Le contrôle sanitaire des eaux de baignade mené par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes

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Le contrôle sanitaire des eaux de baignade est mis en œuvre par les Agences régionales de santé (ARS) durant la saison balnéaire. Il permet de réaliser un classement annuel de la qualité des eaux de baignade en région.
Découvrez comment le contrôle sanitaire et les classements sont réalisés.

Contrôle des eaux de baignade : ce qu’il faut savoir

Objectifs du contrôle des eaux de baignade 

L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes assure le contrôle sanitaire des sites de baignade déclarés conformément à la réglementation européenne et nationale.

Ce contrôle vise à :

  • Vérifier la qualité sanitaire des eaux de baignade et détecter d'éventuelles contaminations ou situations susceptibles de présenter un risque pour la santé des baigneurs ;

  • Demander, lorsque nécessaire, la mise en œuvre de mesures de gestion adaptées au gestionnaire de la baignade (information du public, recommandations ou interdiction temporaire de baignade).

Pour ce faire, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes mandate un laboratoire agréé pour réaliser des constats et mesures de terrain ainsi que des prélèvements d’eau en vue d’analyses en laboratoire pour vérifier la conformité avec les normes en vigueur.  

Les seuils utilisés dans ce cadre sont définis dans la réglementation pour protéger les usagers de la baignade.

L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes et le gestionnaire de la plage informent le public des résultats de ces analyses qui sont affichés sur site. Ce suivi permet de prévenir et d’éviter l’exposition des baigneurs à une eau pouvant présenter des risques sanitaires

Les sites de baignade concernés par ce contrôle  

Le contrôle sanitaire concerne tous les sites de baignade déclarés de la région, qu’ils soient naturels ou artificiels, gratuits ou payants, avec ou sans surveillance. 

Les zones de baignades naturelles se situent dans des eaux de surface telles que des rivières, des étangs ou des lacs, sur des sites où l'on s’attend à ce qu'un grand nombre de personnes se baignent, et où la baignade n'est pas interdite de manière permanente. 

En revanche, les espaces de baignades artificielles sont des installations où l'eau est séparée des eaux de surface ou souterraines par des aménagements, sans que l’eau soit désinfectante, contrairement aux piscines. 

En dehors des sites de baignade déclarés il n’existe aucun contrôle sanitaire de la qualité de l’eau. C’est pourquoi, en l’absence d’information sur la qualité de l’eau, il est recommandé de se baigner sur les sites de baignade déclarés.

A noter que certains gestionnaires d’activités nautiques ou aquatiques peuvent faire le choix de mettre en place une surveillance de leur propre initiative. Les modalités de suivi diffèrent alors du contrôle sanitaire réglementaire mis en œuvre par l'ARS sur les sites de baignade déclarés. 

Quand ce contrôle sanitaire est mis en œuvre ?

Le contrôle sanitaire est réalisé chaque année durant la saison estivale, les dates peuvent différer selon les sites de baignade. Il se concentre sur la période où l'afflux de baigneurs est le plus important.  

Quels sont les germes recherchés lors des contrôles réalisés par l’ARS en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Lors des contrôles des eaux de baignade, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes recherche plusieurs types de germes pouvant présenter un risque pour la santé des baigneurs. Les principaux germes surveillés sont : 

  • Pour les sites de baignade naturelle :
    • Sur l’ensemble des sites : les Escherichia coli (E. coli) et les entérocoques intestinaux.
    • Pour des sites de baignade spécifiques : les cyanobactéries (et le cas échéant leurs toxines) sur certains sites de baignades où des risques de développements ont été identifiés.
  • Pour les sites de baignade artificielle : les Escherichia coli, les entérocoques intestinaux, les Pseudomonas aeruginosa et les staphylocoques pathogènes. 

Ces bactéries sont des germes dont la présence dans l’eau démontre que celle-ci a été contaminée par des matières d’origine fécale, pouvant provenir : 

  • De systèmes d’assainissement, collectifs ou individuels ;
  • De déjections animales (épandages agricoles, pâturages, faune sauvage…) ;
  • Des baigneurs eux-mêmes, en cas de forte fréquentation de la baignade. 

Les bactéries Escherichia coli (E. coli) et les entérocoques intestinaux sont systématiquement recherchées, car elles signalent que l'eau peut être polluée par des agents pathogènes, comme des virus, des parasites ou des bactéries pouvant causer des infections gastro-intestinales, respiratoires ou dermatologiques. 

En complément des paramètres microbiologiques réglementaires, certains sites de baignade font l'objet d'une surveillance spécifique des cyanobactéries lorsque les caractéristiques du milieu ou l'historique du site indiquent un risque de développement.

