Un appel à projets qui accélère le développement de la téléexpertise
La téléexpertise permet à un professionnel de santé de solliciter à distance l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme pour l’éclairer dans la prise en charge d’un patient. Elle facilite l'accès à une expertise spécialisée tout en renforçant la coordination entre les professionnels.
Pour accélérer son déploiement, l'Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes a lancé en 2024 un appel à projets destiné à accompagner les établissements de santé et les structures d'exercice coordonné dans la mise en place d'organisations de téléexpertise. Sur les 42 candidatures reçues, 13 projets ont été retenus.
Pendant près de deux ans, les équipes lauréates ont bénéficié d'un accompagnement associant un soutien financier de l'ARS et un appui méthodologique et opérationnel du GCS Sara. Au total, 77 comités de pilotage ont permis de suivre les projets, d'accompagner les équipes et de lever les difficultés rencontrées.
Des résultats encourageants pour les professionnels et les patients
À l’issue de l’appel à projets régional, les résultats témoignent d’une dynamique forte de déploiement de la téléexpertise et de son appropriation progressive par les professionnels de santé.
Les projets soutenus couvrent désormais plus de 40 spécialités médicales. L’accompagnement des projets a permis de former les professionnels, de structurer les organisations et de développer progressivement les usages. En 17 mois, l’activité de téléexpertise des structures accompagnées a été multipliée par plus de quatre.
Les retours des porteurs de projet mettent en évidence de nombreux bénéfices :
- un accès plus rapide à un avis spécialisé
- une meilleure prise en charge des situations cliniques complexes
- un renforcement de la coopération entre professionnels de santé
- une meilleure orientation des patients
- une réduction des délais de prise en charge dans certaines situations.
Des bénéfices concrets dans les territoires
En cancérologie, la téléexpertise contribue à accélérer le repérage de lésions cutanées suspectes. Le Centre Léon Bérard, en partenariat avec les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) Masseurs-Kinésithérapeutes et Pharmaciens, a expérimenté un dispositif permettant à ces professionnels de solliciter rapidement l’avis de dermatologues. En 15 mois, plus de 400 patients ont bénéficié de ce dispositif et 130 lésions malignes ont été identifiées.
Dans le sud de l’Ardèche, le Centre hospitalier (CH) d’Ardèche méridionale a mobilisé 20 EHPAD volontaires autour d’une offre de téléexpertise en gériatrie et en géronto-pharmacologie. Les EHPAD peuvent ainsi solliciter à distance l’expertise hospitalière, notamment pour anticiper certaines prises en charge, organiser des hospitalisations programmées et contribuer à éviter certains passages aux urgences. Le projet a également contribué à sensibiliser les professionnels aux enjeux liés à la polymédication et aux interactions médicamenteuses.
À Roanne, l’enjeu était d’inscrire durablement la téléexpertise dans l’organisation hospitalière. En 11 mois, le Centre hospitalier de Roanne a structuré un processus de téléexpertise robuste et doublé le nombre de services opérationnels, passant de 6 à 12. Cette dynamique d’extension à de nouvelles spécialités est également observée au CH Alpes Léman, au CH Le Vinatier, au CH de Montluçon-Néris-les-Bains, au CHU de Clermont-Ferrand, au CHU Grenoble Alpes et au CHU de Saint-Étienne.
Une dynamique appelée à se poursuivre
Au-delà de l'augmentation de l'activité, l’appel à projets a permis d’expérimenter et de consolider des organisations adaptées aux réalités des territoires, en associant établissements de santé, professionnels de ville, structures d’exercice coordonné et établissements médico-sociaux.
À l’issue de l’accompagnement, la quasi-totalité des porteurs considèrent leur projet comme une réussite et tous souhaitent poursuivre la dynamique engagée.
L’enjeu est désormais de consolider ces organisations et de favoriser leur changement d’échelle : élargir les réseaux de professionnels requérants et requis, ouvrir de nouvelles spécialités et inscrire durablement la téléexpertise dans les parcours de soins, au service d’un accès plus rapide et équitable à l’expertise médicale.



