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La tuberculose

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Qu'est-ce que la tuberculose ? Comment se soigner ? Comment la prévenir ? Où se faire vacciner ?
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La tuberculose provoquée par une bactérie touche le plus souvent les poumons. Bien qu’elle soit curable et évitable, c'est une maladie grave. En 2015, 10,4 millions de personnes ont contracté cette maladie dans le monde et 1,8 million en sont mortes.

La transmission de la tuberculose est essentiellement aérienne lors de toux, d'éternuements ou postillons..Après exposition au bacille de Koch (nom de la bactérie responsable de la tuberculose encore appellé mycobactériom tuberculosis), un certain nombre de personnes vont être infectées et environ 10% d'entre elles vont secondairement développer la maladie dans les premières années suivant l'infection. Il faut donc bien distinguer l'infection tuberculeuse (non contagieuse) de la maladie tuberculeuse (potentiellement contagieuse).

Les signes évocateurs de la tuberculose pulmonaire sont une toux persistante, une fièvre prolongée, des sueurs nocturnes, la présence de sang dans les crachats et un amaigrissement. Le risque de développer une tuberculose maladie à la suite d'une infection tuberculeuse est plus important pour les enfants et les personnes immunodéprimées.

La tuberculose maladie est une maladie à déclaration obligatoire (MDO) depuis 1964, et l'infection tuberculeuse latente chez les moins de 15 ans depuis 2003.

Le médecin déclarant doit signaler et transmettre un formulaire de notification au service de la veille sanitaire de l'ARS qui l'adresse dans les 48 heures au Centre de Lutte Anti-Tuberculeuse de son département.
 

Le traitement de la tuberculose associe plusieurs antibiotiques sur une durée prolongée habituellement de 6 mois. Une prise régulière et effective du traitement pendant toute sa durée est essentielle, car elle permet de guérir le malade, limiter la période pendant laquelle le malade est contagieux mais également de prévenir le développement de résistances aux antibiotiques.

L'émergence et l'augmentation  des formes résistantes aux antibiotiques posent un problème de santé publique. Même si ces formes restent peu fréquentes en France (une centaine de nouveau cas par an), l'ensemble des acteurs de la lutte contre la tuberculose doivent se mobiliser pour les prévenir, poser un diagnostic le plus précoce et prendre en charge les patients porteurs d'une tuberculose à bacilles multi résistants (MDR) de manière spécifique.

L’identification rapide des cas de tuberculose maladie que ce soit dans le cadre d’une recherche active de cas (investigation autour de cas de tuberculose ou dépistage systématique) ou dans le cadre d’un recours spontané aux soins, et leur prise en charge appropriée restent les éléments les plus importants de la lutte antituberculeuse. Ils permettent de limiter la transmission de l’infection dans la communauté tout en prévenant le développement de la résistance aux médicaments antituberculeux.

Les autres éléments de la lutte antituberculeuse comprennent :

  • le traitement des infections tuberculeuses identifiées chez les enfants, d’une part, et les adultes les plus à risque de développer la maladie, d’autre part ;
  • la vaccination par le BCG des enfants les plus à risque de développer une tuberculose.

La vaccination par le BCG

La vaccination par le BCG n’a pas d’impact significatif sur l’épidémiologie de la tuberculose : il s’agit d’un moyen de protection individuelle des jeunes enfants contre les formes graves de la tuberculose, notamment la redoutable méningite tuberculeuse naguère à l’origine d’une lourde mortalité et de séquelles.

Depuis 2007 la vaccination par le BCG n’est plus obligatoire : dans un contexte d’incidence basse de la tuberculose la balance bénéfice-risque de cette vaccination était devenue défavorable (ce vaccin pouvant être à l’origine de complications locales ennuyeuses sinon graves) chez les enfants à bas risque de tuberculose. Par contre, cette vaccination est fortement recommandée pour les enfants à risque élevé de tuberculose, ce risque étant lié au fait d’être originaire de pays où l’incidence de la tuberculose est élevée, ou de vivre dans une zone géographique où l’incidence de la tuberculose est élevée (Ile de France, Guyane).

La couverture vaccinale par le BCG s’est effondrée avant la levée de l’obligation lorsque de vaccin BCG intradermique est devenu le seul vaccin disponible. La raison essentielle est la crainte d’effets secondaires locaux de la part des médecins souvent peu à l’aise avec la technique de l’injection intradermique. Des enquêtes récentes ont montré qu’en dehors de l’Ile-de-France (où la couverture vaccinale est meilleure) seulement 60% des enfants relevant de la vaccination le sont réellement. Les enquêtes montrent que l’acceptabilité des familles vis-à-vis de cette vaccination reste bonne et n’est pas vécue comme une mesure discriminatoire.

La conséquence risque d’être une augmentation de l’incidence de la tuberculose chez les enfants et la réapparition des formes graves, d’autant que dans les vastes zones urbaines le risque doit être proche de celui qui est observé en Ile de France.

Les médecins doivent apprendre ou réapprendre la technique intradermique ou, à défaut, diriger les familles vers les centres qui la pratiquent couramment. La vaccination devrait en outre être proposée et réalisée dans les maternités avant le retour à domicile.

Le dépistage et la vaccination se déroulent au sein des comités de lutte contre la tuberculose (CLAT)

La mission des CLAT est de coordonner et d'organiser la lutte contre la tuberculose.

Les CLAT réalisent gratuitement :

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La tuberculose en France

En France, le nombre de cas de tuberculose maladie déclarés, en baisse depuis 1972, était de 4 741 cas en 2015, soit 7,1 cas pour 100 000.

Il existe de grandes disparités territoriales et populationnelles : l' Ile-de-France, la Guyane et Mayotte sont les régions les plus touchées par cette maladie en France.

La tuberculose  touche principalement les populations en situation de précarité (personnes sans domicile fixe), les migrants en provenance de régions où les prévalences de la tuberculose et de l’infection à VIH sont élevées, et les personnes âgées. On trouve également des taux de déclaration plus élevés auprès des personnes vivant en collectivité (établissement pénitentiaires)
 

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