Les cyanobactéries sont des micro-organismes naturellement présents dans les milieux aquatiques. Certaines espèces peuvent produire des toxines susceptibles d'avoir des effets sur la santé humaine.

Deux types de cyanobactéries peuvent être présentes.

Les cyanobactéries planctoniques

  • Elles se développent dans la colonne d'eau des lacs et plans d’eau.
  • Elles peuvent être observées sous forme d'eau verdâtre, de flocs ou d'accumulations flottantes à la surface.

Certaines peuvent produire des cyanotoxines recherchées dans le cadre du contrôle sanitaire. Les prélèvements d’eau pour analyse sont réalisés dans la colonne d’eau.

Depuis 2022, quatre types de toxines sont recherchées dans les eaux de baignade : les saxitoxines (neurotoxiques), les anatoxines (agissant sur les muscles et le système respiratoire), les microcystines (reprotoxiques, c’est-à-dire pouvant altérer la fertilité) et les cylindrospermopsines (toxiques pour le foie et les reins). 

Les cyanobactéries benthiques

  • Elles se développent sur les fonds, les pierres, les galets, les branchages ou les végétaux immergés.
  • Elles peuvent former des dépôts ou des biofilms parfois visibles sur les berges ou dans les zones peu profondes.

Certaines espèces peuvent également produire des toxines.

Contrairement aux cyanobactéries planctoniques qui peuvent être recherchées dans le cadre du contrôle sanitaire de routine, pour les cyanobactéries benthiques il faut d’abord le constat visuel de ces dépôts qui pourront alors être prélevés pour analyse (ce n’est pas l’eau de baignade qui est analysée dans ce cas).

Fiche cyano planctoniques

Fiche cyano benthiques

En savoir + sur Que faire si des cyanobactéries sont détectées sur un site de baignade ?

Ces germes ne sont recherchés que dans les baignades artificielles. Une présence trop importante dans ces baignades peut traduire :  

  • Une fréquentation excessive de la baignade,
  • Un manque d’hygiène de la part des baigneurs,
  • Un mauvais fonctionnement de la filière de traitement des eaux,
  • Un apport d’eau neuve insuffisant. 

Les Pseudomonas aeruginosa sont des bactéries présentes dans l’eau et les sols pouvant se transmettre entre baigneurs. Les baigneurs sont exposés à des risques d’infections urinaires et de la peau, d’otites et d’infections des yeux. Leur présence peut traduire un manque d’hygiène de la part des baigneurs et/ou une fréquentation excessive de la baignade. 

Les Staphylocoques pathogènes sont des bactéries témoignant d’un risque de contamination inter-baigneurs. Les baigneurs sont exposés à des risques d’infections urinaires, de la peau, du cuir chevelu, d’otites et de conjonctivites. 

Comment est organisé le contrôle sanitaire des eaux de baignade ?

Exemple d'un bulletin sanitaire produit par l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes

Le contrôle sanitaire des eaux de baignade est un processus rigoureux mis en place pour préserver la santé des baigneurs. 

Il se déroule en plusieurs étapes clés, coordonnées par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes en fonction des types de baignade (naturelle, artificielle). 

Tout d'abord, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes répertorie les différents sites de baignade déclarés au préalable par les personnes responsables et organise le contrôle sanitaire durant la saison estivale.  

Le premier contrôle a lieu 10 à 20 jours avant l’ouverture du site de baignade, puis toutes les deux semaines durant la période d’ouverture sauf cas particuliers conduisant à un suivi hebdomadaire. 

Ce suivi renforcé peut être mis en place sur des sites de baignade naturelle où des cyanobactéries ont été détectées, des sites classés insuffisants en raison de contaminations bactériologiques récurrentes, ou des baignades artificielles pour lesquelles la température de l’eau est régulièrement supérieure à 25°C.  

Un laboratoire agréé effectue des prélèvements d’eau directement sur les sites de baignade à des endroits stratégiques (zones où les baigneurs sont les plus nombreux), et réalise les analyses réglementaires demandées par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. 

L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes procède à l'interprétation sanitaire de chaque résultat d'analyses et les transmet au gestionnaire du site de baignade. 

Ces résultats sont ensuite disponibles par affichage sur les lieux de baignades, ainsi que sur le site Baignades du Ministère de la santé pour les baignades naturelles uniquement.

Ces baignades sont soumises au risque de pollution du milieu (comme les baignades naturelles) et de contamination inter-baigneurs (comme les piscines). 

Le renouvellement de l’eau de ces baignades ainsi que l’hygiène des baigneurs doivent être particulièrement surveillés. Une réglementation est applicable sur les baignades artificielles depuis avril 2019. Cette réglementation est plus stricte que pour les baignades naturelles. 

