Pourquoi faire évoluer les pratiques sur le sujet des aidants ?
Accompagner un aidant passe par l’intégration de sa réalité dans l’accompagnement global de la personne aidée. Plusieurs priorités : mieux repérer et informer les aidants, développer les solutions de répit, prévenir l’épuisement et reconnaître les aidants comme des acteurs à part entière des parcours. En pratique, les 5 réflexes sont :
- repérer les situations d’aidance, y compris lorsqu’elles ne sont pas nommées ;
- reconnaître la place de l’aidant, sans jugement ni injonction ;
- évaluer les besoins dans leur globalité, en respectant la temporalité de la personne ;
- co-construire une réponse réaliste, progressive et adaptée ;
- orienter vers les ressources du territoire et les dispositifs de soutien ou de répit.
Ressource à télécharger : Evolution des pratiques professionnelles face aux enjeux actuels | |
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| Autrices | Aylin Ayata, cheffe de projet, service recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) Elisabeth Blanchard-Freund, cadre sage-femme retraitée, proche aidante, administratrice de l'Association française des aidants |
| Date de publication | 10 mars 2026 |
| Mots clés | répit, aidants, évolution des pratiques |
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Le répit : une approche élargie
Le répit est un accompagnement permettant à une personne de se reconnaître comme aidant, de faire une pause, de se ressourcer et de prendre du recul sur sa situation. Une solution de répit doit être modulable, évolutive et adaptée à la singularité de chaque situation.
Quelques repères pour les professionnels
1. L’aidance recouvre des situations très diverses
Il n’existe pas un profil unique d’aidant. Les situations concernent les personnes âgées, le handicap, les maladies chroniques, les troubles psychiques, l’enfance, ou encore la multi-aidance. Les aidants peuvent être actifs, vieillissants, jeunes, peu repérables ou déjà très engagés dans les démarches.
2. Les freins au recours sont nombreux
Le non-recours au soutien ou au répit ne relève pas d’un seul facteur. Les freins peuvent être liés :
- à la difficulté à se reconnaître comme aidant ;
- à la méconnaissance des droits et de l’offre ;
- au sentiment de culpabilité ou de conflit de loyauté ;
- à la peur de déléguer, de l’intrusion ou du jugement.
3. Le rythme de l’aidant doit être respecté
L’aidant a besoin de temps pour reconnaître sa situation, mesurer ses impacts et envisager une aide extérieure. Plusieurs entretiens peuvent être nécessaires avant qu’une solution de soutien ou de répit soit acceptée.
Posture professionnelle : quelques repères concrets
Reconnaître sans juger
Le premier enjeu est de mettre en valeur l’aidant, sans lui donner le sentiment qu’on vient évaluer ce qu’il fait. La bonne entrée consiste à reconnaître son engagement et à ouvrir un espace où il peut parler de ce qu’il vit.
Questionner avec tact
Le professionnel peut aider l’aidant à cheminer en l'écoutant, en l’interrogeant sur son vécu, ses difficultés, ses besoins, ses ressources, et les effets de l’aidance sur sa santé, sa vie sociale ou son activité professionnelle.
Penser bénéfice mutuel
L’accompagnement vise aussi à préserver l’équilibre du binôme aidant/aidé, la qualité de la relation et la continuité de l’accompagnement.
Partir de l'expérience et de la connaissance de l'aidant
L'aidant a développé des compétences dans son quotidien auprès de son proche. Ces savoirs d'expérience permettent de co-construire de façon adaptée le projet de parcours dans une logique d'autodétermination et de pouvoir d'agir du couple aidant-aidé.
Repérer les signaux d’alerte
Plusieurs signaux doivent alerter les professionnels :
- fatigue persistante, troubles du sommeil, irritabilité ;
- anxiété marquée, humeur dépressive, sentiment d’impasse ;
- difficultés scolaires ou au travail, arrêts répétés, perte d’emploi, tensions financières ;
- santé qui se dégrade, renoncement à ses propres soins ;
- isolement social, arrêt des loisirs.
Ces signes ne suffisent pas à eux seuls à qualifier une situation, mais ils justifient d’ouvrir le dialogue et d’explorer des relais.
Mieux accompagner les jeunes aidants
Les jeunes aidants ne sont pas “des aidants adultes en plus jeunes”. L’enjeu pour les professionnels est d’abord de prendre en compte l’impact de la situation sur leur vie d’enfant, d’adolescent ou de jeune adulte.
Plusieurs points de vigilance sont à prendre en compte :
- entre 0 et 6 ans : âge de la vulnérabilité et de la dépendance à l’adulte
- entre 7 et 11 ans : âge des apprentissages
- entre 12 et 18 ans, la période est marquée par la transformation et la construction identitaire ;
- entre 19 et 25 ans, elle correspond à l’émancipation ;
- communiquer n’est pas simple ;
- les besoins ne sont pas toujours conscients ni exprimés ;
- la reconnaissance de ce qu’ils vivent est essentielle.
Les besoins sont très concrets : être accompagné et, si besoin, avoir accès à des soins ; besoin de répit et de sortie de l’isolement ; besoin d’information adaptée à l’âge ; besoin de stabilité, de sécurité, de repères ; besoin d’être rassuré sur la bonne prise en charge du proche.
Sur ce sujet des jeunes aidants, consultez la présentation de l’association Pause Brindille ci-dessous.
Ressource à télécharger : Les jeunes aidants, mieux repérer et adapter le soutien | |
|---|---|
| Autrices | Axelle Enderlé, fondatrice et directrice, association La Pause Brindille Hélène Davtian, docteure en psychologie, UNAFAM, jeunes proches et parentalité, coordinatrice Collectif Etincelles & Co |
| Date de publication | 10 mars 2026 |
| Mots clés | répit, jeunes aidants, handicap |
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Orienter vers les bonnes ressources
Un bon accompagnement repose aussi sur une bonne connaissance de l’écosystème local et national. Parmi les ressources disponibles se trouvent :
- les Maisons départementales des personnes en situation de handicap (MDPH) ;
- les plateformes d’accompagnement et de répit ;
- les conseils départementaux ;
- les points d’information locaux ;
- les Dispositifs d’appui à la coordination (DAC) ;
- les Communautés 360 ;
- les CCAS / CIAS ;
- les Centres de ressources territoriaux (CRT).
Des ressources numériques et lignes d’écoute existent également, comme Ma Boussole Aidants, Mon Horizon Aidant, Santé Info Droits ou Avec Nos Proches.
Enfin, plusieurs réseaux associatifs peuvent être mobilisés selon les situations : Association française des aidants, UNAFAM, France Alzheimer, Association nationale des jeunes aidants, La Pause Brindille, entre autres.
Consultez la page ressources à destination des aidants
Ressource à télécharger : Ressources parcours aidant | |
|---|---|
| Autrice | Agnès Casado, responsable de missions politiques publiques de santé, Alcimed |
| Date de publication | 10 mars 2026 |
| Mots clés | repérage, orientation, aidants |
| Accéder à la ressource |
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