semaines.

Cette réaction de la peau suite à une morsure est très caractéristique et doit inciter à consulter rapidement son médecin ou un pharmacien.

Toutefois, l'apparition de cet érythème migrant n'est pas systématique et pas toujours visible. Aussi  en cas de  maux de tête, fièvre et/ou douleurs dans les membres dans les jours ou semaines qui suivent la morsure de tique, il convient également de consulter son médecin. 

Quelques semaines ou mois plus tard : des atteintes du système nerveux (nerfs, paralysie faciale, méningite, …), des articulations (arthrite du genou surtout) et plus rarement de la peau, du cœur (troubles du rythme) et/ou de l’œil peuvent survenir.

Après plusieurs mois ou années : des atteintes chroniques du système nerveux, des articulations ou de la peau peuvent s'installer.

Après confirmation du diagnostic, le médecin, pourra prescrire un traitement adapté.

 

La prévention reste la première arme pour lutter contre cette maladie.

Des moyens simples existent: 

Avant l'activité

  • Porter des vêtements couvrant la plus grande partie du corps (pantalons et manches longues) ainsi que des chaussures fermées. Les vêtements clairs permettent de repérer rapidement les tiques.
  • Rentrer sa chemise dans le pantalon, et le bas de son pantalon dans ses chaussettes.
  • Vaporiser ses vêtements, chaussures et les parties du corps qui pourraient entrer en contact avec la végétation, de produits anti-tiques (attention aux contre-indications pour les enfants et les femmes enceintes).
  • Utiliser un produit anti-tiques pour vos chiens et chats, qui sont aussi des hôtes nourriciers pour les tiques..

Pendant l'activité

  • Emprunter préférentiellement les sentiers.
  • Eviter les contacts avec les herbes hautes et les broussailles.
  • Examiner régulièrement ses vêtements et les parties de son corps qui sont entrées en contact avec la végétation car les tiques ne se fixent pas immédiatement dans la peau.

Après l'activité

  • Examiner attentivement tout le corps.
  • Porter une attention particulière à la tête et au cuir chevelu des enfants : les plus petites tiques peuvent vous échapper
  • Prendre une douche ou un bain
  • Répéter cet examen pendant les jours qui suivent l'activité.

« Plus le temps passe, plus le risque d’une possible contamination est important »

Il faut donc retirer la tique le plus rapidement possible à l'aide d'un tire-tique (vendu en pharmacie).

Ce qu’il ne faut surtout pas faire en raison du risque de régurgitation des agents infectieux :

  • ne pas presser la tique entre ses doigts, afin de ne pas favoriser le passage de la salive de la tique qui contient les agents infectieux ;
  • ne pas tirer sur la tique et ne pas utiliser de pince à épiler. Outre le risque précédent, la probabilité de « laisser la tête » dans la peau est forte. Cela provoque généralement une petite inflammation, une infection ou la formation d’un kyste ;
  • ne pas utiliser d’alcool, d’éther, d’huile ou de vernis ;
  • ne jamais tenter de brûler la tique avec un briquet

Quand la tique est retirée : 

  • désinfecter la zone de morsure et la surveiller pendant plusieurs semaines ;
  • consulter un médecin en cas d'apparition de symptômes tels que : rougeur cutanée, maux de tête, fièvre et/ou douleurs dans les membres dans les jours ou semaines qui suivent la morsure de tique ;
  • après diagnostic, le traitement adapté pourra être prescrit.

Le programme CiTIQUE : tous acteurs pour faire avancer la recherche ! 

CiTIQUE (des citoyens, des tiques) est un programme de recherche participative porté par l’INRA, le laboratoire d’Excellence ARBRE, le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE) Nancy Champenoux, l’Université de Lorraine et l’ANSES. Il vise à faire avancer la recherche scientifique dans le domaine de l’écologie des tiques et à améliorer la prévention face au risque de piqûre.

Ce programme permet à chacun de signaler les piqûres (y compris sur les animaux) aux chercheurs et d’envoyer les tiques piqueuses au Laboratoire "Tous Chercheurs" de Nancy à Champenoux.

Ces tiques iront enrichir la tiquothèque, une banque de tiques piqueuses unique en France ! Les informations ainsi collectées vont permettre de faire avancer les connaissances sur l’écologie des tiques et de proposer des méthodes de prévention plus efficaces contre les maladies vectorielles à tiques.

Comment signaler les tiques grâce à Citique ?

Il existe trois possibilités pour signaler les morsures :

1) via smartphone à travers l’application gratuite « Signalement TIQUE » (Apple Store - Google Play)

2) via internet www.citique.fr/signaler.

3) via un formulaire papier téléchargeable sur le site www.citique.fr/telechargements.

Un signalement est valide pour un individu à un moment donné. Il ne faut pas mélanger les tiques de plusieurs individus et plusieurs jours pour le même signalement.

Vidéo : 2 mn pour comprendre le programme CiTique

L’ARS ARA se mobilise pour sensibiliser la population à la mise en œuvre d’actions de prévention contre la maladie de Lyme.

 

L’ARS ARA se mobilise pour sensibiliser la population à la mise en œuvre d’actions de prévention contre la maladie de Lyme.

L’ARS a missionné un opérateur pour réaliser des actions de sensibilisation auprès de professionnels relais, des pratiquants d’activités physique en extérieur, du grand public et du public scolaire.

Dans ce cadre une exposition appelée info’tique a été réalisée et est mise à disposition des emprunteurs dans chaque départements. Pour l’emprunter contactez directement la délégation départementale concernée.