Le contrôle sanitaire porte sur l’eau de la baignade et sur l'eau de remplissage des installations quand il ne s’agit pas d’une eau provenant du réseau public de distribution d’eau potable. 

A la différence des baignades naturelles, les eaux de baignades artificielles ne font pas l’objet d’un classement. 

Contrôle des eaux de baignade: que se passe t’il en cas de non-conformité des résultats ?

En cas de non-conformité de l’eau des sites de baignades déclarés, des mesures immédiates peuvent être demandées par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes pour préserver la santé des usagers. 

Ces mesures peuvent aller jusqu’à la fermeture de la baignade ainsi que la restriction de certaines activités. 

Mesures spécifiques prises en cas de dépassement des seuils sur les baignades naturelles 

Paramètres Valeurs seuils à ne pas dépasser pour une baignade en sécurité Mesures prises par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes 
Bactéries d'origine fécale (Escherichia coli et entérocoques) 

1800 NPP / 100 mL pour les Escherichia coli 

660 NPP / 100 mL pour les entérocoques 

Fermeture du site de baignade par la personne responsable à la demande de l’ARS. 

La personne responsable de la baignade est alors chargée de réaliser une enquête visant à identifier les causes de la contamination de l’eau, et à mettre en place les mesures correctives nécessaires. La réouverture de la baignade est possible une fois que des analyses de recontrôle ont démontré le retour à la conformité de l’eau. 

Toxines de cyanobactéries planctoniques Microcystines : 0,3 µg/L 
Anatoxine-A : pas de détection (si la toxine est détectée, il y a non-conformité) 
Cylindrospermopsine : 42 µg/L 
Saxitoxine : 30 µg/L 

En cas de dépassement de la limite de qualité dans l’eau d’une toxine, la baignade doit être fermée au public. 

L’ARS recommande également aux maires d’interdire la pratique des activités nautiques impliquant une immersion ponctuelle de la tête ou bien un contact étroit prolongé et cutané avec l’eau (ex : planche à voile, paddle, ski nautique, structures gonflables, dériveur, canoë, etc.), ainsi que la consommation des poissons pêchés sur la zone. 

Cyanobactéries benthiques  Dominance de cyanobactéries benthiques dans les échantillons de flocs et biofilm prélevés et détection d’anatoxineEn cas de présence avérée de cyanobactéries benthiques sur un site de baignade, la pratique de la baignade peut être interdite sur tout ou partie du site, selon l’étendue de la contamination. 

Mesures spécifiques prises en cas de dépassement des seuils sur les baignades artificielles 

Limites de qualité applicables dans les baignades 

Paramètres Valeurs seuils à ne pas dépasser pour une baignade en sécurité Mesures prises par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes
Bactéries d'origine fécale (Escherichia coli et entérocoques)  

500 NPP / 100 mL (Escherichia coli) 

200 NPP / 100 mL (Entérocoques) 

Fermeture de la baignade artificielle par la personne responsable à la demande de l’ARS. 

La personne responsable de la baignade artificielle est alors chargée de réaliser une enquête visant à identifier les causes de la contamination de l’eau, et à mettre en place les mesures correctives nécessaires. La réouverture de la baignade artificielle est possible une fois que des analyses de recontrôle ont démontré le retour à la conformité de l’eau. 

Pseudomonas aeruginosa 100 UFC / 100 mL 
Staphylocoques pathogènes 20 UFC / 100 mL 

Pourquoi la baignade peut-elle être interdite sans résultat non conforme ?

La baignade peut être interdite préventivement même en l’absence de résultat d’analyse non conforme.

En effet, grâce au profil de baignade, les gestionnaires connaissent mieux les situations pouvant entraîner une dégradation de la qualité de l’eau sur leur site. C’est notamment le cas des baignades sensibles aux fortes pluies, aux rejets accidentels ou aux proliférations de cyanobactéries.

Lorsque ces situations à risque sont identifiées, le gestionnaire ou le maire peut décider de fermer temporairement la baignade, sans attendre les résultats d’analyses. Cette mesure permet d’éviter l’exposition des baigneurs à un risque sanitaire déjà connu ou fortement suspecté, alors que les résultats de laboratoire peuvent nécessiter un délai de confirmation (jusqu’à 72 heures).

Ces fermetures préventives relèvent d’une bonne gestion sanitaire du site. Elles sont prévues par le Code de la santé publique, qui permet une fermeture temporaire en cas de danger susceptible d’affecter la santé des baigneurs, avec information du public sur les causes et la durée de la fermeture.

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