Des investissements massifs pour prévenir les accidents du travail
Dès 2019, dans le cadre du plan d’attractivité des métiers de l’autonomie et sa stratégie en faveur de l’amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail, l’ARS a engagé des financements importants pour accompagner les Établissements médico-sociaux (ESMS) du secteur des personnes en situation de handicap et les EHPAD. Cet accompagnement permet de les équiper en dispositifs visant à réduire les accidents du travail et les risques liés à l’activité physique.
Ces investissements furent complétés à partir de 2021 dans le cadre du Plan d'aide à l'investissement (PAI - Ségur).
Chiffres clés :
- Plus de 50 millions € de crédits en faveur des conditions de travail dans les établissements depuis 2019
- 65 % des établissements médico-sociaux sont désormais équipés de rails de transfert
- 50 % d'entre eux constatent une baisse des arrêts de travail
Ces financements ont notamment permis :
- l’installation de rails de transfert et autres dispositifs équivalents à destination des professionnels ;
- l’acquisition d’équipements facilitant la mobilisation des résidents ;
- le déploiement de formations, avec l’appui de partenaires tels que l’Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail (ARACT) et l’Opérateur de compétences santé (OPCO Santé) pour développer des pratiques préventives et former tous les professionnels des équipes ainsi que les dirigeants.
En 2025, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a été dotée de 3,3 millions d’euros de crédits au titre du fonds de lutte contre la sinistralité pour le secteur médico-social et 1,9 million pour les EHPAD dans le cadre du Fonds d’intervention régional (FIR).
Elle a poursuivi et renforcé cette dynamique en mobilisant des financements complémentaires pour la formation des professionnels et l’accompagnement des pratiques QVCT durables au sein des établissements.
Évaluer pour agir : deux enquêtes pour mesurer l’impact réel
Afin de mesurer l’impact de ces investissements, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a conduit deux enquêtes régionales, en 2022 puis en 2025, auprès des établissements des secteurs du grand âge et du handicap.
La dernière enquête, menée de mars à avril 2025 auprès de 1 205 établissements, avait pour objectifs :
- d’estimer le taux d’installation des rails ;
- de définir les besoins des ESMS en équipement ;
- de visualiser l’origine des financements utilisés par les ESMS pour l’achat des équipements ;
- d’évaluer l’impact de l’installation des rails sur les conditions de travail et l'attractivité.
Elle a été menée auprès des EHPAD, des Établissements d’accueil médicalisé (EAM) et Maisons d’accueil spécialisées (MAS), des Instituts médico-éducatifs (IME) et Établissements et services pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) ainsi que des Instituts d’éducation motrice (IEM).
L’étude a recueilli 775 réponses, soit 64 % des ESMS sollicités, représentant 65 % des capacités régionales. Ce taux de participation permet de disposer d’un recul solide et d’une vision représentative de la situation régionale.
Des résultats en nette progression depuis 2022
Les résultats de l’enquête 2025 confirment une dynamique très positive :
- 64,9 % des établissements répondants sont désormais équipés de rails de transfert, contre 51,2 % en 2022.
- Ces 503 établissements équipés représentent 42 % de l’offre régionale cible, contre 27 % lors de la précédente enquête.
Malgré ces avancées, les besoins restent identifiés : près de 19 000 lits nécessitent encore un équipement, principalement dans des établissements déjà partiellement équipés.
L’enquête met également en évidence une évolution notable des freins : alors qu’en 2022 l’absence de financement était le premier obstacle, elle n’arrive plus qu’en troisième position en 2025, derrière l’absence d’inscription dans le projet d’établissement et les contraintes techniques des bâtiments.
Des effets mesurables sur la sinistralité et l’attractivité des métiers
Au-delà de l’équipement, l’impact sur les ressources humaines est clairement établi :
- 50 % des répondants constatent une baisse des accidents du travail ;
- 29 % observent une diminution des risques psychosociaux ;
- 38 % déclarent une amélioration de l’attractivité à l’embauche, soit une progression de 11 points par rapport à 2022 ;
- 30 % observent une augmentation de la collaboration d’équipe ;
- pour 90 %, l’installation des rails a conduit à une évolution des pratiques ;
- pour 51 %, les résidents n’ont plus mal lors de la mobilisation.
Ces résultats confirment que les investissements engagés par l’ARS contribuent à la fois à améliorer les conditions de travail des professionnels, à renforcer la qualité des soins et de l’accompagnement, et à soutenir l’attractivité des métiers, enjeu majeur dans un contexte de tensions de recrutement.
Les retours des professionnels lors de l’enquête le confirment :
Une meilleure prise en charge des résidents (qualité et sécurité) - une ergonomie adaptée permettant aux professionnels d'ajuster leur posture
Les transferts étant plus faciles à réaliser, le résident est plus souvent mobilisé durant la journée
Moins de pénibilité, très apprécié du personnel et sécurisant pour les résidents
Une politique appelée à se poursuivre et à se renforcer
Si les avancées sont significatives, la pérennisation des démarches de prévention est nécessaire. Le renforcement des actions de formation, l’inscription durable de la prévention dans les projets d’établissement et le développement de référents prévention au sein des ESMS constituent des leviers essentiels pour ancrer durablement les bonnes pratiques.
Par cette politique volontariste, évaluée et ajustée dans la durée, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes réaffirme son engagement aux côtés des ESMS pour réduire la sinistralité, améliorer la QVCT et renforcer l’attractivité des métiers du médico-social.



