Cancers : une nouvelle feuille de route régionale pour 2026-2030

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Rubans de différents couleurs représentant la lutte contre les différents cancers

L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes publie sa feuille de route Cancers 2026-2030. Elle poursuit la déclinaison de la stratégie de lutte contre les cancers 2021-2030 et fixe les priorités pour les 5 prochaines années : réduire les inégalités territoriales face aux cancers et permettre à chacun de bénéficier des progrès en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge pendant et après le cancer.

Cancers en Auvergne-Rhône-Alpes : données épidémiologiques

Les cancers restent la première cause de décès en Auvergne-Rhône-Alpes. Si la mortalité par cancer est inférieure de 4% à celle observée en France hexagonale et la mortalité prématurée inférieure de 12% sur la période 2017-2023, ces résultats régionaux masquent de fortes disparités territoriales. 

Ainsi, dans la première feuille de route 2022-2025, un « arc de défaveur Cancers » avait été identifié car concentrant plusieurs facteurs de vulnérabilité : vieillissement de la population, précarité sociale, moindre densité médicale, exposition à certains facteurs environnementaux, etc. Cet arc concerne 6 départements : l’Allier, le Cantal, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme ainsi que le sud de l’Ardèche et de la Drôme. 

Autre donnée : l’évolution de l’incidence diffère fortement selon les cancers. Entre 2017 et 2023, elle a diminué pour le cancer du sein (-3,1%), le cancer colorectal (-5%) et le cancer du col de l’utérus (-24%). 

À l’inverse, elle a fortement progressé pour le mélanome cutané (+24%), le cancer du poumon (+8%) et le cancer du pancréas (+15,7%). Les cancers de mauvais pronostic – notamment les cancers bronchopulmonaires, de l’ovaire et du pancréas – représentent environ 22% des cancers diagnostiqués dans la région.

2022-2025 : une première feuille de route qui a permis de structurer l’action régionale

La première feuille de route Cancers Auvergne-Rhône-Alpes comptait 75 actions. Son bilan fait ressortir plusieurs avancées, notamment : 

  • Le développement des actions de prévention et d’« aller vers » pour les dépistages, telles que le Pneumobile,
  • La mobilisation autour de la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) dans les collèges,
  • L’organisation des dispositifs de cancérologie notamment ceux des adolescents et jeunes adultes et des personnes âgées,
  • L’amélioration de la visibilité des soins oncologiques de support,
  • Le développement de nouvelles organisations et innovations dans les prises en charge,
  • La structuration de l’offre de soins avec 102 sites d’établissements autorisés au traitement du cancer en Auvergne-Rhône-Alpes depuis décembre 2025.
  • En termes d’équipement, la région disposait par ailleurs de 160 appareils d’imagerie par résonance magnétique installés en octobre 2025, contre 124 en octobre 2021, soit 36 équipements supplémentaires.

Le bilan souligne ainsi les défis qui restent à relever : fortes disparités territoriales, participation encore insuffisante à certains dépistages, accès inégal aux soins oncologiques de support, nécessité de renforcer le lien entre la ville et l’hôpital, de mieux coordonner les différents acteurs des parcours et d’améliorer les délais de diagnostic, d’entrée et de prise en charge dans les parcours.

2026-2030 : réduire les inégalités et renforcer les parcours

La nouvelle feuille de route s'appuie sur ces enseignements et sur un état des lieux actualisé : 

  • 7 localisations sont retenues comme prioritaires : sein, colorectal, poumon, col de l’utérus, mélanome cutané, ovaire et pancréas.
  • L’« arc de défaveur Cancers reste également un axe prioritaire transversal pour les actions 2026-2030.
  • Enfin, une attention particulière est portée aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap, aux enfants, adolescents et jeunes adultes (AJA) ainsi qu’aux personnes en situation de précarité.

La feuille de route 2026-2030 comprend 25 actions, organisées autour de quatre axes de la stratégie décennale de lutte contre les cancers :

  1. améliorer la prévention, dès le plus jeune âge, et renforcer les dépistages ;
  2. limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie pendant et après le cancer ;
  3. lutter contre les cancers de mauvais pronostic, en améliorant notamment la détection et les parcours ;
  4. s’assurer que les progrès bénéficient à tous, quels que soient l’âge, la situation sociale ou le lieu de vie.

De nouveaux projets viennent concrétiser ces priorités avec :

  • le développement des actions de dépistage « d’aller vers » telles qu’un projet de mammobile ou encore le programme pilote  IMPULSION (IMPlémentation du dépistage du cancer PULmonaire en populatION) associant dépistage du cancer du poumon et aide à l’arrêt du tabac,
  • la structuration de parcours de détection précoce des cancers de la peau ou encore le déploiement de Cancerdiag (un guichet unique de diagnostic rapide des cancers) et l’amélioration des délais d’entrée dans les parcours cancers du sein, du colon, du pancréas et de l’ovaire.

Une feuille de route construite et mise en œuvre avec les acteurs régionaux

La feuille de route est pilotée par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes et repose sur une mobilisation collective des acteurs de la prévention, du dépistage et de la cancérologie.

Elle associe notamment le Centre régional de coordination des dépistages des cancers Auvergne-Rhône-Alpes, le Dispositif spécifique régional du cancer ONCO AURA, les Centres de coordination en cancérologie, l’Assurance Maladie et la Mutualité sociale agricole, les établissements de santé, les professionnels de ville, les Communautés professionnelles territoriales de santé, les acteurs de l’hospitalisation à domicile et les associations.

La stratégie sera également déclinée dans les 12 départements de la région, autour de trois leviers prioritaires : les dépistages organisés, les soins oncologiques de support et le suivi territorial des Centres de coordination en cancérologie et des autorisations de traitement du cancer.