Santé mentale : feuille de route régionale 2025–2028 en Auvergne-Rhône-Alpes

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L'Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes se dote d’un cadre stratégique et transversal autour de la politique de santé mentale. Retrouvez les axes et orientations retenus pour 2025-2028 sur l’ensemble des champs.

Les constats et enjeux de la santé mentale en Auvergne-Rhône-Alpes

Les troubles psychiques et les maladies mentales touchent près d’un Français sur cinq, soit 13 millions de personnes. Ils représentent la troisième cause de maladies après les cancers et les pathologies cardiovasculaires et constituent une source majeure de handicap et d’inégalités sociales

En Auvergne-Rhône-Alpes, le contexte sanitaire et social a renforcé les besoins d’accompagnement psychologique et psychiatrique. 

Même si entre 2000 et 2021, le taux de mortalité par suicide en Auvergne-Rhône-Alpes a baissé de 36%, cette diminution ne doit pas faire perdre de vue que 951 décès par suicide ont été recensés en 2021 dans la région (contre 965 en 2020). C’est 2,7 fois plus de décès que ceux liés aux accidents de la route. 

Le bulletin publié par l’Observatoire régional de la santé Auvergne-Rhône-Alpes en février 2025 met en évidence que des inégalités de mortalité par suicide persistent selon l’âge, le sexe, le lieu de résidence ou l’indice de défavorisation sociale :

  • Trois décès par suicide sur quatre concernent des hommes.
  • Le suicide constitue la première cause de mortalité chez les 25-34 ans et la deuxième chez les 15-24 ans​.
  • Les 45-64 ans, quel que soit leur sexe, concentrent le plus de décès par suicide : 40,5% en Auvergne-Rhône-Alpes.

La mortalité par suicide est en augmentation dans la Loire (augmentation chez les femmes entre 2017 et 2020), en Haute-Loire (augmentation depuis 2018 chez les hommes et les femmes) et en Haute-Savoie (augmentation depuis 2016 chez les hommes et les femmes).

Depuis 2019, on note dans la région une augmentation des décès par suicide des 15-19 ans. D’autre part, les hospitalisations pour tentative de suicide, en hausse significative chez les jeunes depuis 2019, mettent en lumière une souffrance psychologique croissante. Il est crucial de renforcer les dispositifs ciblés sur ces publics à l’échelle de la région. 

Cette priorité se traduit notamment au travers d’un axe de la feuille de route régionale santé mentale spécifiquement dédié à ce public et au soutien de l’ARS à de nombreux programmes de prévention du suicide et de promotion de la santé mentale auprès des publics jeunes. 

La stratégie régionale portée par l’ARS : une dynamique régionale collective et décloisonnée 

La feuille de route régionale santé mentale 2025–2028 s’inscrit dans le cadre des priorités nationales, tout en tenant compte des spécificités territoriales. 

Pour rappel, le Schéma Régional de Santé (SRS) Auvergne-Rhône-Alpes en vigueur prévoit le renforcement des actions en matière de santé mentale, structuré autour de 2 axes :

  • Le renforcement de la promotion du bien être mental, de la prévention et du repérage précoce de la souffrance psychique, notamment chez les enfants et les jeunes ;
  • Le renforcement et la structuration de la coopération en santé mentale dans les territoires, en lien étroit avec les élus et les associations.

Élaborée par l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, la feuille de route est le fruit d’un travail de concertation avec les acteurs des territoires : collectivités, structures, établissements, professionnels, associations et usagers. 

Cette stratégie a pour objectif d’une part l’accès à des parcours de prévention, de repérage et de soins, et d’autre part la mobilisation transversale traversed l’ensemble des secteurs et des acteurs des au travers de coopérations.

L’ARS coordonne la mise en œuvre de la stratégie, en lien avec les acteurs régionaux et départementaux. La territorialisation est au cœur de la démarche : les Projets territoriaux de santé mentale et Contrats locaux de santé mentale seront des relais sur le terrain pour décliner les priorités et accompagner les acteurs au plus près des besoins.

Les axes et objectifs prioritaires

La feuille de route régionale s’articule autour de quatre axes stratégiques et 31 objectifs :

  1. Prévention et promotion du bien-être mental : lutte contre la stigmatisation, prévention du suicide.
  2. Renforcement de l’offre de soins : repérage précoce, accès facilité, équipes mobiles de crise, coordination entre acteurs, déploiement de la réhabilitation psychosociale.
  3. Inclusion et rétablissement : soutien à la pair-aidance, accompagnement des aidants, accès au logement et à l’emploi, meilleure prise en charge des personnes en situation de précarité.
  4. Santé mentale des jeunes : dispositifs de prévention (missions locales, programme « Sentinelles et référents », ambassadeur en santé mentale etc..), développement des compétences psychosociales, Maisons des Adolescents etc…

Focus sur la santé mentale des jeunes 

Un consensus général s’est formalisé autour de la vigilance particulière sur la santé mentale des jeunes. 

Plusieurs exemples de dispositifs soutenus par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes qui visent à soutenir et repérer :

  • 17 Maisons des adolescents (MDA) installées en Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’agit de lieu d’accueil, d’écoute et d’accompagnement pour les jeunes de 11 à 25 ans et leurs parents. Les MDA accueillent de façon inconditionnelle, gratuite et confidentielle, avec ou sans rendez-vous. Elles peuvent apporter aux jeunes ou à leurs parents une aide face à des difficultés pouvant avoir un impact sur la santé mentale : mal être, difficultés scolaires ou relationnelles, conduites de rupture, violentes ou dépendantes, décrochage social, etc.
  • La mise à disposition de temps de psychologues dans les missions locales dans la région : 61 missions locales d’Auvergne-Rhône-Alpes, sont dotées d’un temps de psychologues financés par l’ARS ;
  • Depuis 4 ans, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes soutient l’association Nightline, service d’écoute nocturne gratuit pour les étudiants. L’antenne s’est créée dans la région, grâce à l’implication de la Communauté d’universités et d’établissements (Comue) de l’Université de Lyon ;
  • Le soutien du programme Ambassadeur en santé mentale (CNR), au sein des 9 départements identifiés, qui s’appuie sur un collectif de jeunes volontaires en service civique formés aux problématiques de santé mentale qui déploient plusieurs types d’actions combinées : interventions collectives au sein de structures d’accueil de jeunes, interventions sur les réseaux sociaux ou encore participation à des permanences d’écoute de jeune à jeune.
  • Depuis 2017, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes soutient le déploiement du programme de lutte contre le harcèlement « Sentinelles et référents »  en lien étroit avec les 3 académies de la région pour garantir l’articulation de ce programme avec les ressources déjà développées au sein de l’Education nationale, tels que le programme PHARE ou le kit empathie