Un produit dont les dangers restent largement sous-estimés
Le protoxyde est souvent considéré, à tort, comme un produit festif sans danger. Pourtant, son inhalation peut entraîner des complications de santé graves : fourmillements dans les membres, incontinence, paralysie, troubles de la mémoire, anxiété, etc.
En plus des conséquences sur la santé, l'usage détourné du protoxyde d'azote soulève des enjeux importants en matière de sécurité publique. Les effets psychoactifs altèrent en effet la vigilance, les capacités psychomotrices et le comportement des consommateurs, augmentant ainsi les risques d'accidents, notamment sur la route.
Une région fortement touchée par l’usage détourné du protoxyde d’azote
En Auvergne-Rhône-Alpes, les professionnels de santé constatent depuis plusieurs années une augmentation des situations nécessitant une prise en charge spécialisée :
- près de 530 patients recensés entre 2021 et 2025 par les Centres d’addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble ;
- plus d'un cas sur deux présentaient des complications graves ;
- 150 téléconsultations dédiées réalisées par les Hospices Civils de Lyon en un an ;
- d’après les statistiques nationales des Centres Antipoison, la région Auvergne-Rhône-Alpes est la 4ᵉ région française la plus concernée par l'usage détourné du protoxyde d'azote.
Or, les données disponibles restent inférieures à la réalité des usages observés sur le terrain. En effet, les complications liées à son usage sont sous-déclarées et ne font pas systématiquement l’objet d’un signalement ou d’une prise en charge médicale.
Des dispositifs régionaux pour le repérage précoce et l’accompagnement des patients
Face à cette situation, les Hospices Civils de Lyon (HCL) ont structuré une prise en charge associant addictologie, neurologie et toxicologie. Depuis fin 2024, une téléconsultation dédiée permet aux consommateurs ou à leurs proches d’échanger rapidement avec un professionnel de santé afin d’évaluer leur situation et d’être orientés vers un parcours de soins adapté.
Les jeunes concernés par une consommation régulière de protoxyde d’azote peuvent aussi bénéficier d’un accompagnement gratuit et confidentiel au sein des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) et des Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Ces structures permettent d’échanger avec des professionnels, d’obtenir des conseils et, si nécessaire, d’être orienté vers une prise en charge adaptée.
Des actions de prévention pour sensibiliser les jeunes et leur entourage
La prévention du protoxyde d’azote mobilise de nombreux partenaires : collectivités territoriales, établissements scolaires, structures spécialisées en addictologie, associations, professionnels de santé et services de l’État.
Jusqu’en septembre 2026, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes relaie, aux côtés de la Préfecture de région, la campagne nationale d’information sur les risques liés à la consommation de protoxyde d’azote (réseaux sociaux, bars et boîtes de nuits, etc.).
Un kit de communication est à disposition des collectivités, établissements scolaires, clubs sportifs, etc. sur le site de la sécurité routière.
Photo intitulée : "Choisis bien ton ballon"
4 jeunes portent un ballon différent : ballon de football, ballon de basket, ballon de rugby et ballon de baudruche avec une bonbonne de protoxyde d'azote
Exposition réalisée par des jeunes de Saint-Priest avec le photographe Vincent Delesvaux
Cette campagne vient en complément des initiatives locales mises en œuvre par les mairies, par exemple, ou des actions de sensibilisation organisées par les acteurs de la santé, comme les Hospices Civils de Lyon.
À Saint-Priest, des membres du Conseil municipal des jeunes et du Pôle Enfance-Famille Garibaldi ont été formés pour expliquer à leurs pairs les risques liés au protoxyde d’azote. Ils ont également réalisé une exposition photo avec le photographe Vincent Delesvaux.
Cette campagne vient également s’ajouter aux nombreuses actions de prévention soutenues par l’ARS, pour l’ensemble des addictions :
- interventions dans les établissements scolaires, centres de formation et structures jeunesse ;
- actions de sensibilisation dans les quartiers prioritaires et les espaces publics ;
- accompagnement des acteurs de terrain ;
- formations des professionnels de l’éducation et de l’animation ;
- développement des compétences psychosociales chez les enfants et les adolescents.
En 2025, l’ARS a ainsi dédié un budget de 2,3 millions d’euros pour l’ensemble de ces actions de prévention auprès des jeunes.



