En Auvergne-Rhône-Alpes, comme au niveau national, les cancers constituent un enjeu majeur de santé publique. Les cancers représentent la 1e cause de décès chez l’homme et la 2e chez la femme. Or, 4 cancers sur 10 sont dus à des facteurs de risque évitables, sur lesquels les politiques de prévention peuvent avoir un impact déterminant. L’accès au dépistage reste également une priorité dans la lutte contre les cancers.
Tabagisme : agir sur les comportements
Le tabagisme est le premier facteur de risque de cancer. Les résultats du Baromètre Santé publique France 2024 montrent une baisse significative du tabagisme quotidien en Auvergne-Rhône-Alpes : la proportion de fumeurs quotidiens de 18-79 ans est passé de 24 % en 2021 à 16 % en 2024 (soit environ 500 000 fumeurs en moins). Cette évolution positive masque toutefois des inégalités sociales marquées, avec un nombre de cas plus élevé chez les personnes en situation de précarité.
Pour continuer dans cette dynamique, et comme le recommande le Programme régional de lutte contre le tabac 2024-2027, plusieurs projets sont déployés pour préserver l’entrée des jeunes dans le tabagisme :
- Unplugged, pour les 6e et 5e : en 2024-2025, 22 collèges ont participé, soit 1 470 élèves
- « Agir à fond les CPS » (compétences psychosociales) pour les enfants de CM1, CM2 et 6e : entre 2021 et 2023, 150 professionnels de l’Education nationale ont été formés et 1 440 élèves sensibilisés.
Autre levier, réduire la consommation du tabac dans les espaces extérieurs : l’ARS soutient la démarche « Lieux de santé sans tabac » : 86 établissements sont aujourd’hui engagés, dont les 4 CHU et les 2 centres de lutte contre le cancer. En 2025, 6 établissements ont été financés pour un montant total de 400 000 €.
La région compte également 1 443 espaces sans tabac.
Favoriser l’activité physique et une alimentation saine et équilibrée
Les comportements liés à l’activité physique et à l’alimentation représentent également un enjeu majeur. Plus d’un quart des adultes (28,3 %) déclarent passer plus de sept heures par jour en position assise, tandis que 26,9 % des adultes ne pratiquent jamais ou rarement d’activité physique de loisirs. Le manque d’activité physique et la sédentarité sont pourtant reconnus comme des facteurs de risque de plusieurs cancers, notamment colorectal et du sein.
L’alimentation déséquilibrée est en cause dans 5,4% des cancers, tout commele surpoids.
L’ARS finance des programmes qui contribuent à la prévention des cancers et à leurs récidives comme le Programme régional petite enfance alimentation corpulence et activité physique (PACAP) ou encore le Dispositif d’accompagnement vers la pratique physique (DAPAP).
Renforcer le dépistage et l’aller-vers
Le recours insuffisant aux dépistages organisés des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus demeure un enjeu majeur en région, en particulier pour certains territoires et publics. Pourtant, le dépistage permet une détection plus précoce et une amélioration significative du pronostic.
L’ARS soutient les dépistages organisés, en lien avec l’Assurance maladie et le Centre Régional de Coordination des dépistages des cancers et les dispositifs d’« aller-vers », en particulier pour les publics éloignés du système de santé.
Un nouveau dispositif, le Pneumobile, a été mis en place en juin 2025. Ce camion mobile permet de dépister le cancer du poumon et de proposer une consultation de tabacologie dans toute la région. Plus de 1 000 personnes en ont bénéficié entre juin et décembre 2025.
Le déploiement des campagnes de vaccination contre les HPV en milieu scolaire pour les enfants de 11 à 14 ans illustre également cette dynamique d’« aller-vers », avec la participation de 610 collèges, soit 74 % des collèges de la région.
Garantir une prise en charge de qualité et coordonnée
Pour améliorer l’accès au diagnostic et réduire les inégalités territoriales, l’ARS soutient le renforcement du parc d’imagerie dédié à la cancérologie. Entre 2021 et 2025, le nombre d’IRM est passé de 124 à 160 équipements installés dans la région, avec des financements ciblés dans les territoires les plus fragiles, ainsi que le déploiement de mammographes et d’équipements TEP (scanners destinés à diagnostiquer et suivre l’efficacité du traitement).
Par ailleurs, l’ARS autorise et accompagne les hôpitaux et cliniques assurant les traitements du cancer (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) afin de garantir la qualité et la sécurité des soins. En Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont 102 sites d’établissements pouvant prendre en charge les patients, avec plusieurs dispositifs
- le dispositif d’annonce qui permet au patient et à ses proches de bénéficier des meilleures conditions d’information et de soutien lors de l’annonce de la maladie et d’évoquer l’impact de la maladie (qualité de vie, préservation de la fertilité, chirurgie reconstructrice, la consultation d'oncogénétique) ;
- les soins oncologiques de support : prise en charge psychologique, diététique et nutritionnelle, sociale, familiale ou professionnelle, prise en charge de la douleur, activité physique adaptée ou préservation de la fertilité ;
- des réunions de concertation pluridisciplinaire pour discuter des dossiers des patients entre professionnels de santé de différentes spécialités.



