Journée nationale de prévention du suicide : mieux comprendre pour mieux agir en Auvergne-Rhône-Alpes

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À l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes présente les dernières données régionales publiées par l’Observatoire régional de la santé et rappelle les actions menées en région pour prévenir le suicide, renforcer le repérage et améliorer l’accompagnement des personnes à risque.

Suicide : une réalité préoccupante en région

En 2023, 917 décès par suicide ont été enregistrés en Auvergne-Rhône-Alpes, soit un niveau 2,5 fois supérieur aux décès par accidents de la circulation. Si l’analyse sur le long terme montre une diminution progressive de la mortalité par suicide entre 2000 et 2018, cette tendance s’est interrompue avec une hausse observée jusqu’en 2022, suivie d’une baisse en 2023. Ces évolutions doivent toutefois être interprétées avec prudence, en raison des améliorations de la collecte et de la certification des décès depuis 2018.

Les données régionales mettent en évidence des vulnérabilités persistantes :

  • une surmortalité masculine marquée (près de 3 décès sur 4 concernent des hommes) ;
  • le suicide constitue la première cause de décès chez les 15-24 ans et les 25-34 ans en 2023 ;
  • les 45-64 ans concentrent la part la plus importante des décès par suicide ;
  • des inégalités sociales et territoriales fortes, avec une mortalité plus élevée dans les communes défavorisées et les territoires ruraux.

Tentatives de suicide : une vigilance renforcée, notamment chez les jeunes

Les indicateurs relatifs aux tentatives de suicide appellent à une attention particulière. En 2024, 11 632 séjours hospitaliers pour geste auto-infligé (GAI) ont été enregistrés dans la région, avec une hausse marquée depuis 2020, particulièrement chez les plus jeunes.

Les données montrent que :

  • près des deux tiers des hospitalisations et passages aux urgences pour GAI concernent des femmes ;
  • les 10-24 ans représentent la tranche d’âge la plus touchée, avec une augmentation nette des recours depuis 2015, accentuée à partir de 2019 ;
  • les passages aux urgences pour geste auto-infligé ont augmenté de 6 % en 2024, confirmant cette dynamique préoccupante.

Prévenir, repérer, accompagner : l’action de l’ARS en Auvergne-Rhône-Alpes

Face à ces constats, l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes déploie, en lien avec l’État et de nombreux partenaires, une stratégie globale de prévention du suicide, inscrite dans le Plan national santé mentale au travers de la feuille de route régionale santé mentale et psychiatrie 2025-2028 et de la stratégie régionale de prévention du suicide en Auvergne-Rhône-Alpes.

Parmi les actions phares menées en région :

  • Le dispositif VigilanS, déployé sur l’ensemble du territoire régional, assure un suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide afin de prévenir les récidives et d’améliorer la continuité des parcours de soins.
    De janvier à novembre 2025, 4 022 personnes ont été prises en charge par les quatre pôles VigilanS de la région, avec une augmentation des inclusions par rapport à 2024. Une évaluation qualitative est en cours pour analyser la plus-value du dispositif et ses effets sur les pratiques professionnelles.
  • Le 3114 – numéro national de prévention du suicide, accessible 24h/24 et 7j/7, constitue un levier essentiel de repérage, d’écoute et d’orientation. En Auvergne-Rhône-Alpes, les centres répondants de Lyon et Saint-Étienne ont décrochés plus de 16 500 appels entre janvier et octobre 2025, en forte augmentation.
  • Le renforcement du repérage et de l’orientation identifié comme enjeu majeur au travers des projets territoriaux de santé mentale (PTSM), les conseils locaux de santé mentale (CLSM). Un certain nombre de dispositifs viennent en appui de cet enjeu, notamment le soutien à des lieux d’écoute dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, dans les missions locales, au sein des Maisons des adolescents, etc.

Accompagner les proches endeuillés et soutenir les professionnels : un enjeu essentiel de postvention

Au-delà de la prévention et du repérage des situations à risque, la postvention, c’est-à-dire l’accompagnement après un suicide, constitue un levier essentiel pour limiter les conséquences humaines, sociales et psychologiques de ces événements.

En Auvergne-Rhône-Alpes, l’ARS porte une attention particulière à l’accompagnement des proches endeuillés, fortement exposés à des risques de souffrance psychique durable, d’isolement et de vulnérabilité. En lien avec les acteurs de terrain, des dispositifs d’écoute, de soutien psychologique et d’orientation sont mobilisés afin de proposer des réponses adaptées aux besoins des familles et de l’entourage.

La postvention concerne également les professionnels (soignants, travailleurs sociaux, éducatifs, acteurs de l’urgence, équipes médico-sociales), qui peuvent être profondément impactés par un suicide survenu dans leur cadre d’intervention. L’ARS a soutenu la création de ressources dédiées pour les professionnels et travaille au déploiement d'un réseau régional d'appui à la postvention visant à favoriser le partage d’expériences, l’analyse des pratiques, la prévention de l’épuisement professionnel et la montée en compétences des acteurs confrontés à ces situations complexes.

Cette approche globale, intégrant prévention, post-crise et accompagnement, vise à rompre l’isolement, prévenir les répercussions à long terme et renforcer la résilience individuelle et collective.

Découvrir le bulletin régional sur le suicide et les tentatives de suicide

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