Carte montrant l'évolution de la colonisation des communes par des populations du moustique-tigre dans la région Auvergne-Rhône-Alpes avec une forte concentration dans le Rhône.
En Auvergne-Rhône-Alpes, l’année 2025 a été marquée par un niveau élevé de cas d’arboviroses et une progression continue du moustique tigre dans tous les départements. Alors que la période de surveillance de ces maladies débute le 1er mai, l’ARS et Santé publique France dressent le bilan 2025 et rappellent les gestes essentiels pour limiter sa prolifération.
Détecté pour la première fois en 2012, le moustique tigre est désormais implanté dans les 12 départements. Avec 1 328 communes colonisées en Auvergne-Rhône-Alpes (contre 1 192 en 2024), c’est près de 80% de la population qui est exposée au moustique tigre.
Au-delà des nuisances qu’il génère au quotidien, le moustique tigre peut transmettre des virus comme la dengue, le chikungunya ou le Zika lors d’une simple piqûre. La transmission peut être rapide : le moustique pique plusieurs fois au cours de sa vie, favorisant la circulation des virus.
Carte montrant l'évolution de la colonisation des communes par des populations du moustique-tigre dans la région Auvergne-Rhône-Alpes avec une forte concentration dans le Rhône.
La France métropolitaine est désormais exposée à ces maladies, initialement présentes dans les zones tropicales. La région Auvergne-Rhône-Alpes est particulièrement concernée : elle représente 15% des cas recensés en France et est la 2e région la plus touchée.
En 2025, le nombre d’arboviroses dans la région a atteint un niveau élevé, avec une hausse de 25% par rapport à 2024.
Au total, 347 cas importés (personnes malades revenant de voyage) ont été recensés :
Cette augmentation s’explique notamment par les épidémies récentes de chikungunya à La Réunion, de dengue aux Antilles et en Polynésie française.
Graphique représentant la répartition des cas d'arbovirose importés par année du 1er mai au 30 novembre, 2014 - 2025 en Auvergne-Rhône-Alpes
L’année 2025 est également marquée par une hausse significative des transmissions locales. On parle de cas autochtones : les personnes malades n’ont pas voyagé dans les zones considérées à risque.
Au total, en Auvergne-Rhône-Alpes :
Ces foyers ont concerné 6 départements de la région : Drôme, Isère, Savoie, Rhône, Loire, Ain. L’Isère a été le département le plus impacté en nombre de cas et de foyers.
Observées entre juin et octobre, ces transmissions autochtones traduisent un risque désormais bien installé sur le territoire régional.
Carte réprésentant les foyers de transmission autochtone d'arboviroses en Auvergne-Rhône-Alpes pour l'année 2025
Cette hausse du nombre de cas s’accompagne d’une augmentation des interventions de lutte antivectorielle, avec un nombre d’enquêtes terrain et de traitements contre les moustiques tigres en forte hausse. Au total, 326 enquêtes ont été effectuées (212 en 2024) ; 149 de ces enquêtes ont permis d’observer la présence de population de moustique tigre. 134 opérations de démoustication ont été réalisées en 2025 (72 en 2024).
Retrouvez l’ensemble des données dans le bulletin de Santé publique France : Chikungunya, dengue, Zika, West-Nile en Auvergne-Rhône-Alpes. Bilan 2025.
Le moustique tigre se développe dans de faibles quantités d’eau. Tout objet peut servir de lieu de ponte : coupelles de pots de fleurs, arrosoirs, jouets, récupérateurs d’eau de pluie, piscines non entretenues ou encore encombrants. Le moustique tigre vit dans un périmètre d’environ 150 mètres autour du lieu de ponte.
Pour limiter sa présence, il est essentiel d’agir à la source en supprimant les lieux de ponte.
L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande d’adopter trois gestes simples et essentiels :
Les collectivités sont également mobilisées pour sensibiliser les habitants. L’ARS accompagne les communes afin de déployer des actions de prévention et renforcer l’adoption des gestes « ranger, vider, couvrir » sur le terrain. A cet effet, l’ARS met à leur disposition des outils sur une page dédiée: fiches pratiques, affiches, flyers, etc.
Retrouvez tous nos conseils pour lutter contre le moustique tigre
Les voyageurs se rendant dans les zones intertropicales doivent se protéger contre les piqûres de moustiques tigres.
En cas de symptômes pendant le séjour ou au retour (maux de tête accompagnés de fièvre, douleurs articulaires ou courbatures, éruption cutanée), il est fortement recommandé de consulter un médecin en précisant son voyage.
Il est également essentiel de continuer à se protéger des piqûres pendant 15 jours après le retour, afin d’éviter toute transmission locale.
Consultez les recommandations pour se protéger contre les moustiques tigres lors de voyages